Corridor - Mimi

 











2024
Sub Pop Records
Spotify | Deezer | Bandcamp

Traduction du texte présent sur la page bandcamp du groupe et qui est bien mieux que tout ce que j'ai écrit pour l'instant sur cet album.

On vieillit, on a une famille et on commence à ralentir – c’est comme ça que les choses sont censées se passer, n’est-ce pas ? Pas pour le groupe montréalais Corridor, qui revient avec son quatrième album, Mimi, avec un son et un style plus larges et expansifs que tout ce qui l’a précédé. La suite de Junior, sorti en 2019, est un grand pas en avant pour le groupe, car les membres eux-mêmes ont subi le type de changements personnels qui accompagnent le passage du temps ; même si ces huit chansons reflètent une maturité nouvelle et contemplative, Corridor se diversifie plus que jamais avec une musique riche en détails, ce qui donne un disque qui ressemble à une nouvelle pause pour un groupe qui s’est déjà imposé comme un groupe avant-gardiste.
Mimi évoque immédiatement le meilleur du meilleur en matière de rock indépendant – les atmosphères argentées de Deerhunter viennent immédiatement à l’esprit, ainsi que l’effervescence piquante du post-punk classique – mais malgré ces comparaisons faciles, Corridor reste impossible à cerner d’une chanson à l’autre, ce qui rend Mimi d’autant plus excitant à écouter.
Le chemin qui mène à ce point, comme le sont souvent les chemins vers la grandeur, n’a pas été sans défi ; si le rock élastique à la guitare de Junior s’est formé rapidement – ​​ou, comme le décrit le guitariste et chanteur Jonathan Robert, « dans la précipitation » – alors le rythme créatif constant de Mimi a marqué un désir de rompre avec l’éthique de travail « épuisante » qui a donné naissance à Junior.

« L’objectif était de travailler différemment, ce qui est l’objectif que nous avons à chaque fois que nous travaillons sur un nouvel album – de construire quelque chose d’une nouvelle manière », explique Robert.
« Cette fois, nous avons pris notre temps. » Ainsi, à l’été 2020, les membres de Corridor – Robert, le chanteur/bassiste Dominic Berthiaume, le batteur Julien Bakvis et le multi-instrumentiste Samuel Gougoux – se sont retranchés dans un chalet pour se livrer au genre d’expérimentation créative qui allait mener à la création ultime de Mimi. « Nous y sommes allés pour écrire, et beaucoup d’idées sont venues de cette retraite », explique Berthiaume. « Nous n’avons pas tant abouti à des chansons qu’à des idées, donc le résultat est un collage d’idées. »
Après cette session productive ensemble, Corridor a continué à bricoler les parties brutes des chansons numériquement et à distance au cours des années suivantes, avec le coproducteur Joojoo Ashworth (Dummy, Automatic) prêtant ses propres talents spécifiques dans la cabine théorique.
Ce processus était le résultat du fait qu’ils n’avaient pas accès à leur espace de répétition précédent alors que la pandémie de COVID-19 disparaissait de la vue du public, mais aussi le résultat du fait que le quatuor s’est davantage penché sur l’incorporation de textures électroniques que sur les disques précédents.

« Pendant longtemps, nous nous sommes identifiés comme un groupe axé sur la guitare, et l’objectif de cet album était d’essayer de nous éloigner de cela », déclare Berthiaume, tout en admettant que le groupe a rencontré ses propres défis en conséquence : « Nous avons dû trouver comment créer de nouvelles chansons sans avoir la chance de jouer ensemble.
C’était parfois compliqué. » Berthiaume décrit également Mimi – qui, fait amusant, porte également le nom du chat de Jonathan – comme un album sur le fait de « vieillir » et de « découvrir de nouvelles facettes de la vie ». Mais malgré les allégations de difficultés de croissance transitoires de la part du groupe, Mimi est un album débordant d’énergie et de vie nouvelles, une vitalité qui est due en grande partie au fait que Gougoux a rejoint le groupe à plein temps après avoir participé à des performances live par le passé.
« Je viens davantage d’un milieu de musique électronique, donc c’était bien d’impliquer davantage cela dans le groupe », explique-t-il, et Mimi contient une pulsation rythmique distincte qui rappelle la fusion des textures de danse et de rock de l’ère post-punk classique.
Sur « Mourir Demain », Robert évoque sa mortalité imminente au son de guitares lumineuses et de synthés ascendants : « Je l’ai écrit quand ma copine et moi étions en train de souscrire une assurance-vie », rit-il. « Notre petite fille grandissant, nous avons aussi pensé à faire notre testament. Je me suis dit : « Oh merde, à partir de maintenant, je commence doucement à planifier ma mort. »

