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††† (Crosses) - PERMANENT.RADIANT

 











2023
Warner Records
Spotify | Deezer

On étais resté sur notre faim depuis 2014 avec ce side project de Chino Moreno, vocaliste émérite du non moins émérite Deftones, facilement un de mes groupes préférés de tout les temps, c'est dit. A peine une mise en bouche et déjà, tenaillé par la faim, je jette un œil vers octobre 2023, mois de sorti d'un véritable second album. Parce que ces vingt deux minutes qui nous sont jeté et que nous dépeçons avec avidité laisse une impression contrasté.
Si les vielles sensations sont là des l'ouverture (coucou crystal castle), avec des titres comme "Sensations" ou "Vivien", j'ai vraiment levé un sourcil interrogateur à partir de "Cadavre Exquis". Le groupe s'aventure dans un style  plus calme, moins angoissant, et même si tout n'est pas tout rose dans l'ambiance, ces percutions électroniques emprunté au rap me laisse un gout perplexe. La surprise arrive toutefois avec "Day One" et je n'arrive pas  à m'enlever l'idée que cette chanson aurait sa place dans un film de Disney. Ces rythmes afro, ces chœurs, ce chant, tout me laisse perplexe et désemparé. On hoche la tête gentiment mais un titre  pareil aurait tout à fait sa place sur un disque de Passion Pit, c'est dire le décalage. "Holier" ne rattrape pas le sentiment qui monte en moi, a savoir d'être en face d'un demi EP de chutes du prochains album, ou l'ont  à mis tout ce qui restait  à des fin de promotion. J'espère me trompé, mais cette avant dernière chanson me conforte dans mon impression d'un tournant. Si Chino n'est plus  le même qu'il y a dix ans, c'est logique. Mais musicalement, je trouve ça faible, et dommage. Et Mou même .
Là ou le premier album avait un coté cru et de très bonne composition, il explorait beaucoup de style avec intelligence. "Procession" vient sauver la fin de cet EP mais en demi teinte tout de même, car cette demi ballade   ne fait pas mouche, alors que pourtant, on sait que Chino, il sait faire des ballades, et des très bonnes même.
On va attendre Octobre et le prochain album Goodnight, God Bless, I Love U, Delete qui doit paraitre le treize octobre 2023, et dont le premier titre disponible, "Invisible Hand" me laisse une  impression en demi teinte.

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Holy Fawn - Dimensional Bleed

 











2022
Triple Crown Records
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De lentes et lancinantes montées sonores. Une musique qui se teinte, ce me semble, d'un peu plus d'électronique. On a toujours l'impression de tomber au ralenti dans un puits, comme dans un cauchemars. C'est une délicieuse chaleur qui diffuse, qui endort les sens ainsi que la méfiance, à l'écoute de Dimensional Bleed. Le sentiment chaud de sécurité n'est qu'un trompe l’œil, un cheval de Troie des légions de l'accablement et de l’amertume. C'est qu'une musique comme celle ci semble s'accorder avec une facilité déconcertante à tout ce qui est gris dans l'âme.
Bien sur elle ne manque pas de tord ou de cliché, on croirait y voir danser la reine des damnés, peau contre peau, dans une ambiance torride et mortifère. Ce qui est gris trouble l'âme, au même titre que cette musique, et que parfois, deux pierres lancées dans l'eau au même instant produisent des ridules qui se déplacent  à la même vitesse.
Et c'est pas rapide, c'est comme le changement de formes des nuages, on y distingue un moment un visage, une bête, un objet, et puis l'image se meut, mais semble perdurer dans notre esprit, avant qu'enfin elle disparaisse pour recomposer autre chose.
Il y à dans ce chant parfois une peine immense, comme une main qui vous saisit le cœur, et tantôt pourtant, comme on l'a dit avant, une chaleur sur la peau du visage. Et fusse t'elle un piège, on la préférera toujours au froid de ces notes.

