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LIMBOY - II

 











2025
Stolen Body Records
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Brulant comme l'indique si peu discrètement la magnifique pochette de l'album. Tantôt chalumeau, tantôt pâle, lueurs fantomatiques. C'est que l'album nous ballade, tout du long de sa demi-heure, entre déchainements euphorique et fausse douceur. La première partie du disque est une décharge de violence absolument réussit, qui donne envie de sauter partout dès les premières notes, une sensation physique. Sans mauvaise emphase, ces trois premiers titres m'ont littéralement pris aux tripes et dieu sait que j'aime quand la musique agis sur le corps. Secouage de tête incontrôlé, déhanchement erratique en rythme, bras qui s'agite dans l'air.
Comment ne pas succomber aux sirènes de ce combo destructeur de la section rythmique, lourde, inexorable, avec cette batterie métronomique, marteler jusqu'à l'agonie, et cette basse grave, rauque, laiteuse, qui vient comme un aiguillon directement dans le cerveau pour parler à l'animal à sang froid qui sommeil en nous ?
Et cette transition sur "Nightman" ne manquera pas de faire sourire béatement ceux qui, après une dizaine de minutes de course effrénées, se verront offrir une pause, une respiration bienvenue, pour mieux se faire tromper avec ce final qui ne peut se vivre que d'une façon, en sautant encore, plus haut.
Ce punk qui oscille entre noise et post se taille une belle part de guitare, qui ne sont pas en reste, ça sature, ça tiraille, ça se fait une fois incisive, puis doucereux. L'énergie dont déborde un groupe comme LIMBOY, porté par une voix éraillée et colérique, se transmet de manière très naturelle à l'auditeur. Si on aime un peu ce genre, il sera difficile de passer à côté de ce groupe cette année, et j'espère sincèrement pouvoir les entendre en live afin de mélanger ma sueur à celles de plein d'autres gens, et qui sait, avec de la chance, d'autres trucs. Une fois de plus, ça va direct dans le top album, quelle singerie, quelle énergie, j'en veux.

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Lambrini Girls - Who Let The Dogs Out

 











2025
City Slang
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Ce que j'avais pressenti être un album de punk anglais féminin plutôt basique s'est avéré être bien plus complexe que prévu. Dès les premières mesures de "Bad Apple", le son se fait énorme, bien loin de la rugosité coutumière attendue. La basse est lourde, très lourde, la batterie est d'emblée en roue libre, la guitare hurle et le chant, le chant est un cri qui vient des tripes.
En moins d'une demi-heure, les onze titres sont expédiés à tombeaux ouverts, sans pause, sans jamais perdre d'intensité. La force d'impact de chaque morceau demeure intacte écoute après écoute. Je me suis surpris à l'écouter en boucles plusieurs fois. Pour peu que l'on garde un endroit dans son cœur pour cette musique un peu punk, un peu rentre dedans, avec un côté revendicatif assumé, queer et un humour cynique des plus délicieux, on ne manquera pas d'aimer cet album.
Avec une énergie communicative, Lambrini Girls met le feu à 2025 sans pitié et se place d'ors et déjà comme un immanquable de ce début d'année.

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Godspeed You! Black Emperor - "NO​ ​TITLE AS OF 13 FEBRUARY 2024 28​,​340 DEAD"

 











2024
Constellation Records
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L'année n'a pas commencé avec un lever de soleil. Elle aurait pu, avec une telle musique. Car le soleil se lève aussi bien sur les bienheureux que sur les charniers, la lumière n'a pas de camp, elle.
Elle se lève sur les décombres des villes martyrs autour du globe, elle se lève sur les champs de braises et sur une mère qui embrasse sa fille nouvelle née, et sur celle qui pleure avec un petit corps disloqué serré dans un drap contre sa poitrine.
À quoi bon ? À quoi bon ces longues mélodies post rock, ces arpèges de guitares, ces longues montées en puissance de plus de dix minutes ? À quoi bon quand l'écoute de cet album vous étire entre une mélancolie douloureuse et une lumière trop vive ?  À chaque seconde son cortège de malheur, et alors, il ne restera plus qu'un tel disque pour tenter de vivre dans l'absurdité.
C'est là où GY!BE fais preuve de son plus grand génie, de son plus grand talent, c'est là où s'exprime la puissance d'un tel collectif, à savoir, qu'avec cette musique, ils nous fournissent un sol sur lequel danser, et ce n'est pas rien, par les temps qui courent.
Merci.

