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Slift - Ilion

 










 

2024
Sub Pop / Le Bosquet
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Gageons qu'à l'écoute d'Ilion, on entrevoie enfin le début de la fin. Non pas du groupe ni de leur musique, bien sûr, c'est excellent, nous en reparlerons, mais plutôt pour l'auditeur troublé que j'ai été. Comme le disque arrive au pic d'une période quasi dépressive suite à une rupture sentimentale, il m'accompagna plusieurs semaines, au travail, sur la route ou en ballade, comme un compagnon, un ami juché sur l'épaule.
Ce qui séduit d'abords, c'est la longueur. J'ai envie d'écouter de longs albums, de plus d'une heure, j'ai envie que ça ne s'arrête pas, ça tombait donc à pic sur la période. Et puis, quelle virtuosité quand on y repense, cette basse folle sur "Nimh" par exemple, j'en suis encore tout chose.
Je n'ai pas eu d'animosité, no de colère, c'est une chose dont je m'enorgueillis, je n'avais pas eu l'impression d'agir en adulte depuis longtemps.
Je n'ai peut-être rien compris, mais j'ai fini par déceler de la lumière dans cette musique. Peut-être que j'ai tout imaginé, après tout, une heure, quand on se balade au pif dans les rues de la ville dans laquelle vous habitez, ça vous met dans une sorte d'état de transe. Ce n'est pas non plus un trip, mais un entre deux, auquel la musique de Slift se prête particulièrement, ce mélange très cohérent de rock, de kraut, de doom, de psychédélisme, ça fait son petit effet. Peut-être que mon état émotionnel me rendait plus réceptif à la musique du groupe, peut-être que que j'ai tout imaginé, peut-être que j'ai fait un report sur ce disque, mais est ce que j'ai vraiment envie de le savoir ? Rien à foutre.

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Cave In - Heavy Pendulum

 











2022
Relapse Records
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Cave In traine ses vielle marottes spatiale dans sa musique depuis pas mal de temps, et le dernier album ne fait pas exception. Mais bien sur c'est moins bien que ça. Ou alors différent. Là ou Final Transmission avait bien sur un contexte particulier, après le décès de leur bassiste après une session d'enregistrement, planait le spectre de cette mort trafique. Sur Heavy Pendulum, le son se fait plus lourd, plus pesant, gras. Tout est plus gros, plus travaillé.
Alors c'est normal, pas de décès, heureusement, mais alors pas de catharsis. Là ou le précédent album atteignait des sommets, faisait réagir les corps, procurant une réelle émotion esthétique, Heavy Pendulum fait figure plus expérimentale, avec en même temps un retour à des bases musicale. 
C'est du stoner. Enfin je veut dire, oui, on peut enculer les mouches sur les étiquettes, parfois j'aime bien le faire, mais là, cette percussion lourde et rageuse, cette basse pesante, et ces guitares inquiétantes, c'est du stoner. Alors quand même, il y à quelques morceaux de bravoures sur cet album, et attention en concert ça va tout faire cramer. On regretteras juste quelques pistes plus molles qui dénote et qui casse le rythme (blinded by a blaze). Soyons pas chiens, c'est globalement un bon album, nerveux et  puissant, mais qui aurait le hoquet parfois.

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Foam Giant - Acetate Parade











2021
Bandcamp

A la base, deux groupes (Flavor Crystals et The Telescopes) qui s'associe pour créer une bande son à un film jamais sortis en 1983 "Acetate Parade". Au résultat , plus d'une heure de transe. Inutile d'en faire des caisses on est clairement en face d'une très bonne bande originale, et d'ailleurs, à la première écoute, ne sachant rien du projet, j'avais trouver que ça illustrerait bien un film, il y à un espace entre la musique crée pour habiller l'image et le reste. C'est plus d'une heure de mélange entre rock psychédélique, spatiale, sur lequel viennent se greffer des éléments de shoegaze et de krautrock. Le résultat est délibérément lent, vaporeux par instant, inquiétant parfois. Voilà un disque foisonnant d'imagination, froid comme chaux, qui s'écoute volontiers en buvant une bouteille de Talisker dans une ambiance tamisé et feutré, tout à fait délicieux.