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Terzij de Horde - In One Of These, I Am Your Enemy

 











2023
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Je n'ai pas pu résister longtemps aux sirènes (de pompiers) et me revoilà pour Terzij, avec peut être l'un des artwork les plus beau qu'il m'est été donné de voir depuis très longtemps. Il y aurai beaucoup à dire à propos de cette photo, mais intéressons nous plutôt  à la musique  à laquelle elle se rapporte.
Car après tout, il n'y à que trois chansons sur ce disque, dont les deux derniers, il faut admettre font onze et quatorze minutes. Un album assez court mais dont la longueur permet l'expression de la créativité des néerlandais. S'articulant sur une base de hardcore et de black métal, la musique de la horde est tout ce que l'ont pourrait qualifier de post. C'est qu'il y à quand même un certain sens du lyrisme dans toute cette violence et ce chaos organisé. Déjà de la colère, de la rage même, dans ce chant qui vient droit des tripes. C'est rauque, ça crisse sur le tympan sans pitié. Et si après une longue  intro lancinante comme une buche qui se consume, on sentirais poindre un début de questionnement, le groupe vient tout de suite  à la rescousse en pompier pyromane pour remettre la rage au centre du village.
Trois chansons, animé par  un murs de guitares aux envolé épique, sur le mitraillage appliqué d'une batterie qui s'emballe comme une machine devenue folle. Il n'en fallait pas plus pour incendier l'oreille de l'auditeur, sans mauvais jeux de mots.
Mais est ce moi ou bien ça sent l'essence ?

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Jean Jean - Fog Infinite

 











2022
Black Basset Records
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J'entends et je lis qu'on dit que c'est un album qui fait lever les foules. Si depuis Symmetry (2013) on ne levait pas son cul quand on écoutait Jean Jean, c'est qu'on avait pas tout compris. Ne serait que dodeliner la tête dans la voiture, et la cheville qui frétille dans le train, tout ça en plus du frisson qui doit vous parcourir les bras quand s'enfile un disque du trio français.
La musique d'Infinite Fog est peut être plus assumé dans ce sens alors, je n'en sais rien, à trop le lire, j'ai l'impression de le croire. Moi j'ai bien remué à son écoute, et son ambiance stroboscopique n'y ai pas pour rien. S'il est dance floor friendly, il n'en ai pas moins dépourvu d'une certaine putasserie. La technique est l'arme de Jean Jean , une musique ambitieuse, parfois stricte, qui se plait à démontrer sa propre conceptualité, une musique exigeante. Alors oui, ça se danse, mais en fond d'image d'apocalypse, ou bien dans une cave surchauffé par moins quinze dehors. Des corps qui se heurtent, des peaux moitent les unes contre les autres, les mouvements de hanches hypnotique, les bras en l'air sous les spots rouge et bleu dans un instant d'oubli total et absolu, c'est ça Infinite Fog un peu, mais est ce que ça ne l'a pas toujours été ?

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DEWAERE - What Is Pop Anyway ?

 











2022
A Tant Rêver Du Roi
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C'est toujours un plaisir d'entendre grincer les guitares comme ça. Je veux dire, c'est pas non plus la panacée, mais chez DEWAERE, on à visiblement le soucis d'essayer d'associer une énergie certaine avec un certain sens de la mélodie. On sent que le groupe s'est investit pour sortit un successeur digne de ce nom à Slot Logic, avec au bout une réussite éclatante. J'aime particulièrement le chant, c'est une marotte. Alors oui, on y entend l'accent français, j'ai déjà lu quelque part qu'on leur reprochait, mais qu'elle surprise que des français aient un accent quand ils chantent en anglais. Putain le niveau d'américanisme mentale...
Ce qui importe, c'est l'intention. Déjà parce que déjà cette voix se permet une large palette harmonique, avec un chant qui n'hésite pas à monter dans les aigus, qui crie, s'éraille même parfois, ici on aime les petites imperfections, on aime pas trop quand c'est lisse.
Les français n'hésite pas à jouer sur les styles,et si l'album commence en fanfare une musique pop punk bien véner, il passe aussi bien par la pop plus calme, puis par un rock teinté de grunge, et puis des fois ça part en mur de son très noisy ou les guitare sont mise à rude épreuve.
Un album très énergique qui tient la distance sur les quarante minutes et onze chansons qui le compose, qui arrive à ne pas perdre l'auditeur, qui se renouvelle de chansons en chansons. On ne s'y ennuie jamais, on s'y recharge en énergie, on en attendait pas moins d'eux.