THE PLAIN TRUTH==
we drifted through it, arguing.
every day a new war crime, every day a flower bloom.
we sat down together and wrote it in one room,
and then sat down in a different room, recording.
NO TITLE= what gestures make sense while tiny bodies fall? what context? what broken melody?
and then a tally and a date to mark a point on the line, the negative process, the growing pile.
the sun setting above beds of ash
while we sat together, arguing.
the old world order barely pretended to care.
this new century will be crueler still.
war is coming.
don’t give up.
pick a side.
hang on.
love.
GY!BE

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We Hate You Please Die - Chamber Songs











2024
NMAS
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Seul seul seul. Tout seul. Absolument tout seul chez moi. Je tourne en rond chez moi, dans un cercle circonscrit entre mon pc et ma cuisine et mon lit. J'ai l'impression que ma tête va exploser, je voudrais sortir, je voudrais faire des choses, mais j'ai presque peur de faire un pas hors de chez moi. La meuf à qui je parlais me ghoste dans que je comprenne pourquoi, je m'en foutrais moins si elle me disait pourquoi. Je suis un grand garçon, je ne vais pas me mettre à pleurer. Et celle que je voyais de temps à autre pour le fun (mutuel et consenti) me fait la tronche parce que je commence à la voir plus comme une pote que comme un plan cul. J'ai vraiment passé un week-end déprimant.
Et pourtant j'adore le parfum de l'air froid le matin et le soir, c'est différent, mais pareil, ça me rend foutrement mélancolique. Ça suffit de tanker ses émotions comme un abruti, je veux ressentir comme quand je me terminais au vin rouge et au cannabis en découvrant David Bowie quand j'avais dix-sept ans.
C'est un peu ce mood là pour moi cet album de WHYPD, je l'adore.µ
J'espère les voir en concert bientôt, ils sont vraiment très bons en live et j'ai envie de voir cette nouvelle formule à trois, parce que le chant féminin m'a vraiment conquis.

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Gaadge - Somewhere Down Below











2023
Crafted Sounds
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Faut imaginer un bar. Et oui je sais que toute mes histoires commencent dans un bar mais merde, on peut pas boire de pintes dur une appli de rencontre. Et je ne parle même pas de ces bars ou le cocktail coute dix balle, putain , je comprend en même temps, l'inflation, tout ça mais merde quand même, ça fait chier.
C'est pas un album joyeux, le dernier Gaadge, il à toute la mélancolie et la tristesse intrinsèque au genre. Ce mélange de rock un peu sale, façon grunge, de shoegaze pour ces guitares vaporeuse et un peu noisy même parfois, c'est pas vraiment le véhicule idéal pour la joie. Encore que ...
Sombre dans le texte, il est vrai, et pourtant pas dénué d'une certaine lumière dans la musique, un peu comme si le chanteur nous disait, qu'au fond, tout ça n'a pas grande  importance, comme un dernier sourire impertinent jeté à la face du monde. Il y peut  être un peu de tout ça, et peut  être bien plus encore, mais pour le découvrir il va falloir l'essayer.

