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Mogwai - The Bad Fire












2025
Rock Action Records
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Je connais peu Mogwai. Et The Bad Fire est leur onzième album, c'est dire si j'accuse un retard béant. C'est beaucoup pour un groupe dont je sais tout de même qu'il fait autorité dans le Landerneau de ce genre si particulier que j'affectionne tant. Il s'agit bien sûr de ce mélange flou et opaque entre rock progressif et shoegaze, et parfois même un peu de musique électronique s'invite par effraction par la fenêtre.
Comme souvent avec Mogwai (et je n'ai pas tout écouté) On est là toujours entre la mélancolie un peu amère, les moments de contemplation, et carrément la tristesse confinant au désespoir. Ces crescendos de guitares qui se terminent en déluges sentent la pluie qui bat le visage et les cœurs blessés par la vie. Peu de paroles, une fois de plus, quelques phrases ici et là, ce n'est pas par le logos que ça se passe. C'est une musique qui parait presque douloureuse à l'audition, tant elle semble en être le fruit.
Heureusement, un disque déprimant peut aussi être un bon disque, voir un très bon disque.
Pas sûr qu'on le réécoute quand les beaux jours reviendront, mais en attendant, il reste quelques mois de froid et de pluies grise pour le savourer jusqu'à l'excès. 

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Godspeed You! Black Emperor - "NO​ ​TITLE AS OF 13 FEBRUARY 2024 28​,​340 DEAD"

 











2024
Constellation Records
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L'année n'a pas commencé avec un lever de soleil. Elle aurait pu, avec une telle musique. Car le soleil se lève aussi bien sur les bienheureux que sur les charniers, la lumière n'a pas de camp, elle.
Elle se lève sur les décombres des villes martyrs autour du globe, elle se lève sur les champs de braises et sur une mère qui embrasse sa fille nouvelle née, et sur celle qui pleure avec un petit corps disloqué serré dans un drap contre sa poitrine.
À quoi bon ? À quoi bon ces longues mélodies post rock, ces arpèges de guitares, ces longues montées en puissance de plus de dix minutes ? À quoi bon quand l'écoute de cet album vous étire entre une mélancolie douloureuse et une lumière trop vive ?  À chaque seconde son cortège de malheur, et alors, il ne restera plus qu'un tel disque pour tenter de vivre dans l'absurdité.
C'est là où GY!BE fais preuve de son plus grand génie, de son plus grand talent, c'est là où s'exprime la puissance d'un tel collectif, à savoir, qu'avec cette musique, ils nous fournissent un sol sur lequel danser, et ce n'est pas rien, par les temps qui courent.
Merci.

THE PLAIN TRUTH==
we drifted through it, arguing.
every day a new war crime, every day a flower bloom.
we sat down together and wrote it in one room,
and then sat down in a different room, recording.
NO TITLE= what gestures make sense while tiny bodies fall? what context? what broken melody?
and then a tally and a date to mark a point on the line, the negative process, the growing pile.
the sun setting above beds of ash
while we sat together, arguing.
the old world order barely pretended to care.
this new century will be crueler still.
war is coming.
don’t give up.
pick a side.
hang on.
love.
GY!BE

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sleepmakeswaves - It's Here, But I Have No Names











2024
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Je n'ai pas le souvenir d'un hiver sans toi. Ma mélancolie revient en rampant et s'étire en même temps que les ombres quand le soleil descend avec l'automne qui se profile. Pourtant j'aime tant ces odeurs d'humidité, de feu de bois, on a l'impression que l'air devient plus dense, tout semble plus lent. Je n'ai peu ou pas de mémoire ce qui s'est passé il y a un an, après ton départ, comme si à l'époque j'avais fait le choix inconscient d'occulter tout ça au fond de moi-même. Ma solitude me saute au visage comme un diable cette fois et il n'y aura pas moyen de mettre la tête dans le sable. Je veux t'affronter cette fois-ci, je veux te regarder par la fenêtre, je veux t'entendre, tu ne m'échapperas pas.
Et comme à chaque hiver possède son album de sleepmakeswaves, le dernier sera-t-il à l'image de ce qui se passe dans ma tête et du bordel qui s'y agite ? En un mot comme en cent, disons que déjà le titre de l'album m'a fait plisser les yeux de méfiance. Quand un groupe appelle son album avec un titre qui dit qu'ils n'ont pas trouvé de nom, ça pue la fainéantise. D'ailleurs, c'est probablement le moins bon album des australiens. Il n'est pas mauvais, qu'on s'entende, mais c'est le moins original, j'y ai la désagréable impression qu'ils tournent en rond, que l'envie n'y ait plus, et malgré quelques moments de gloire au détour des morceaux, difficile pour moi de m'enthousiasmer pendant l'écoute. Il reste quand même cette basse lourde et omniprésente qui n'échoue pas à me ravir quand elle fait jeu égal avec la guitare, et la rythmique est très bonne, très technique, très entrainante. Pour le reste, il est malheureusement assez oubliable, on va espérer que les prochaines sorties soit au-dessus cet album plutôt médiocre.