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Titus Andronicus - The Will To Live

 











2022
Merge Records
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Juste Rock, juste ce qu'il faut  là ou il faut, ni plus ni moins. Pas besoin d'autre chose. Ce quatuor d'américain sort, depuis 2010, des albums d'une justesse que je ne retrouve que trop peu. Il y à toujours ce chant éraillé, ces départs en fanfare sur un titre instrumental, il fallait le faire. Solidement campé sur ses pieds Titus Andronicus va puiser sont inspiration dans ce que le rock à fait de  mieux depuis, allez ne soyons pas chiche, les années soixante dix ?
Difficile d'expliquer comme cette musique sonne  pour  moi comme la quintessence du rock, on n'y est jamais surpris, mais les morceaux provoque toujours toujours chez moi un ravissement bienheureux. Sur une base ultra classique de deux guitares et basse/batterie, viennent toujours s'ajouter ces notes de pianos folle, et même, cet harmonica que n'aurait pas renié Neil Young. Et des solos,  des solos de guitares, pas prétentieux, mais juste, et je n'insisterais jamais assez sur ce terme. The Will To Live (la volonté de vivre) est un disque qui sonne absolument, parfaitement, juste. C'est une pépite d'écriture musicale mais aussi, quand on prend le temps, une pépite de narration qui s'attache aux paroles. Une histoire se déroule sous nos oreilles frémissante, faites de sang, de luxure, de mélancolie et de victoire.
Un dernier regards sur ce grand disque que je n'avais pas assez bien écouté au moment de sa sortie, comme quoi il est bon de retourner en soi pour y redécouvrir ce qui était là, sous nos yeux.

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EKKSTACY - Misery

 











2022
UnitedMaster
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La messe est dites en vingt deux minutes, douche comprise. Vingt deux minutes et dix chansons tout de même, parce que on a pas le temps. Il règne une urgence sur ce disque, qui non content d'être un des oublié de l'année précédente pour moi, se paye le luxe de me le faire payer par un talent à peine croyable.
Aime t-on le post  punk ? Le surf rock ? Oui et oui dans le fond, à gauche (toujours). Ce disque est d'une concision et d'une précision de joaillier. Il n'y a pas une seconde en superflu. C'est à la fois un disque d'une grande tristesse, d'une mélancolie douce amère, et qui portant possède cette lueur en bout de tunnel, cette parcelle d'espoir inextinguible, celle qui subsiste en filigrane, même quand il s'agit d'une douce naïveté d'adolescent. Tant d'émotion parfaitement concentré en si peu de temps, dans un disque que j'ose qualifier de parfait, il n'en fallait pas plus pour assombrir mon humeur et éclairer ma soirée.

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Work Wife - Quitting Season

 











2022
Born Losers Records
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On en a déjà écouter quelques uns dans cette matière là, mais pas des comme ça. Faut imaginer ce mélange singulier de musique folk, nimbé d'électronique, mais ou nous parvienne des guitares un peu rock. Qua dire. Que dire de cette voix sensible pareil à nul autres, qui parcoure, ou plutôt hante ces cinq titres. Une voix qui semble coller immédiatement au cerveau, évoquant avec un certain humour noir cet hiver. Mélancolie et cynisme doux ne sont jamais loin, un brin désabusé, quand les doigts se perdent sur la guitares en arpèges. Alors  il fait un peu froid en ce moment. Rien à voir avec  les vrais hiver de l'enfance, quand la planète n'avais pas si chaud, mais quand même, le matin, tout est blanc; propre et calme dehors. L'EP se déroule sans accros, transporte l'auditeur dans un cocon doux et un peu triste, ou la musique n'est qu'un écrin de diamant. alors vivement le manteau blanc, vivement l’hypnotique ballet tombant de la neige dans le ciel gris, fascinant et reposant. Le sommeil et la chaleur, l'hiver et le silence.