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Nwar - Beyond The Sun

 











2023
Head Records
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A des fins esthétiques, c'est subjectif mais la pochette de cet album aurait été magnifique sans le logo et le texte. On perd en mystère, la photo choisi est superbe, c'est dommage.
Certains diront que je joue les esprit chagrin mais c'est la première chose qu'on voit quand on tombe dessus, je suis intimement persuadé (je peut me tromper) que beaucoup d'album sont acheté (à minima écoutés) uniquement grave à leurs pochettes. J'y suis pour ma part assez sensible, une belle musique comme celle de Nwar devrait avoir une belle pochette. On dira que si elle à plut à leurs auteurs, c'est l'essentiel, on aurait raison de le dire, effectivement.
Dans cette veine, disons, je ne sais trop, math métal, progressive ? On se pose là. Énormément d'énergie tout au long de cet album en forme de long tripe spatial comme seuls ces sous genre savent le faire. Disons qu'ici, on semble moins au désespoir que sur, par exemple, Wordless de The sun's Journey Through The Night. Sans être un voyage en pays de cocagne, c'est un peu de lumière qui filtre tout de même à travers ces riffs lourds et rapides et cette batterie tantôt mitrailleuse tantôt marteau pilon. Et surtout c'est que j'ai eu à chaque écoute l'impression que les musiciens se sont vraiment éclaté à le faire. Jusque dans chaque détail j'ai ressenti une forme d’enthousiasme porté par des musiciens talentueux. Le disque est assez organique  à l'écoute, tout s'enchaine très naturellement, et même la reprise de "I'm Afraid Of America" ne rompt pas le rythme, rendant l'album un peu plus angoissant. Pour le moment dans le genre c'est ce que j'ai entendu de mieux cette année, et quoi qu'il advienne, il est déjà dans mon top annuel, c'est dit.

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DEWAERE - What Is Pop Anyway ?

 











2022
A Tant Rêver Du Roi
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C'est toujours un plaisir d'entendre grincer les guitares comme ça. Je veux dire, c'est pas non plus la panacée, mais chez DEWAERE, on à visiblement le soucis d'essayer d'associer une énergie certaine avec un certain sens de la mélodie. On sent que le groupe s'est investit pour sortit un successeur digne de ce nom à Slot Logic, avec au bout une réussite éclatante. J'aime particulièrement le chant, c'est une marotte. Alors oui, on y entend l'accent français, j'ai déjà lu quelque part qu'on leur reprochait, mais qu'elle surprise que des français aient un accent quand ils chantent en anglais. Putain le niveau d'américanisme mentale...
Ce qui importe, c'est l'intention. Déjà parce que déjà cette voix se permet une large palette harmonique, avec un chant qui n'hésite pas à monter dans les aigus, qui crie, s'éraille même parfois, ici on aime les petites imperfections, on aime pas trop quand c'est lisse.
Les français n'hésite pas à jouer sur les styles,et si l'album commence en fanfare une musique pop punk bien véner, il passe aussi bien par la pop plus calme, puis par un rock teinté de grunge, et puis des fois ça part en mur de son très noisy ou les guitare sont mise à rude épreuve.
Un album très énergique qui tient la distance sur les quarante minutes et onze chansons qui le compose, qui arrive à ne pas perdre l'auditeur, qui se renouvelle de chansons en chansons. On ne s'y ennuie jamais, on s'y recharge en énergie, on en attendait pas moins d'eux.

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Crimewave - Altercation

 











2023
Black Acre
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Et que brûle Rome. En substance, cela aurait pu suffire, le titre est quand même assez explicite. Et pour ceux qui aurait pas saisit, l'auteur se fend d'un petit texte sur sa page bandcamp pour expliquer sa musique fait référence  à l'augmentation de la présence policière, à la rage qui habite les gens, car nous sommes des bouteilles de gaz dans des cheminées, et va venir l'instant du blast.
L'EP contient en très peu de piste la substance de ces nuits froide et anglaise, ou l'humidité pénètre même les mieux couvert, ou la seule source de chaleur provient d'une bouche, d'une main, d'un sexe. Des guitares aiguisé découpé au scalpel sur des rythmes hachés, l'impression de déambuler complètement ivre la nuit ou règne  l'émeute. C'est un petit EP curieux qui mérite qu'on s'y attarde ne serait ce qu'un instant, pour gouter du bon de la langue l’âcreté du lacrymogène.