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After-Math - Pathétique

 











2024
Lawrie Welsby
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À L'aube ou tout semble plus beau et lumineux, ou les sentiments étreignent le cœur, j'ai regardé vers l'or et le pourpre. J'ai brûlé mes yeux dans une veine tentative, j'ai senti les larmes couler sur mes joues et j'ai détourné le regard. Je souriais malgré tout du moindre de tes frémissements. J'étais probablement stupide, je ne l'ignorais pas, cependant, comme une force irrépressible, j'avais envie d'une seconde d'éternité partagé avec toi.
Ni plus, ni moins.
Et si After-Math était juste ce qu'il fallait pour ces moments contrasté  ou le spleen le dispute à l'espoir ? Rien n'est moins sûr, rien ne saurait être plus exacte. Ce disque est trop court comme la joie qui étreint deux vieux amis qui se revoient après une longue séparation, ou deux amants que chaque minute brulent.

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Beak - >>>>

 











2024
Invada Records
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Au regard de l'inquiétude ténue qui flotte dans l'air du temps, je crois qu'on n'avait pas mieux que Beak pour illustrer ce, je ne sais quoi de glaçant, comme une petite goutte d'eau qui coule le long du dos. Cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu un album commencer aussi longuement avec cet orgue électrique qui pose son ambiance d'église en ruine. Quel plaisir de retrouver un son aussi pur et simple. Ce krautrock porté par un trio de musicien au sommet de sa forme, n'en déplaise. Ces mélodies tristes et cette voix hantée, littéralement, avec en écho ces claviers sépulcraux et ainsi y passerait tout mon lexique du cimetière. Ce quatrième album pourrait bien être celui de la messe noire au clair de lune. Répétant les boucles sonores encore et encore, dans un motif sonore hypnotique, alternant entre passage lumineux et nuit noire au niveau de l'ambiance. Il se fait chamanique, tribale même, sur certaines chansons et passages, dans un style brut évoquant ces processions dansantes, arythmique. Les yeux révulsés, les cheveux mouillés de sueur et collés au front, le corps lancé dans une chorégraphie impossible si ce n'est notre limite  physique. C'est peut-être la seule façon correcte de profiter pleinement de cet album incroyable.

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Besna - Zverstvá

 











2023
Fiadh Production / Vita Detestabilis
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Que dire, c'est ce que j'aime écouter en ce moment, quand les jours raccourcissement, quand le froid saisit les visages que l'on cache dans des écharpes et des bonnets, quand ça sent le bois qui brulent dans les cheminées. C'est ainsi, chaque saison, et quand la fin de l'année arrive, je me sens plus mélancolique, plus sensible, c'est la période, c'est ainsi.
Qu'il ait fallu aller jusqu'en Slovaquie pour y dénicher Besna, quatuor post black métal, n'y change rien. Ils sont capables de m'emmener, moi, avec eux. Non pas que la musique du groupe soit particulière, c'est une bonne chose bien faite. Capables de violences comme des élans les plus doux, jouant avec les rythmes, les harmonies, le chant sait s'effacer au profit de la mélodie quand il le faut.
Je n'ai pas grand-chose à dire sur ce disque, il parle à mon humeur, sa musique du moins, tout en tensions et relâchement salvateur, tout en lumière, on y sent poindre l'espoir parfois.
Mais surtout quel talent de composition, une chanson comme Margita (Marguerite), qui passe par tant de phase, est une vraie réjouissance à l'écoute, un ravissement de l'instant qu'il faut encourager. Que l'on se rassure, le reste n'en est pas moins aussi bon. Ça fait des semaines que je n'avais pas écouté un album de métal aussi bon que celui-ci, et non vraiment, c'est un ravissement.