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Dinos - Hiver à Paris


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 2022
SPKTAQLR
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On a écouter du Rap ici, n'en déplaise. C'est vrai qu'on en parle pour ainsi dire pas ou peu. Pourtant on en écoute un peu, même si c'est pas ma musique favorite, on en écoute. Ici, Dinos parle de Paris et c'est beau même quand c'est sale. On a chanté tant de chose sur cette ville, mais on ne fut jamais autant percutant que Dinos pendant une heure et deux minutes. Je me revoit zoner dans le vingtième, je me revois traverser Paris dans la transversale de bas en haut, à pieds, trainant, regardant les vitrines et les parcs. Paris que je ne porte pas dans mon cœur plus que ça pourtant.
ET puis au delà de ça, j'ai pris une claque dans la gueule avec la musique. Çà fait des années que l'inventivité musicale est est dans le Rap, c'est un genre encore jeune qui n'est pas arrivé à maturité. il n'y a que dans le Rap qu'on peut entendre des instrus incroyable, de celles qui vous donne envie soit de danser, soit de regarder la tristesse par la fenêtre. Ici on déroge pas à la règle, instrus qualitativement incroyable, avec comme pinacle la voix de Dinos que se rentre dans tout les genre comme dans un duvet, le mec est à l'aise dans son album, ça laisse sur le cul.

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The Smile - A Light for Attracting Attention

 











2022
XL Recordings / Self Help Tapes
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Pour en finir avec 2022. Décidément ne vas. Dans ma tête, je me fais prophète de l'apocalypse à venir. Heureusement, il y a des gens comme Thom Yorke qui continu d'enchanter le présent. Un peu de folie, un glissement de coté. Après une année, on se sent comme remplit, vidé miraculeusement le premier au matin par une gueule de bois. J'ai une indigestion de 2022, une sale indigestion. avec la certitude que l'année 2023 sera pire encore, et celle d'après, on n'ose pas  y penser. Tout vacille, s’effrite de toute part, et on a seulement envie de danser comme Thom, comme seul lui sait le faire, de cette façon désarticulé et sans rythme, qui se fout du tempo. Thom vie déjà dans son propre tempo, il est déjà un incontournable, il peut faire absolument tout ce qu'il veut, peut lui importe, on l'écoutera, il à crée le désir pour sa musique et pour lui même.
Ho bien sur il n'est pas seul, c'est qu'il est sacrément bien entouré même. The Smile est quand même une grosse moitié de Radiohead. D’ailleurs il est inévitable que la comparaison soir faite, tant la filiation est clair. On ne se refait pas, chasser le naturel il revient au galop. C'est pas Radiohead, c'est The Smile. Le mien est jaune. On s'en tape, dans le fond, l'important c'est la musique, c'est la voix, c'est d'écouter un groupe qui n'a plus rien à prouver et qui effleure la perfection une fois de plus. En finir avec 2022 en écoutant The Smile, quelle douce et délicieuse ironie.

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La Femme - Teatro Lúcido

 











2022
Disque Pointu
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Alors déjà à la base je salut l'initiative. Écrire un album dans une langue étrangère, ce n'est certes pas tout à  fait original, certains l'ont déjà fait, mais c'est quand même pas courant. Comme chacun sait (haha) je suis assez client des groupes qui sortent un peu des clou, qui tentent des choses, quitte à se planter, mais du moins auront ils essayé, eux. Alors  là c'est donc entièrement en espagnol que La Femme à décider de composer son quatrième album.
Je n'ai vu la femme qu'une seule fois en concert, au moment de leur premier album, mais j'ai été sage et j'ai écouter chaque album à sa sortie. La Femme s'est installé dans le paysage musical français, n'en déplaise, et j'espère pour encore longtemps. L'album en lui même semble un camaïeu d'influence dont le fil directeur est la langue espagnol (plus belle langue du monde après le français). Synthpop, musique électronique, reggaeton, influence folklorique espagnol, flamenco,musique de cirque, chanson à boire... Un pot pourri génial qui enfonce le clou de La Femme. Voilà un très grand groupe.