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Death Engine - Ocean

 











2023
Code Records
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Énorme. Comme l'océan,dont j'ignore s'il s'agit d'un sujet de fond ou  bien d'un personnage présent à l'arrière plan. Il en est de même de la musique de Death Engine. Il suffit de regarder un moment cette pochette, et en écoutant l'album, on imagine sans  problème une houle lourde s'abattre sur quelque rivage assaillit par une tempête d'hiver. Si c'était le but, l'album est une totale réussite. Avec un son d'une lourdeur qui tend les épaules, gras, rauque, d'une décharge de guitare secondé d'une basse en filigrane hyper efficace.Quand à la batterie, elle ne bat jamais plus vite et fort qu'un cœur humain, la musique de Death Engine est organique. Pas de cette moiteur qu'on imagine, ici , tout est froid et engourdis. Et pourtant, la mélodie ne semble jamais loin, on y enchaine ce chant guttural et rauque vers quelques lignes chanté, comme un assaisonnement, et c'est juste parfait, délicieux.
Allez simple dans le best of de l'année.

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Pyrithe - Monuments to Impermanence

 











2022
Gilead Media
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Le disque poisseux de la nuit. Tant l'air est chaud et chargé que ma gorge me gratte affreusement, tant les orages autours de moi éclairent brièvement le ciel nocturne, tant l'odeur acres de la terre humide et chaude me chatouille les narines, tant il m'arrive, à mon grand regret, d'écraser un lapin qui se jette sous mes roues. 
quand même, quel disque ! Non pas qu'on en ai pas déjà écouté de cette trempe, mais rarement avec un tel coté organique dans la musique. L'album, qui oscille entre black métal, sludge et doom, arbore une tel diversité dans sa musique qu'il serait vain de chercher l'étiquette parfaite. Autant violent qu'ambient, autant humide que rêche sur le tympan.  Pyrithe s'amuse. Il y a un coté goguenard dans leurs approche de la musique, un cynisme qui fait regarder le monde brûler calmement. C'était écrit, on le savait, on à rien fait, c'est mérité.
S'il brûle, alors qu'il se consume en écoutant Monument to Impermanence, à la fin au moins, la musique sera la dernière chose.

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Eomac - Bedouin Trax II

 











2021
Eotrax
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Ca fait du gros boum boum dans les basses et ça fait vibrer le tympan et le reste du corps, mais pas que. Ces sons syncopés, arythmiques, brise toute tentative de danse si ce n'est celle qui déconstruit les membres entre eux. Autant dire qu'on risque pas de l'entendre dans ta boite de nuit, ni a Ibiza de merde ni dans la province de merde ni à Paris de merde.
Qui n'a jamais rêver d'une version snuff movie des milles et une nuits ? Ca pourrait en être la bande originale dérangeante, qui gratte pas franchement l'oreille dans le sens du poil, avec ses samples de chants arabe collé sur une musique électronique sous influence. 
Et pourtant parfois, une accalmie qui permet à cette petite guitare orientale de terminer une chanson dans une presque normalité, avant que la chanson suivante ne voit une psalmodie torturé sur fond de musique ambient sombre. Qu'on se le dise, c'est glaçant à souhait, violent, et absolument un des meilleur disque électronique de cette année, j'ose et je m'en branle, personne ne vient jamais me lire ici haha.

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Blanck Mass - In Ferneaux

 











2021
Sacred Bones Records
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In Ferneaux fait partie de ces milliers d'albums, de bande dessinées et de romans écrits durant le confinement de 2020. Il est donc par conséquent le reflet d'une époque, et c'est important de le signaler, mais pas que. Ce temps libre à permis a Blanck Mass de fouiller dans dix années d'archives sonores, enregistré sur le terrain, des brouillons de chansons, de morceaux, des sons juste même. Voici la génèse de cet album.