« Jump Cut » est un pur bonheur psychédélique, avec des ziggourats hypnotiques de lignes de guitare s’alignant au loin tandis que les voix de Robert et Berthiaume se faufilent et se faufilent de manière excitante dans le joli chaos créé ;
pendant ce temps, l’air nocturne de « Caméra » offre une couverture parfaite aux réflexions sur l’autopromotion et l’exposition à l’ère numérique, tandis que la brume hypnotique de « Mon Argent » aborde les réalités de gagner sa vie en faisant de la musique. « Rien n’est plus abstrait, précaire et aléatoire que le revenu d’un musicien », réfléchit Jonathan en discutant de la thématique de la chanson. « Les responsabilités qui s’accumulent dans ma vie d’adulte m’ont malheureusement empêché de continuer à éviter le sujet. On finit par accorder beaucoup d’importance à quelque chose qu’on ne comprend pas. »
Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’une musique qui parle d’impasses, car Mimi embrasse et défend une créativité sans entraves tout en ouvrant la voie à un avenir brillant pour Corridor. « On s’est juste concentrés sur la création d’un disque qui sonne comme on le voulait », s’exclame Gougoux en évoquant les objectifs du groupe. « Il n’y avait aucune limite, nous avons fait des progrès quand il s’agissait de ce qui était possible. »

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Metz - Up On Gravity Hill

 











2024
Sub Pop Records
Spotify | Deezer | Bandcamp

Il y a un sentiment d'abandon dans cet album. J'avais l'impression, plus l'album avançait, d'être de plus en plus léger. Non pas que la musique le soit, on est bien toujours dans cet entre-espace grunge, punk et noise qui sied si bien au trio canadien, mais il me semblait que je rebondissais sur la lourdeur de cette section rythmique. Comme j'aime cette basse grave et rugueuse, et cette guitare qui virevolte ici et là à grand renfort de riffs tranchant. Pas en reste sur le lyrisme, cette voix éraillé, parfois paraît sur le point de se briser, sonne incroyablement juste à l'oreille. On se répète les paroles facilement, on s'y surprend même.
Ça parle de la mort quand même, et pourtant quelle intensité et quelle vitalité dans cette demi-heure. On y ressent toute l'urgence d'une existence brève, mais intense, qui brûle la chandelle par les deux bouts.
C'est une embarcation en perdition, une chute libre, mortelle, mais qui offre une sensation de liberté unique. Ça se paye luxe d'être à la fois très dur et très doux, et c'est vraiment un très grand disque.

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Cloud Nothing - Final Summer

 











2024
Pure Noise Records
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Je le dis chaque année depuis dix ans, depuis que le printemps finit par pointer le bout de son nez. Dans cette période où je redécouvre avec la joie naïve d'un enfant que les fleurs ont une odeur, la ville aussi, et le pétrichor. Même la pochette et ses déclinaisons de pastels jaunes semble m'indiquer l'aube d'un nouveau monde. Il fait beau et un peu frais le matin tout de même, mais quelle allégresse s'empare de moi quand je passe en forêt et que je suis submergé par les jeunes feuilles par millions dans autant de nuances de vert.
Aussi, quoi de mieux que pour accompagner le lyrisme inhérent à cette période de l'année d'écouter le dernier album de Cloud Nothing ? Huit albums, et pas une seule erreur de parcours, une gageure quand longévité n'est jamais signe de qualité.
Portant bien haut une musique rock teinté de punk et de garage depuis les années 10's, Dylan Baldi n'a jamais dévié de sa ligne de conduite. Une musique rappeuse, nimbée d'émotions, au chant éraillé qui se brise parfois. De courts albums, percutant, une musique simple et efficace porté par de beaux textes. Vraiment ces jours-ci, je n'entends rien de mieux à mon humeur.