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Paperbark - Breathable Changes

 











2022
Seil Records
Bandcamp

Je coule. Je coule depuis le fond de mon lit. Je tend les mains vers le plafond dans un geste pathétique pour saisir la surface, le plafond de ma chambre. Nuit, c'est déjà là nuit, un trait orange zèbre le mur blanc et nu. Froid, il fait froid, la chaudière s'allume toute les demi heure pour maintenir une température supportable, mais je suis immobile et ne produit pas de chaleur.
Nue, je suis nue, l’insupportable corset de mes vêtements gît au pied du lit, épars sur le sol en lino. Seul la couette semble une armure.
J'ai tant de mal à dormir ces dernier temps, je reste éveillé, et mon esprit ne connait aucun repos. Mon cerveau est une machine folle lancer au cœur des ténèbres.
Il n'y à plus de rites de passage à l'age adulte, la frontière semble si flou à présent. J'ai grandis, j'ai échangé des peurs contre des angoisses, des angoisses contre de nouvelles peurs. Rien n'a changé, on est toujours cet enfant. L'enfance est une ancre, un boulet qu'il faut trancher, l'enfance n'est que névrose, les mêmes deviendront nécrose ds l’esprit quand, à l'age adulte, du moins quand notre croissance se termine.
Mes yeux fixe le noir, en fœtus sur le matelas, enroulée maternellement dans la couette épaisse et chaude, je recréé chaque nuit le dernier endroit ou je connus la paix véritablement.

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Ways Away - Torch Songs

 











2022
Other People Records
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Voilà un groupe qui mérite mieux que ma diatribe précédente à base de ouin ouin la guerre c'est mal. Je m'excuse, il faut, comme Epictete, se détacher des choses sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir. Ways Away m'a renvoyé au lycée, quand je commençais à écouter de la musique un peu plus sérieusement, dans cette période ou l'on écoute encore beaucoup de choses grand public, et que l'on commence à s'aventurer à la machette dans la jungle d'internet pour y chercher autre chose. Ce mélange classique de post punk et de pop punk est toujours très efficace, avec un gros coup de cœur pour les instrumentations incisives, tranchante qui accroche l'oreille. C'est l'album su blues du soir de l'automne.

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Sunda Arc - Night Lands

 











2022
Gondwana Records
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C'est doux, au sortir de la soirée. Il fait un peu froid dans la pièce, mais c'est parce que devant l'ordinateur, je ne bouge pas, ou si peu que je ne me réchauffe pas. Et puis j'ai coupé le chauffage la nuit, pour faire des économies, c'est aussi mon geste pour la planète, je trie déjà mes déchets.
Qu'il est reposant d'écouter un album comme ce Night Lands. S'il est question de nuit, on entendrait par la plutôt tout un nuancier de teintes sombres, un motifs de gris et de blanc. C'est une techno lente, electronica, dirait on, pour ce que cela veux bien dire, mais souvent, on virevolte avec la musique ambient. C'est une lande brumeuse qui se dévoile peu à peu à l'auditeur, un endroit mystérieux remplit de rituel païen, de mythes, et de tourbes.

Aurore, livre cinquième, aphorisme 575

Nous autres aéronautes de l’esprit.