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El Universo - El Universo

 











2021
Bandcamp

"One day I was watching a documentary about the first manned trips to outer space, I remember they were talking about the tests they carried out with Monkeys & Apes and it occurred to me that that could be a great name for a band, at that time I listened to a lot of kraut and space rock and I really wanted to start a new project, I took the guitar I started to make some bases and on that some riffs while I ran the documentary in silence, I started to create the soundtrack of the documentary and then I did the same about a series of the universe, finally the project was not called Monkeys & Apes but I made a song with that name to remember Ham, the first hominid to fly into outer space."

C'est quelque chose que je comprend parfaitement et dont je me sent proche. Je me sens d'autant plus proche que j'encourage la manière. Parfois il y a du plaisir dans la répétition, et on peut aussi regarder les étoiles en même temps.

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Capricorn One - Capricorn One


























2020
Bandcamp

 Pour un one man band, on va pas se mentir, c'est carrément bien. Et pour cause, Ed Ackerson, puisque c'est son nom, propose une vision somme toute personnel de la digestion d'une multitude d'influence. Du très lourd rock stoner qui apparaît par touche homéopathique au hasard des chanson,  du rock psychédélique qui constitue l'épine dorsale de l'album, ou encore cet univers space rock au synthé chatoyant.  Autant d'invitation qui évoque tour à tour les grand espaces, les routes devant soi ou bien la fournaise d'un réacteur d'une nef fendant l'espace comme un couteau.De pistes longues, qui prennent le temps. Des morceaux qui monte lentement en puissance, alors que la voix d'Ed, le chanteur/musicien/compositeur/producteur, reste égale, calme, presque hypnotique. C'est très talentueux, riche et varié et ça vaut certainement le détour si vous aimez voyager à travers le son et en filtre sépia devant les yeux.

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Psychic Lemon - Freak Mammal

























2019
Lemon Records
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En voilà un disque bizarrement inclassable. Et par inclassable, je ne veux pas dire qu'il entre  pas des des cases, c'est que justement, il rentre dans trop de cases. Incasable devrait on dire. Imaginer un long tripe halluciné, chaud et lumineux. Un tunnel de lumière et de musique noisy. Imaginons une basse et une batterie qui répéteraient les mêmes motifs musicaux en boucles, comme des mantras. Une guitare folle à lier, possédée, qui hurle et tantôt murmure, mais qui broderait à l'infini sur la colonne de sa section rythmique ? Une musique étrange qui côtoie krautrock, space rock, rock progressif, rock psychédélique et même, oui, du drone rock, car ça existe. Tout ça en cinq pistes et quarante six minutes lascive, sexuelle, agonisantes, les yeux vides et l'esprit trop plein de drogues. Impossible de ne pas imaginer écouter cette musique à minima allongé dans un canapé, ivre, mais juste assez pour ouvrir les limites de la conscience, d'avoir l'intuition de l’existence, et évidemment, de tout oublier.
Freak Mammal est un disque riche, dense, qui se laisse apprivoiser au fil des écoutes, qui se découvre par petit coup de reins. C'est un disque univers qui  mérite de s'écouter au moins une fois. Vous aimerez ou bien vous détesterez, mais il ne laisse pas indifférent, c'est à minima ce qu'on peut attendre d'un disque aussi brillant.

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Cave In - Final Transmission
