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Holy Fawn - Dimensional Bleed

 











2022
Triple Crown Records
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De lentes et lancinantes montées sonores. Une musique qui se teinte, ce me semble, d'un peu plus d'électronique. On a toujours l'impression de tomber au ralenti dans un puits, comme dans un cauchemars. C'est une délicieuse chaleur qui diffuse, qui endort les sens ainsi que la méfiance, à l'écoute de Dimensional Bleed. Le sentiment chaud de sécurité n'est qu'un trompe l’œil, un cheval de Troie des légions de l'accablement et de l’amertume. C'est qu'une musique comme celle ci semble s'accorder avec une facilité déconcertante à tout ce qui est gris dans l'âme.
Bien sur elle ne manque pas de tord ou de cliché, on croirait y voir danser la reine des damnés, peau contre peau, dans une ambiance torride et mortifère. Ce qui est gris trouble l'âme, au même titre que cette musique, et que parfois, deux pierres lancées dans l'eau au même instant produisent des ridules qui se déplacent  à la même vitesse.
Et c'est pas rapide, c'est comme le changement de formes des nuages, on y distingue un moment un visage, une bête, un objet, et puis l'image se meut, mais semble perdurer dans notre esprit, avant qu'enfin elle disparaisse pour recomposer autre chose.
Il y à dans ce chant parfois une peine immense, comme une main qui vous saisit le cœur, et tantôt pourtant, comme on l'a dit avant, une chaleur sur la peau du visage. Et fusse t'elle un piège, on la préférera toujours au froid de ces notes.

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Sigur Rós - ÁTTA

 











2023
Von Dur Limited
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Bah mec , tu écoute un disque triste alors que tu est triste à la base. C'est de la tristesse au carré, c'est plus violent qu'un coup de pied dans les burnes, ça tue lentement, c'est insidieux, invisible, silencieux. C'est larvé en toi, c'est dans ton esprit comme une tumeur accroché à tes sentiment. Le blanc est gris, le gris est noir, cinquante nuances de noir.
Bien sur qu'il est triste ce disque des islandais les plus connu du monde après Bjork (la queen), surtout que, ayant dépassé le post rock d’antan (il était temps), les voilà armés d'un orchestre symphonique pour s'accompagner. Même Jonsi semble  plus mature, plus lent dans son chant, les aigus se fond  plus rond, les graves vibre plus dans les tripes.
Et oui bon sang, ça ne respire pas la joie de vivre, globalement, malgré quelques salutaire rayons de soleil cachés dans certain morceaux comme autant de pépite. Enfin qu'on se rassure, il y aura ce morceau qui monte lentement avant d'éclater en apothéose, piano et cordes s'enivrerons ensemble. La guitare n'est pas en reste totalement, après avoir désespéré sur la première moitié du disque, quelques accords nous sèvrent pour de bon, alors qu'on aurait aimé en avoir un peu plus.
C'était bien, sans plus.

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Blackshape - Blackshape

 











2023
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Le Gouffre

Pascal avait son gouffre, avec lui se mouvant.
— Hélas ! tout est abîme, — action, désir, rêve,
Parole ! et sur mon poil qui tout droit se relève
Mainte fois de la Peur je sens passer le vent.

En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève,
Le silence, l’espace affreux et captivant…
Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant
Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve.

J’ai peur du sommeil comme on a peur d’un grand trou,
Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où ;
Je ne vois qu’infini par toutes les fenêtres,

Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Jalouse du néant l’insensibilité.
— Ah ! ne jamais sortir des Nombres et des Êtres ! 

Baudelaire.

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Woods of Desolation - The Falling Tide

 