Tous ces oiseaux hardis qui s’envolent vers des espaces lointains, toujours plus lointains, — il viendra certainement un moment où ils ne pourront aller plus loin, où ils se percheront sur un mât ou sur quelque aride récif — bien heureux encore de trouver ce misérable asile ! Mais qui aurait le droit de conclure qu’il n’y a plus devant eux une voie libre et sans fin et qu’ils ont volé si loin qu’on peut voler ? Pourtant, tous nos grands initiateurs et tous nos précurseurs ont fini par s’arrêter, et quand la fatigue s’arrête elle ne prend pas les attitudes les plus nobles et les plus gracieuses : il en sera ainsi de toi et de moi ! Mais qu’importe de toi et de moi ! D’autres oiseaux voleront plus loin ! Cette pensée, cette foi qui nous anime, prend son essor, elle rivalise avec eux, elle vole toujours plus loin, plus haut, elle s’élance tout droit dans l’air, au-dessus de notre tête et de l’impuissance de notre tête, et du haut du ciel elle voit dans les lointains de l’espace, elle voit des troupes d’oiseaux bien plus puissants que nous qui s’élanceront dans la direction où nous nous élancions, où tout n’est encore que mer, mer, et encore mer ! — Où voulons-nous donc aller ? Voulons-nous franchir la mer ? Où nous entraîne cette passion puissante, qui prime pour nous toute autre passion ? Pourquoi ce vol éperdu dans cette direction, vers le point où jusqu’à présent tous les soleils déclinèrent et s’éteignirent ? Dira-t-on peutêtre un jour de nous que, nous aussi, gouvernant toujours vers l’ouest, nous espérions atteindre une Inde inconnue, — mais que c’était notre destinée d’échouer devant l’infini ? Ou bien, mes frères, ou bien ? — 

Friedrich Nietzsche 

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King Gizzard & The Lizard Wizard - Ice, Death, Planets, Lungs, Mushrooms And Lava

 











2022

KGLW
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Décidément, un des groupes les plus intéressant de cette nouvelle décennies. Non pas qu'il en manque, car à la marge, le foisonnement de talent est incroyable, pour qui sait chercher, et  il en va de même  pour tout les arts. Dans ce nouvel album des australiens, on y explore ce qui semble être un roman de science fiction écrit sous l'influence de substance, me tromperais je si j'y vois l’influence planante de Philip K Dick en filigrane ? Ainsi nous y croiseront un champignon, une princesse provenant de Ganymède, Le cœur brulant de la terre, la vision d'une coulée de lave détruisant tout sur son passage, une description de l'enfer ou bien une lointaine étoile silencieuse, autour de laquelle gravitent des planètes morte.
Bien sur tout est prétexte à chanson, extrapolation et métaphore. Le groupe déploie des trésors d'inventivité pour produire une musique psychédélique, principalement, mais aussi plus apaisé que sur le précédent album, qui lui était tout en énergie explosive. Ici , rythme lent à l'honneur, on y frôle parfois des percussion semblant provenir du sous continent indiens, mais aussi, et c'est agréablement surprenant, des inspirations semblant venir de la music soul. La musique de KGLW est toujours très compliqué  à ranger, tant elle foisonne, chaque album fait échos à d'autres, tout en pouvant être radicalement différent.
Cet album parle de la vie. Le champignon qui se nourris sur la mort des autres végétaux, le magma sur lequel "flottent" les continents qui sans cesse disparaissent et émergent, la lave qui, détruisant tout sur son passage, fertilise durablement les sols.
Cet album parle de la mort. Notamment avec "Hell's Itch" qui semble décrire les tourments d'une âme en enfer, en proie aux tortures, un homme ou une femme dont on enlèverais la peau à coup de griffe. Le décalage créer par la musique, qui elle n'est en rien morbide, et le propos de la chanson diffuse un sentiment de malaise. On ignore pourquoi cette personne est en enfer, elle semble trouver à la fois les affres dont elles est victime douloureux, mais, elle semble les endurer comme si elle se punissait de quelque chose, et semble appeler, entre deux lacérations, une mystérieuse Helen ... C'est aussi la chanson la plus longue, ce qui accentue encore plus la sensation de souffrance du narrateur. Mais j'y pense, s'agit il vraiment de l'enfer, en fin de compte ?
La seconde chanson qui semble être le miroir de la précédente s'appelle "Iron Lung". Ce dispositif médicale dans lequel est enfermé une personne sert à lutter contre les insuffisances respiratoire, notamment de ceux des malade de la polio. En maintenant une pression moindre dans le tube et en y couplant un système de pompe, la respiration des malades devient bien plus aisé. Seulement ce dispositif condamne celui qui y est installé à y passé le reste de sa vie, allongé, le corps enfermé dans un tube en acier. Le sort des personne enfermé dans un tel dispositif est peut enviable. L'introspection de la personne enfermé dans son poumon d'acier est sans appel, elle est déjà en enfer, enfermé dans sa prison, souffrant et immobile, condamner à penser.
La chanson revient plus rock, plus nerveuse, dans une urgence permanente, la guitare se ballade dans un crescendo dérangeant, avant de retomber, comme une respiration.
"Gliese 710" clôture cet album sur la destruction d'une planète, probablement avec l'explosion de son soleil. Un piano jazzy est accompagné de guitares rauques. Un chant monocorde, comme chamanique, nous raconte comment les océans se sont mis à bouillir, et que la croute de la planète à fondu, finissant par réduire la planète à un nuages de gaz chaud flottant dans l'espace.
Le cycle de la vie d'une planète, champignons, lave, magma, se trouve à son tour détruit par le cycle de la vie des étoiles, long de milliards d'années. Les deux cycles semblent s'opposer, l'un détruisant l'autre, mais leur dimension cyclique rappelle que tout recommencera. De la mort d'une étoile, d'autres renaitront, puis d'autre planètes, puis, avec un peu de chance, de la vie, et ainsi de suite, sans fin jusqu’à que la trame même de l'univers se disloque.