Il contient deux longue pistes d'environs vingt minutes chacune et s'articule en deux temps. L'album est hanté par les voix enregistrées au fil du temps, vague souvenirs mélancolique dans l'esprit du compositeur, sur fond bruitiste, noisy. On y alterne les moment de pure grâce musicale ou la musique parait baignée de  lumière, et d'autre au contraire très dur à l'écoute douloureux. Car c'est bien de douleur qu'il s'agit un peu, selon les explications même du compositeur. Celle d'être enfermé avec soit même, qui se rapporte à une vision personnel de l'enfer, mais aussi un processus de deuil qui entache la composition musicale, les morceaux alternant entre passage presque zen et rage pure ou l'on entendrait presque la destruction et l'impuissance en arrière plan. 

In Ferneaux est très déconstruit, et ne suis presque aucun plan logique sinon celui du compositeur, qui se garde bien de nous communiquez le chemin. C'est un album dure d'accès qui m'a laissé dubitatif. encore aujourd'hui, je ne saurais dire si j'aime  ou si je déteste. Ce qui est sur, c'est que c'est le genre d'album qui ne laissera personne indifférent.

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Black Dresses - Forever In Your Heart

 











2021
Bandcamp

Un disque qui poussa la plaisanterie à sortir le jour de la saint Valentin. On en rigolera après la première écoute, en gouttant toute l'ironie de la date choisit. Voici un album ouvertement  militant, pas moins excellent pour autant. Au cœur de la tempête, deux canadiennes aux cœurs brulant qui mélange habillement heavy metal et musique industriel violente pour proposer  une vision du monde extrêmement sombre, tendance noir. Les paroles de Black Dresses sont pleine de désespoir, à vous rendre littéralement dépressif après l'écoute. On y parle de la mort, du suicide, de la dépression, et du sexe, mais pas de celui qui donne du plaisir, ici le corps fait  un avec la machine , les chattes dégoulinent et se frottent mécaniquement  dans une parodies de coït sans lendemain, sans but presque. Ici tout dégouline, sent le stupre et l'huile moteur, il fait chaud, et puis de suite un froid polaire, on navigue entre les extrêmes à vue au travers du brouillard. C'est parfois hurlé, parfois chanté, et souvent noyé dans un déluge de musique électronique bruitiste et un mur de guitares distordues à l'extrême. Ca tape, ça percute, sa vrille les tympans dans une démarche de création et de destruction féconde, même si sans espoir.
Tout ce qui touche  à cet album est extrême, de la démarche à la composition , et même jusqu'à la pochette de l'album et sa représentation cauchemardesque mi humaine mi autre chose qu'on à pas vraiment envie de savoir ce que sait, comme un genre de parasite extra terrestre ou un bien un hybride, puisque ça collerai plus avec la démarche de l'album. Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir. Génial.

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Haved Jabib and Comets in Cardigans - Fuchsia Dreamers

 











2020
Bandcamp

C'est un peu dur la reprise, on se dit que finalement , on vas pas rester sur une année riche en évènements de toute sorte. Haved Jabib nous propose un petit EP en forme d'hymne à la lumière et l'immobilité. Quand on est si bassement terre  à terre, il est bon de pouvoir prendre cette demi heure pour réfléchir tranquillement. Composé en duo avec Comets In Cardigans, il s'articule sur sa première piste, une longue digression à base de claviers et de guitares passé au crible d'une  multitude de pédales d'échos. Une guitare qui semble toujours  à deux notes d'exploser dans un déferlement de grésilles et qui ajoute une certaine tension à l'ensemble pour le rendre plus vivant. C'est un dialogue entre deux harmoniques qui se répondent et se cherchent sans se trouver, un peu comme nous avec la sérénité cette année.

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Paint Thinner - Hagioscope to the Heart

























2019
OBLEK
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L'idée, c'était de mélanger du rock psychédélique avec un chant froid post punk, en jouant avec une qualité garage rock, et ajouté quelques éléments emprunté au shoegaze. Voilà pour les superlatifs. Evidemment, cette éjaculations de dictionnaire ne suffit pas à rendre hommage  à la musique que Paint Thinner nous propose. Et ça fonctionne. Ça fonctionne d'autant plus avec cet orgue qu'on peut entendre sur certains morceaux, ça fonctionne même avec cette ambiance noisy, quand on étire les morceaux au delà de cinq minutes et que les guitares deviennent folles et se mettent  à hurler. Aidée par un duo basse guitare métronomique, le chant peut se faire métallique et froid, ou bien chaud et chargé de colère.  Le groupe s'amuse à nous perdre avec maints changements de rythmes, déviation, et pirouettes. Pour autant, ce n'est pas qu'un disque qui plane  à dix mille, tantôt triste, tantôt plus lumineux, la palette des émotions est passé en revue, et l'on se surprend à écouter avec attention chaque morceaux, pressé d'être surpris par un énième retournement. C'est ce qui arrive quand on joue avec les tripes et le cœur.

