CQFE #4 - Arctic Monkeys - Whatever people say I am, That's what I'm not (2005)

Automne 2005. On commence à entendre parler d'un jeune groupe anglais (un de plus) au nom absurde (un de plus), qui s'apprête à sortir son premier album chez Domino Records (The Kills, Franz Ferdinand, etc, etc, etc). En novembre, tous les journaux en parlent, même en France : le groupe a désormais un nom, les Arctic Monkeys, et un record : celui du plus grand nombre d'albums vendus en une semaine (363 735 albums vendus). Ils détrônent ainsi un obscur groupe de real-tv, mais en France, on dira qu'ils ont pulvérisé le record des Beatles, c'est plus évocateur. Le titre de l'album est simplissime : Whatever people say I am, that's what I'm not. Simple à caser dans une conversation, on préférera parler de leur "premier album". "T'as écouté le dernier album des Arctic Monkeys, Whatever people say I am, That's what I'm not?" : avec votre accent français, si par miracle votre langue n'a pas fourché, vous venez probablement de massacrer la langue de Shakespeare (qui n'en méritait pas tant). Bref, je m'égare.



Cet album est une vrai madeleine de Proust pour votre serviteur, le souvenir d'une copie gravée au son dégueulasse. Et pourtant, ce fut une véritable claque. Dès le début de l'album, on comprend l'hystérie collective qui a pu prendre en Angleterre autour de ces quatre gamins. Une énergie formidable, une voix que vous reconnaîtrez entre mille, et surtout, une certaine maturité paradoxale dans le jeu (on ne se contente pas de répéter la même et unique phrase musicale sur le même rythme pendant tout le morceau, voire tout l'album). L'intro passée ( qui amènera probablement le pirate 2005 à se dire, vers les 2:16 : "et m***e, j'ai gravé deux fois la piste 1?"), on entre dans les choses sérieuses, avec leur premier single qui avait directement accroché la tête des charts, I bet you look good on the dancefloor. Sincèrement, montez le son, ne me dites pas que vous pouvez résister à ça :

Ben oui, ce sont des gamins. Étonnant de les avoir vu grandir en même temps que nous, et de constater à quel point ils ont pu changer (surtout le bassiste, pas vrai? méconnaissable). Mais revenons à ce fameux "premier album". Non, il ne constitue pas une expérimentation formidable, ça reste tout de même assez simple dans la forme, typiquement anglais. Ça tape vite et fort, et Riot van arrive au bon moment pour souffler un peu. Le but est avant tout d'être efficace, les morceaux ne dépassent généralement pas les trois minutes. On mettra en avant Mardy Bum, synthèse parfaite d'une certaine britpop tranquille qui a produit de tellement bonnes chansons :




Le disque demeure assez symbolique d'un certain renouveau du rock anglais brut qui doit faire danser les filles (ce qui reste, à les entendre, leur but ultime), dans la même lignée que Franz Ferdinand, à l'image de leur second single, When the sun goes down :



Ce qu'il faut retenir de ce disque aujourd'hui, c'était l'espoir qui l'entourait. Oui, en 2005, des groupes de jeunes anglais pouvaient toujours débarquer de nulle part, et ça promettait. C'était surtout l'avenir du groupe qui était intéressant, après qu'ils aient pu poser ces bases, on attendait donc de voir dans quel sens ils iraient, et si, au moins, ils ne disparaîtraient pas comme tant d'autres.

Quelques disques plus ou moins bons plus tard, avec notamment la rencontre de Josh Homme, et le groupe d'Alex Turner est revenu cette semaine avec un nouvel album, plus sobrement cette fois nommé AM, et certainement leur meilleur disque depuis ce Whatever people say I am, that's what I'm not. Mais ça, ça sera l'objet d'une autre chronique... 



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