Voilà un groupe qui mérite mieux que ma diatribe précédente à base de ouin ouin la guerre c'est mal. Je m'excuse, il faut, comme Epictete, se détacher des choses sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir. Ways Away m'a renvoyé au lycée, quand je commençais à écouter de la musique un peu plus sérieusement, dans cette période ou l'on écoute encore beaucoup de choses grand public, et que l'on commence à s'aventurer à la machette dans la jungle d'internet pour y chercher autre chose. Ce mélange classique de post punk et de pop punk est toujours très efficace, avec un gros coup de cœur pour les instrumentations incisives, tranchante qui accroche l'oreille. C'est l'album su blues du soir de l'automne.
C'est doux, au sortir de la soirée. Il fait un peu froid dans la pièce, mais c'est parce que devant l'ordinateur, je ne bouge pas, ou si peu que je ne me réchauffe pas. Et puis j'ai coupé le chauffage la nuit, pour faire des économies, c'est aussi mon geste pour la planète, je trie déjà mes déchets. Qu'il est reposant d'écouter un album comme ce Night Lands. S'il est question de nuit, on entendrait par la plutôt tout un nuancier de teintes sombres, un motifs de gris et de blanc. C'est une techno lente, electronica, dirait on, pour ce que cela veux bien dire, mais souvent, on virevolte avec la musique ambient. C'est une lande brumeuse qui se dévoile peu à peu à l'auditeur, un endroit mystérieux remplit de rituel païen, de mythes, et de tourbes.
Aurore, livre cinquième, aphorisme 575
Nous autres aéronautes de l’esprit. —
Tous
ces oiseaux hardis qui s’envolent vers des espaces
lointains, toujours plus lointains, — il viendra
certainement un moment où ils ne pourront aller plus
loin, où ils se percheront sur un mât ou sur
quelque aride récif — bien heureux encore de trouver
ce misérable asile ! Mais qui aurait le droit de
conclure qu’il n’y a plus devant eux une voie libre et
sans fin et qu’ils ont volé si loin qu’on peut voler ?
Pourtant, tous nos grands initiateurs et tous nos
précurseurs ont fini par s’arrêter, et quand la fatigue
s’arrête elle ne prend pas les attitudes les plus
nobles et les plus gracieuses : il en sera ainsi de toi et
de moi ! Mais qu’importe de toi et de moi !
D’autres oiseaux voleront plus loin ! Cette pensée, cette
foi qui nous anime, prend son essor, elle rivalise
avec eux, elle vole toujours plus loin, plus haut,
elle s’élance tout droit dans l’air, au-dessus de
notre tête et de l’impuissance de notre tête, et du
haut du ciel elle voit dans les lointains de l’espace,
elle voit des troupes d’oiseaux bien plus puissants
que nous qui s’élanceront dans la direction où nous
nous élancions, où tout n’est encore que mer, mer,
et encore mer ! — Où voulons-nous donc aller ?
Voulons-nous franchir la mer ? Où nous entraîne
cette passion puissante, qui prime pour nous toute
autre passion ? Pourquoi ce vol éperdu dans cette
direction, vers le point où jusqu’à présent tous les
soleils déclinèrent et s’éteignirent ? Dira-t-on peutêtre un jour de nous que, nous aussi, gouvernant
toujours vers l’ouest, nous espérions atteindre une
Inde inconnue, — mais que c’était notre destinée
d’échouer devant l’infini ? Ou bien, mes frères, ou bien ? —
J'étais prêt. Ce fut un long cheminement, mais j'étais prêt. J'ai sacrifié Trent Reznor sur l'autel de la curiosité. Je lui garde une tendresse sincère, comptant que NIN reste le groupe que j'ai le plus écouté de toute ma vie, à l'exception de ces deux dernières années. La dérive des continents me perdit, j'arrivais chez Tool et ses thuriféraires, sa communauté un peu trop impliqué. Bien sur que j'ai lu le livre sur JMK, co écrit avec son amie journaliste, mais alors il fallait voir les sectateurs du groupe. J'entend qu'on aime, parfois trop intensément, et Tool est surement un de ces groupes qui brille comme une bougie dans la nuit noir, attirant le regards, et maquant le reste. D'une niche à l'autre, j'ai fais des sauts de puces de groupes en groupes, avec la méthode habituelle : Qu'elle sont les influences de ce groupes, et ses descendants. Et ainsi, me perdant, surnageant, est venu à moi Swans. J'ai immédiatement aimer ces chansons longues de presque trente minutes, cette ambiance qui me fait penser à "A Tombeau Ouvert" de Martin Scorsese. Il y à des fantômes qui habitent dans ce disque. Il y à de la souffrance, un chien qui lèche ses plaies, apeuré, un peu, mais pas vaincu, méfiant, alerte. Il me semble qu'il fait toujours nuit sur ce disque. J'étais prêt pour une nouvelle aventure, mais je n'ai pas la moindre idée de sa durée et son but. Nous verrons.