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Blanck Mass - Animated Violence Mild

























2019
Sacred Bones Records
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On dira de cet album qu'il est peut être un poil plus hardcore que ses prédécesseurs, qu'il est plus orienté dans cette veine techno dérangeante, un peu bruitiste, un peu punk dans l'esprit mais aussi teinté d'IDM. Las de tout ces superlatif, vous écouterez donc  le dernier Blanck Mass qui se paye le luxe d'être de loin le meilleur du compositeur, l'écossais Benjamin John Power. Rythmique ultra, rapide, martelé comme sur des tambours de guerre, claviers puissant, mélodique et violents, chants syncopé à la limite de l'audible. Ici, tout est rapide, tout est fort, le volume est à fond et le bouton ne répond plus. C'est une charge violente contre le consumérisme qui détruit civilisation et planète, c'est tout un mode de vie qui est passé au hachoir à viande pour mieux en extraire l’insupportable.
A l'image de la pomme ensanglanté dans une main propre, d'une société d'apparence propre mais ultra violente dès qu'on qu'on gratte le vernis (haha), une société égoïste ou la survie passe par la mort, ou à minima la souffrance de l'autre, bref, un cauchemars de société mais une utopie du libéralisme dans toute sa splendeur.
Un autre niveau de lecture existe, plus simple, moins politisé, plus lumineux, qui reste toujours un peu en retrait, preuve qu'il reste quand même un peu d'espoir derrière la musique, malgré la rage qui transpire par tout les pores de ces huit pistes.
Désolé pour les autres, mais une fois de plus, Blanck Mass écrase la concurrence, à coup sur dans les meilleurs sortie de cette incroyable année 2019.


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Protector 101 - Killbots

























2019
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L'enfer infrarouge qui s’abat sur l'Europe de l'ouest actuellement rend tout collant. Les vêtements, le mobiliers, tout semble suinter, couler, ramollir face à l'implacable chaleur émise par une gigantesque explosion nucléaire vielle de quelques milliards d'années. Il est vain d'essayer d'y faire quoi que ce soit. Les animaux ont faim, soif et crève tout autour du globe. Le Global Warming est là, inutile de le nier, n'en déplaise à ceux qui voudraient que rien ne change et qui précipite le monde dans la fournaise avec le sourire au lèvres.
Quand les gens qui présentent la météo nous parle de sécheresse et de canicule avec le sourire, j'ai envie de les frapper, très fort, un peu comme tout les présentateurs de chaines de news en continue.
Tout est en train de crever dans le potager de mes parents, tout sèche sur place, la terre devient du sable, de la poussière stérile qu'il est vain d’arroser, et de toute façon, de l'eau, il n'y en à plus, bientôt plus de courant électrique, encore moins de pétrole ou de gaz, c'est fini, game over, l'espèce humaine s’arrête là.
C'est peu s'en faut la sensation que j'ai eu, et que j'ai encore en écoutant Killbots, de Protector 101, soir un déluge noisy-indusrieux de machines outil métronomique anxiogène as fuck qui plonge l'auditeur dans un univers sombre et incompréhensible  ou la vie n'a plus de valeur. Pourrait être une excellente bande son à un futur comme celui décrit dans Mad Max, un futur proche.