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Glitterer - Rationale

 











2024
Anti-
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L'intelligence de la concision. Avec douze titres en vingt et une minutes, le groupe de Washington peut se permettre de partir dans tous les sens sans trop se perdre non plus. Avec cette énergie propre au pop-punk, Rationale est un album qu'il est plaisant d'écouter. Il ne possède rien de trop, la composition est travaillée malgré une facture des plus classique. Dès la première chanson, on cherche à flatter nos plus bas instincts, et on s'y laisse prendre avec plaisir. On notera l'utilisation très judicieuse et parcimonieuse d'un clavier qui ajoute une certaine profondeur aux morceaux. Rationale me ramène vingt ans en arrière et fais de moi un adolescent. Il a tout pour plaire, du chant aux choix des guitares, et tout en restant dans les clous, il se permet quelques originalités qui apportent beaucoup de fraicheurs aux morceaux, il y a fort à parier que ce disque vas rester un moment dans mes favoris à mesure que le printemps se fait attendre.

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Ride - Interplay

 











2024
Wichita Recording
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En lui-même, l'album est plutôt classique. Quelques chansons tirent leurs épingles du jeu, mais l'album semble égaliser le tout. Et puis il est trop long, de bonnes chansons comme "stay free" se retrouvent noyées dans la masse. J'ai l'air blasé, mais oui l'album est bien, comme je le disais, mais il est oubliable, pas un chef-d'œuvre mais un bon travail d'artisan. La moitié des chansons ne devraient pas figurer, en fait, dans l'album, la seconde moitié est incroyable et mérite largement l'écoute. Voilà dit ainsi, c'est plus clair.

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Slift - Ilion

 










 

2024
Sub Pop / Le Bosquet
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Gageons qu'à l'écoute d'Ilion, on entrevoie enfin le début de la fin. Non pas du groupe ni de leur musique, bien sûr, c'est excellent, nous en reparlerons, mais plutôt pour l'auditeur troublé que j'ai été. Comme le disque arrive au pic d'une période quasi dépressive suite à une rupture sentimentale, il m'accompagna plusieurs semaines, au travail, sur la route ou en ballade, comme un compagnon, un ami juché sur l'épaule.
Ce qui séduit d'abords, c'est la longueur. J'ai envie d'écouter de longs albums, de plus d'une heure, j'ai envie que ça ne s'arrête pas, ça tombait donc à pic sur la période. Et puis, quelle virtuosité quand on y repense, cette basse folle sur "Nimh" par exemple, j'en suis encore tout chose.
Je n'ai pas eu d'animosité, no de colère, c'est une chose dont je m'enorgueillis, je n'avais pas eu l'impression d'agir en adulte depuis longtemps.
Je n'ai peut-être rien compris, mais j'ai fini par déceler de la lumière dans cette musique. Peut-être que j'ai tout imaginé, après tout, une heure, quand on se balade au pif dans les rues de la ville dans laquelle vous habitez, ça vous met dans une sorte d'état de transe. Ce n'est pas non plus un trip, mais un entre deux, auquel la musique de Slift se prête particulièrement, ce mélange très cohérent de rock, de kraut, de doom, de psychédélisme, ça fait son petit effet. Peut-être que mon état émotionnel me rendait plus réceptif à la musique du groupe, peut-être que que j'ai tout imaginé, peut-être que j'ai fait un report sur ce disque, mais est ce que j'ai vraiment envie de le savoir ? Rien à foutre.

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