2019
Hydra Head Records
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Impossible de ne pas écouter l'album au regard de la tragédie qui l'a engendré. Le 28 Mars 2018, Caleb Scofield, le bassiste du groupe, se tue dans un accident de la route en rentrant de répétition. C'était la première fois que les membres du groupe étaient réunis pour jouer ensemble depuis sept ans, c'est aussi la dernière. 
De cette sessions, ce rehearsal, ils garderont la moindre ligne de basse, et enregistreront avec ce matériel brute un album, que voici. Assez court dans la durée (trente et une minute), mais sans aucun temps mort. Des lignes de basse lourdes, trempées heavy, stoner, qui claquent et résonnent, sur lesquelles viennent s'ajouter tout un arsenal de violence contenue, presque silencieuse. Résolument triste, emprunt de la tragédie qui imprime dans chaque notes, chaque phrases, le souvenir douloureux d'un amis, d'un père de famille. 
L'album est résolument cathartique, et doit s'écouter comme tel, une thérapie de deuil en musique, mais aussi un hommage brillant et vibrant dans un écrin musicale riche en émotion qui fera date, j'en suis certain.  Le mot du groupe, enfin , pour terminer, car après tout ils sont bien les mieux placés pour en parler, mais quand même, repose en paix Caleb.

In February of 2018, the members of Cave In gathered at their rehearsal space in Boston to work on material for their next record. It had been nearly seven years since their previous album, White Silence, had been released. But they’d been writing and rehearsing methodically, off and on, to craft a worthy follow-up. In that time, guitarist/vocalist Steve Brodsky had started prog-metal power trio Mutoid Man, drummer J.R. Conners and guitarist Adam McGrath started psych-punk outfit Nomad Stones, and bassist Caleb Scofield was busy with simian rock supergroup Old Man Gloom and his own band, Zozobra. After jamming all weekend with Cave In, Caleb got in his truck and drove home to New Hampshire. It was the last time his bandmates would ever see him.

On March 28th, 2018, Caleb was killed in an auto accident. There are no words to describe what a devastating blow this was to his wife and children, his friends, family and bandmates—not to mention his countless fans around the world. A light had gone out—a light with a monstrous bass tone and a feral roar. An occasionally stubborn light with a million-dollar smile who loved his family and music above all else. To describe his death as a tragedy would be a colossal understatement. Caleb didn’t live to see 40.

Originally intended as demos, Final Transmission marks the first Cave In album in eight years and the band’s last with Caleb, who performs on all of the songs. Caleb’s voice—musical and physical—are everywhere on Final Transmission. The opening title track is a voice memo of a song idea he sent to his bandmates the last time they saw each other. “Hearing his voice fucks you up a little bit,” Adam says today. “We were surprised to get it from him, actually, but we thought it was great. And that was it. In a weird way, it’s the end of the story as far as our relationship together.”

Caleb plays bass on six of the album’s remaining eight songs, and guitar on the other two. Even a cursory listen of Final Transmission will offer glimpses of past Cave In eras, from the scintillating space rock of their 2000 breakthrough opus Jupiter to the ripping metal melodies of White Silence. All told, it’s a direction that was largely spearheaded by Caleb. “When I look back at our email correspondence about the demos, Caleb had a really crystallized view of how to navigate the whole thing,” Steve reveals. “He was really digging the stuff that was spacey, heavy, a little bit weird, but with very pretty melodies and hooks. I think he was encouraging us to embrace what we’ve always been good at and what sets us apart from our contemporaries.”

Half the proceeds from Final Transmission will be given to Caleb’s wife and children. “I feel really lucky to have this record,” Adam concludes. “I love it, but I don’t like listening to it. I’m sure I’ll listen to it eventually, but right now it’s difficult. Just hearing him play kills me. I’ll miss him forever.”
 

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Landing - Bells In New Towns


























2018
El Paraiso Records
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La musique  pour un film de western triste dans l'espace pourrait ressembler à ça. Ou bien n'importe quel film se déroulant un tant soit peu dans l'espace, même si n à le cul entre deux chaise. La mention "space rock" est assez énorme pour bien être vue mais quand même, il y à quelque chose de spatial dans ce superbe album de Landing
L'hybridation des genre fait  école de nos jours, dont voici un cas clinique d'étude parfait. Entre oscillation pop psychédélique et ambient, entre retour de la grosse guitare et de la basse un peu sale, et moult voix éthérées, fragiles et sensibles. C'est pour le coté shoegaze.
Donc en résumé un album qui ratisse large, mais d'une cohérence à toute épreuve, solide, touchant, et d'ors et déjà dans mes grand favoris de l'année. Xoxo.

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