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JojoBeam - Albeam

























2019
JojoBeam
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Évidemment, ce que je vais dire n'engage que moi. J'ai toujours eu un peu de mal avec les groupes français de rock qui chante en anglais. Je les trouve toujours un peu faux, comme s'ils essayaient de copier les groupes de langue anglaise dont ils s'inspirent. Je dis ça, ce n'est évidemment pas une généralité, bien heureusement. Aujourd'hui, faite moi écouter des albums en aveugle, je suis sur de vous dire lequel est français, lequel est anglais. Et cela aurait parfaitement fonctionné avec JojoBeam, néanmoins ...
Attiré de prime abord par cette pochette multicolore du plus belle effet, j'entrais dans cet Albeam en sachant fort bien que j'allais écouter des compatriotes. Les groupes français de rock on ceci de plus ou de moins par rapport à leurs homologues anglais : Ils sont alambiqué. Et par alambiqué, j'entend qu'ils en font des caisses avec des effets et des pistes par dizaines. C'est souvent désastreux et très chauvin, et parfois, rarement, ça fonctionne, comme ici. Jojobeam n'échappe pas à cette règles. Les pistes d'Albeam semblent partir dans tout les sens, intègres de nombreuses fioritures et effets, cachent des gimmicks dans le fond des chansons. Là ou ce genre de pratique me donne envie de dire à de nombreux groupes d'aller se faire foutre, j'ai envie de crier aux mecs de JojoBeam OUI ! Parce que tout est une question de dosage putain de merde, inutiles d'en faire des tonnes et de rendre la musique imbuvable. On part sur une base de Noise Rock et de Math Rock et on y greffe sa personnalité, et pas un motherfucker d'orchestre symphonique.
C'est juste une question de dosage, c'est aussi con que ça. Déjà les mecs, tu sent qu'ils maitrisent leurs  instruments, c'est pas des guignols, ensuite, tu sent qu'ils ont voulu paraitre originaux et faire une musique qu'ils aiment sans pour autant devenir cryptique, et ça marche. Il n'y à pas une seule chanson qui ressemble à l'autre, on se fait jamais chier, bref, ça s'écoute avec plaisir et ça laisse présager le meilleur pour les lives.

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Supruga - Xaoc

























2019
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Un groupe intéressant de la scène hardcore russe découvert bien part hasard, et comme chacun sait, c'est par hasard qu'on fait les plus belle découverte. Hors donc, Supruga, trois gars et une fille au chant, qui alterne aussi bien la mélodie douce amère que le hurlement et le screamo bien sec sur le tympan. De quoi vous laisser quelques croutes durant l'écoute de cet album franchement sympa qui n'est pas qu'une bête et informe décharge de violence, mais qui sait aussi se faire mélodieux, presque fragile, quand il le faut. Après inutile de se mentir, le propos de l'album n'est pas de vous murmurer doucement  à l'oreille mais bien de vous hurler des trucs en russe (je ne parle pas la langue). Ça dégage une énergie en mégatonne et c'est  un vrai bonheur à l'écoute. Une curiosité que je pose là en espérant que vous aimerez aussi fort que moi.


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Monsters Over Bangkok - 1997

























2018
Raw Pop Syndicate
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Une fois de plus, la surprise vient de Russie. C'est ni plus ni moins qu'un travail d'archéologue que l'écoute de cet album. Je ne pensais plus jamais écouter un disque d'une tel fraicheur. Qui s'amuse aussi bien à  torturer la pop et à la noircir à grand coup de synthétiseur et de boite à rythme, qu'a jouer ces passages rock carrément grunge. Un disque aux multiples genre qui va piocher dans le noise ou la coldwave aussi facilement que dans le garage. Un joyeux bordel de mélange de style qui procure son lot de plaisir coupable à chaque écoute. Aucune piste n'est à jeter et  on crierais certainement au génie quand on entend certain passages que je vous encourage  à découvrir. L'album est assez court pour ne jamais être ennuyeux, concis mais direct, sans fard, et surement pas mis en valeur par une pochette horrible qui du coup donne tout son sens au titre de l'album. Je place ici le lien menant  à une prestation live du groupe mais dont la qualité n'est pas optimale, toutefois, ça ne manque pas d'intérêt. 

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