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Ba. - NAUTO

 











2022
Damn Good / Sony Finland
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On comprend pas les paroles, c'est du lituanien, je présume, mais la musique se suffisant à elle même, on parvient tout à fait à saisir les nuances des ambiances à l'écoute de l'album. Un rock lourd, avec une solide charpente basse/batterie et des guitares qui grattes le tympans de façon agréable, tantôt acide et ongle sur tableau noir, tantôt graveleuse et lourde. On salut justement la variation des effets qui empêche l'ennuie  à l'écoute. C'est que Ba. n'a pas ré-inventé la roue, mais on est face à un disque honnête, avec juste assez de fioritures pour ravir sans recouvrir. C'est quand même bien mieux que beaucoup de choses qui se font dans le genre récemment, une belle découverte.

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Stupeflip - Stup Forever

 
























2022
Dragon Accel / Modulor
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Tout est vrai dans Stupeflip. Depuis que j'ai entendu cette phrase dans la bouche de King Ju dans une interview, elle n'ai jamais sortie de mon esprit. Tapis dans l'ombre, ce changement de perspective m'a permis d’appréhender la discographie du groupe sous un œil nouveau. Parce que ou bien tout est vrai dans Stupeflip, et alors, il faut essayer de comprendre le mythe sous le texte,  mais sans le disséquer pour ne pas qu'il perde sa dimension tragique, ou bien alors tout ça n'est qu'une plaisanterie très élaboré, qui dure depuis vingt ans, un compte grand guignolesque, absurde, mais tout de même pas dénué d’intérêt.
Parce que en cinq albums, le krou sème des cailloux derrière lui, mais il faut chercher pour les trouver.
Toujours prompt à critiquer la société qui l'entoure, King Ju ne tombe pas dans le piège de la posture. C'est bien de quelqu'un qui s'est mis hors la société qui jette son regard critique sur celle ci. Sans s’embarrasser à proposer une solution (qui n'est surement  pas le fait de l'artiste).
L'album sonne comme un cycle qui aurait atteint son point de départ. C'est le retour du lourd hip hop ensorcelé et du punk.
Qu'on se rassure quand même, rien ne sonne comme Stupeflip.
Ici, on est dans la divine comédie. L'histoire du krou se déroule sous l'oreille, ajoutant encore quelques pages à une mythologie déjà obscure, Pop Hip aux enfers erre sans but, cherchant sans savoir ce qu'il doit chercher. Et que dire ce cet enfant qui évoque un père violent ? Que dire de cette chanson qui raconte la fuite en avant dans la fumette, dernier refuge d'un esprit tourmenté qui à renoncer  à  faire de la scène tant cela le rendait malade ? Que dire de cet homme qui jette un regard triste autour de lui et qui constate que tout à vieillit, ronger par les regrets et les remords ?
Tout est vrai dans Stupeflip, disait King Ju, au moins pour l'auteur des chansons. Si Stupeflip est une catharsis, il y a de quoi s'inquiéter pour son auteur, dont on mesure finalement  peu la gravité des textes sous cette texture de bouffon dont il s'est fait  une seconde peau. En ré écoutant Stupeflip, j'ai eu l'impression de voir un pote partir peu à peu en couille sans que je n'y puisse rien, exorcisant ses démons dans cette musique unique. Parfois, l'espace d'une seconde, j'espère qu'il trouve un peu de paix. Force à toi mec.