2023
Season of Mist
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J'aurais tout essayer aujourd'hui, il n'y eu que celui ci qui trouva grâce à mes oreilles parce que pourquoi pas. J'ignore quels affects souterrains me poussèrent dans sa direction, même si je sens bien que récemment mes gouts semblent me pousser vers ce genre de productions. Balloter par mes affects comme Ulysse par le caprice de dieux mesquins,  il me semble que j'incline vers une forme de musique un peu plus extrême. Le moi du lycée avait fixé sa limite à Gojira dans l'audible, et  pour longtemps, et sans doute à l'époque aurais je vomi une telle musique. Et nous déroulons le fil de l'histoire, la généalogie musicale se fait, parfois clair, parfois brumeuse. C'est peut  être la claque Deafheaven pour moi en 2013 qui ouvrit la porte ? Il faut bien commencer par un bout. Après tout, je suis venu à Philip.K.Dick par Bernard Werber. Aujourd'hui j'ai l'intégrale de K.Dick chez moi et j'ai vendu ou donné tout mes Werber, je ne peut plus lire  une ligne du français sans souffler très fort par le nez d’exaspération.  J'aime toujours Gojira pour autant, mais me sens plus proche de Deafheaven.
Bon il s'agit quand même de Woods of Desolation, un groupe qui à un peu d'expérience, et comme qui beaucoup, je découvre seulement maintenant via son dernier album.
The Falling Tide vogue vers la ou le vent souffle. La production est impeccable, l'orchestration est efficace et puissante et le chant est émotionnellement chargé, on est quand même sur une nuance de black métal. J'emmerde les puristes, j'en ai été un, j'en suis revenu.
Franchement, j'aime. J'ai pu écouter que ça aujourd'hui. J'ai du supprimer une quinzaine d'album de bandcamp en tentant d'écouter des choses que j'avais mis de cotés, et  lui je l'avais déjà sous l'oreille, et j'ai pu écouter que ça. La vérité ne m’intéresse pas, je veut juste encore trainer les tympans sur ces murs de guitares, sur ce duo basse batterie fusionnel et sur ma laisser émouvoir par le chant dans cet assemble de cathédrale sonore traversé de lumière.

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BRUIT ≤ - Apologie du temps perdu, Vol. 1


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2023
Bandcamp

Le vieil homme me regarda droit dans les yeux, un regard sans crainte apaisé, pas résigné, y brulait encore, on le sentait, une flamme, ou une braise sous les cendres, qui ne s(éteindrait qu'a sa mort. Simplement, il y avait un age  ou même les plus résolu se sentent gagné par la lassitude. Certains vivent le calvaire de Sisyphe, d'autres arrêtent tout simplement, la flamme baisse en intensité, devient une flammèche, une étincelle, une scorie. 
"C'est que dès l'école on éduque les gens à être de bons citoyens qui ne renâcleront pas trop, qui gueuleront pas trop." Il rit en prononçant ces derniers mots, comme gêné par ses propres paroles. Il reprit.
"Mais vivre c'est pas bosser comme un dingue, métro boulot dodo ... C'est pas vrai ça c'est pas vivre, c'est être esclave, mais pas vivre.
Pour moi j'ai qu'une vie, c'qui m'importe c'est de la vivre.Si je la vie mal ça regarde personne que moi, la vivre bien c'est pas avoir de l'argent, la vivre bien c'est vivre !"
Un éclat nouveau brillait dans le regard de l'homme, quelque chose d'ancien semblait palpiter, irriguer ce corps marqué et usé par une vie de labeur, plus vif, le teint plus rouge, comme un printemps de cœur. 
"Prendre son temps, boire un verre, discuter comme on fait  maintenant, rien foutre ! Perdre son temps c'est la plus merveilleuse façon de le gagner ! Alors les gens qui disent que le temps c'est de l'argent c'est pas vrai ça ! Mais perdre son temps c'est fabuleux tu rêves, tu te laisse allez ..."
Et son regard se perdit dans le rêve, et je n'osais pas le réveiller.

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Vale - A Senseless Procession

 











2023
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Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas frotté  à un album mêlant musique folk et post black métal. J'essaie d'être le plus précis  possible et c'est une description valide. Il y a dans le brouillard des formes mouvante, des échos du passé qui prennent furtivement formes dans les tourbillons blanc de la brume. Inlassablement cette musique me ramène vers le nord, magnétique, cartographique, mental, physique. Inlassablement, il aura suffit de quelques arpèges joué sur une guitare sèche en guise d'introduction pour que m'apparaisse tout les clichés liés à cette musique. Si je joue du putain d’accordéon, est ce que je suis à Paris ?
Si je joue la musique de Vale, est ce que je suis pas en train de marcher pieds nus dans la bruyère ? Paradoxalement, je trouve ces mélodies très évocatrices du silence. Quand  j'imagine ces grands espaces que suggère mon esprit, à la musique de Vale vient le silence.
La puissance évocatrice des américains n'a d'égales que le labyrinthe sonore auquel il invite à entrer. Et c'est le baiser de la mort au moment ou se referme les portes derrière toi. Me voilà Icare cherchant la lumière. A Senseless Proccession à le gout de ces whisky tourbeux, doux au plais avec un retour fort, des notes de bois brûlé, un peu de sucre, quelques fleurs et fruits, et ça vaut toujours mieux que Paris, cette putain de nécropole de merde qui pue la pisse et la merde.
Et puis quelle grâce putain, quelle musicalité, même dans ces  hurlements qui parle de la mère, même dans ce murmure qui parle d'amour, tout y est débordant d'émotions. Le chant aime, comme on aime, quand les tripes se tordent, quand le sueur coule, quand le cœur bat trop vite, quand il est pris au désespoir.
Alors il s'élève enfin.