Décidément, un des groupes les plus intéressant de cette nouvelle décennies. Non pas qu'il en manque, car à la marge, le foisonnement de talent est incroyable, pour qui sait chercher, et il en va de même pour tout les arts. Dans ce nouvel album des australiens, on y explore ce qui semble être un roman de science fiction écrit sous l'influence de substance, me tromperais je si j'y vois l’influence planante de Philip K Dick en filigrane ? Ainsi nous y croiseront un champignon, une princesse provenant de Ganymède, Le cœur brulant de la terre, la vision d'une coulée de lave détruisant tout sur son passage, une description de l'enfer ou bien une lointaine étoile silencieuse, autour de laquelle gravitent des planètes morte. Bien sur tout est prétexte à chanson, extrapolation et métaphore. Le groupe déploie des trésors d'inventivité pour produire une musique psychédélique, principalement, mais aussi plus apaisé que sur le précédent album, qui lui était tout en énergie explosive. Ici , rythme lent à l'honneur, on y frôle parfois des percussion semblant provenir du sous continent indiens, mais aussi, et c'est agréablement surprenant, des inspirations semblant venir de la music soul. La musique de KGLW est toujours très compliqué à ranger, tant elle foisonne, chaque album fait échos à d'autres, tout en pouvant être radicalement différent. Cet album parle de la vie. Le champignon qui se nourris sur la mort des autres végétaux, le magma sur lequel "flottent" les continents qui sans cesse disparaissent et émergent, la lave qui, détruisant tout sur son passage, fertilise durablement les sols. Cet album parle de la mort. Notamment avec "Hell's Itch" qui semble décrire les tourments d'une âme en enfer, en proie aux tortures, un homme ou une femme dont on enlèverais la peau à coup de griffe. Le décalage créer par la musique, qui elle n'est en rien morbide, et le propos de la chanson diffuse un sentiment de malaise. On ignore pourquoi cette personne est en enfer, elle semble trouver à la fois les affres dont elles est victime douloureux, mais, elle semble les endurer comme si elle se punissait de quelque chose, et semble appeler, entre deux lacérations, une mystérieuse Helen ... C'est aussi la chanson la plus longue, ce qui accentue encore plus la sensation de souffrance du narrateur. Mais j'y pense, s'agit il vraiment de l'enfer, en fin de compte ? La seconde chanson qui semble être le miroir de la précédente s'appelle "Iron Lung". Ce dispositif médicale dans lequel est enfermé une personne sert à lutter contre les insuffisances respiratoire, notamment de ceux des malade de la polio. En maintenant une pression moindre dans le tube et en y couplant un système de pompe, la respiration des malades devient bien plus aisé. Seulement ce dispositif condamne celui qui y est installé à y passé le reste de sa vie, allongé, le corps enfermé dans un tube en acier. Le sort des personne enfermé dans un tel dispositif est peut enviable. L'introspection de la personne enfermé dans son poumon d'acier est sans appel, elle est déjà en enfer, enfermé dans sa prison, souffrant et immobile, condamner à penser. La chanson revient plus rock, plus nerveuse, dans une urgence permanente, la guitare se ballade dans un crescendo dérangeant, avant de retomber, comme une respiration. "Gliese 710" clôture cet album sur la destruction d'une planète, probablement avec l'explosion de son soleil. Un piano jazzy est accompagné de guitares rauques. Un chant monocorde, comme chamanique, nous raconte comment les océans se sont mis à bouillir, et que la croute de la planète à fondu, finissant par réduire la planète à un nuages de gaz chaud flottant dans l'espace. Le cycle de la vie d'une planète, champignons, lave, magma, se trouve à son tour détruit par le cycle de la vie des étoiles, long de milliards d'années. Les deux cycles semblent s'opposer, l'un détruisant l'autre, mais leur dimension cyclique rappelle que tout recommencera. De la mort d'une étoile, d'autres renaitront, puis d'autre planètes, puis, avec un peu de chance, de la vie, et ainsi de suite, sans fin jusqu’à que la trame même de l'univers se disloque.
Rien n'est absolu.
A est A.
J'écris seul, je test des trucs.
Tout ce que je dis ne concerne que moi, il n'est question que de moi.
Ce que la musique fait au corps avant tout le reste. Cultiver notre joie.
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