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Russian Circles - Gnosis

 























2022

Sargent House
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Pas familier avec l’œuvre de Russian Circles, j'ignore bien si ce dernier opus est leur meilleur, leur pire, ou bien un album moyen (ce qui revient  à être un des pire). Il y à quand même tout ce que j'aime dans cet album. Une lourdeur évidente, mais pas suffocante, avec cette musique rauque et grave, tout en basse et en tremblement de viscères. Un batterie lente qui martèle, sur fond de noirceur. La musique du trio de l'Illinois n'est pas toujours lumineuse, comme à l'image de ce morceau éponyme, Gnosis, rouleau compresseur heavy sombre qui étire son ombre crépusculaire sur presque huit minute. Mais on pourrait en dire autant pour le reste de l'album, qui délivre sa musique aux relents acres de doom sans avarice.
Voilà un disque qui prend son temps, sans s'étaler, à la manière des pas lent des grands animaux. Avec son tempo éléphantesque, viscérale, Gnosis est lent, même lorsqu'un morceau comme Betrayal explose, il reste fondamentalement dans le temps imposé, comme ramené après une course folle. Allez, il y a quand même un peu de lumière, à la fin, comme après, je ne sais trop, le passage d'une tempête ? Parce que Bloom, quand même, c'est l'aurore, c'est enfin le calme, la lumière, l'humidité dans l'air après après la pluie, l'arc en ciel, le chant des oiseaux, la chaleur, l'amour d'une mère. Tout en même temps.

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The Armed - ULTRAPOP: Live at the Masonic

 










 

2022
Sargent House
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La musique adoucie  les mœurs, disait Aristote en son temps. On pourrait penser que ULTRAPOP aurait l'effet inverse, tant il est parfois brutale pour une oreille non averti. Mais il n'en ai rien. Bien au contraire, à l'écoute, je me trouve prie dans une espèce de transe douce, langoureuse,comme l'effet d'une chaleur autour du corps. Je suis heureux quand j’entends cette musique brutale ou calme, cette batterie au staccato de mitrailleuse, le chant hurlé, puis redescendre, et l'énergie qui s'évapore de ce disque qui arrive à être meilleur que son original, démontrant une fois de plus le talent d'un groupe à part, mi bulldozer, mi rêveur allongé dans l'herbe, le cœur plein de joie et heureux, pour un instant.

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Maggie Rogers - Surrender

 











2022
Capitol Records
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C'est dans cette veine électro pop hyper léché, une production très soigné, très propre. Malgré Maggie Rogers à une voix. Je dit malgré parce que l'on aurait pu croire que ça allait porter préjudice, la forme global restant tout à fait attendu et sans grande surprise. Mais une voix qui raconte, chaleureuse, sensible, fragile même, ça vous sublime un disque. Dont acte. Pas forcément un disque qui transcende, mais un de ceux qui réchauffe le cœur, sans être une merde feel good. C'est qu'il évite l'écueil de la moralité douteuse et forcé, car j'ai horreur qu'on me fasse la leçon. Le disque est bon parce qu'il est bon sans que j'ai besoin d'y projeter quoi que ce soit. Voilà.

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The Black Box 2010 - 2023. Fourni par Blogger.

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