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The Ocean - Holocene

 











2023
Pelagic Records
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Tout le concept tient dans peu : écrire de la musique sur ces époque géologiques, en inventer une ambiance, un son, une idée. Avec un nom pareil, probablement le plus post rock possible qu'il soit, The Ocean ne pouvait faire que du post rock. Ou plutôt son penchant métal, progressif.
Mais pas bêtement post non plus. Pas simplement consommable. Avec un supplément d'âme, comme le vin que mon caviste arrive toujours à me faire acheter (il est très bon, mais pas donné). Sont ce des trompettes ? Oui. Et pourquoi pas après tout. Et parlons en de ces introductions de chansons, sur lesquelles plane l'esprit de Trent Reznor, on est pas dupe. On à reconnu ce son en arrière plan, ce synthé langoureux, et là ces petites notes de pianos, c'est signé, allez j’accorde le bénéfice du doute. Quand à cette façon de chanter, de la à dire que ça s'inspire du frontman de NIN, il n'y à qu'un pas que je franchis allègrement. J'ai des marottes, je me soigne, j'essaye.
Mais putain ce "Atlantic" si c'est pas des chutes de NIN merdes.
J’arrête. Quand je veux.
J'ai peut  être visé complètement  à coté de l'album, et suis passé  à coté de l'essentiel.
L'album est une masterclass. De l'écriture, à la composition et  à la production, c'est du Gucci. Tout y est très travaillé. Les six musiciens du groupe allemand vont trainer les morceaux en longueur sans y perdre en intensité. La musique y monte en lent crescendo avant d'éclater comme un orage qui se libère. La tension est palpable sur certain morceaux, avec un sentiment d'urgence mis en valeur par la les alternance de tempo, ou quand s’arrête la violence, on sent qu'elle rampe en sous texte derrière quelques notes anodines. S'il est prévisible, je salut chaudement la diversité des compositions, le travail sur le chant qui explore une vaste palette de nuances, secondé par des backing vocals qui n'hésitent pas  à donner de la profondeur à certains passages. Jamais loin le hurlement, jamais loin le murmure. Jamais loin le mur de guitares et une double pédale d'artillerie lourde, et jamais loin l'angoissante introduction avec ces bruites de machines étrange.
Holocene fait parti de ces innombrables albums sur lesquels plane l'ombre du covid et du confinement, on à pas encore idée de l'impact de cet événement sur la production artistique, cette période restera toujours un peu particulière, à lire, à écouter, à voir , à regarder.

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Oculi Melancholiarum - Euphorbia

 











2023
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Et elle l'a fait seule. Ou peu s'en faut. J'ai une passion pour les albums fait de A à Z par la même personne. Moi même d'un tempérament solitaire, j'ai du respect pour ces bourreaux de travail qui écrivent, composent, et enregistrent eux même leurs musiques du début à la fin.
Victoria Carmilla Hazemaze (VCH) est une auteure compositrice mexicaine qui n'en n'est pas à son premier coup d’essai dans la musique métal, et plutôt black métal, et plutôt cette nuance qu'on appelle le dépressive black métal, ou blackgaze. VCH est  donc à l'intersection de plusieurs chose que j'apprécie.  La somme de travail pour accoucher d'un tel album semble colossale. Avec presque une heure de musique, Euphorbia prend largement le temps d'explorer les nombreuses facettes de cette musique si riche. C'est bien du coté de ces sous genres que la créativité semble s'orienter aujourd'hui.
Si l'essence demeure, une musique sombre, au chant torturé, rapide et bruyante, l'addition de la nuances permet à toute une palette musicale de s'exprimer. Ainsi il n'est pas rare que quelques claviers viennent s'inviter en filigrane dans les  morceaux.
Les introductions des morceaux peuvent aussi être très douce, avec un chant féminin comme susurré derrière l'oreille. Quelques arpèges de guitares solitairee sont aussi une pause bienvenue dans certains morceaux, une respiration nécessaire  pour apprécier  toute la justesse et toute la richesse de cette musique. Qu'on se rassure, l'essentiel est là.
Euphorbia semble quand même plus lumineux que ses prédécesseurs, plus apaisé, moins en proie aux doutes, même s'il contient son lot d'errance solitaire de l'âme. Tout transpire la classe dans cet album qui mérite qu'on s'y attarde.
Vous pouvez soutenir VCH sur sa page Patreon, elle n'a ni label ni maison de disque, ou alors en achetant la version cassette audio pour les collectionneurs.

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Sadness // Abriction - Sadness // Abriction

 











2023
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Difficile de se pencher sereinement sur la discographie de Sadness, tant il est prolifique et inventif. A raison de plusieurs albums, EP et singles par ans, on est à peine rassasié du dernier que le service reprend. Comme dans chaque créations, il y à des  hauts et des bas, et puis plus rarement, des sommets.
Alors j'ai chaussé mes crampons, enfilé mon équipements d'alpiniste pour partir  à l'assaut de cet "EP" de une heure et quinze minutes... Dont la dernière piste ne fait pas moins de vingt et une minutes, pour  moi c'est du caviar, car j'ai le gouts des morceaux très longs. Et d'autant plus dans ce sytyle bien propre qu'ils proposent. Je dit "ils" car cette fois l'invité est une invitée. Meredith, aka Abriction, est venue prêter main forte à Anton Ojeda, aka Sadness. Le black métal dépressif auquel on nous avait habitué s'est donc teinté cette fois de petit interludes de bruits de pluie, de quelques notes de marimba joués sur un clavier avec de l'écho, et plus généreusement, d'un peu de lumière, le chant se fait plus clair, même s'il est toujours relégué au second plan.
En fait il serait difficile d'évoquer sereinement ne serait ce que cet album ci. Il part absolument dans tout les sens, entre métal, post rock, ambient, shoegaze, pop punk, ce disque est fou. Il est à l'image de sadness, artiste si prolifique qu'à seulement vingt six ans, il joue et compose dans cinq groupes, rien qu'avec Sadness, sa page bandcamp compte  plus de quarante album à écouter, solo, EP ou split de talent. L'américain est comme un requin, ces derniers, s'ils s’arrêtent de nager, meurent. Lui s'il s'arrête de composer et de jouer, que ce passerait il ?

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How To Disappear Completely - Seraphim II

 











2023
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Stefan Sweig est d'une limpidité que je n'ai jamais rencontré encore dans ma vie littéraire. Sans sacrifier au style ni à la hauteur, il débarrasse sa prose d'absolument tout le superflu, allant droit au but. C'est ce qui en fait un auteur si agréable et fluide à lire. Son talent s'exprime à chaque ligne, jamais vulgaire, jamais pédant, mais toujours juste. "Le Monde D'hier" est son ouvrage testament, le dernier écrit avant son suicide. On y traverse le vieil empire austro hongrois d'avant la première guerre mondiale, l’Autriche d’après la guerre, ruiné en proie  à l'inflation. On y croise, éblouit, Auguste Rodin, Hoffmanstal, Paul Valéry, James Joyce, Richard Strauss ou Rainer Maria Rilke.
Lucide et froid, la dernière partie du livre fait l'histoire de la montée du nazisme en Allemagne vu par Sweig, avant l'exil et la mort. On reste pensif  à la lecture d'une vie si complète et riche. Le lecteur curieux comme moi aura rajouté, en fin de compte, une dizaine d'auteurs et de poètes à sa liste déjà si longue et infini de chose à lire


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Milanku - A l'Aube

 











2023
Folivora Records
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Ais je déjà lu une meilleure description de ma vie autre part que chez Marx ? Dans le "manuscrit de 1844" , ce très fameux paragraphe sur l'aliénation du travail ? Non. Marx me parle à moi à chaque mots de ce petit texte si riche et vaste dans les buts qu'ils ne fait qu'entrapercevoir.
Rien à voir avec la musique, on arguera, mais en fait si. Puisque souvent, quand je rentre chez moi, je suis trop fatigué pour écouter de la musique, sans parler même de lire. La musique est trop importante pour moi pour être écouté dans un état de semi concentration, il faut que je m'y consacre pleinement et consciemment , et donc avoir encore un peu d'énergie à disposition pour ce faire. J'en écoute beaucoup au travail, dans ma voiture de service, car je suis seul, mais une fois de plus on est pas totalement à ce que l'on fait au travail, on n'y pratique pas l'art de l'écoute, on y ressent peu de chose, car tout est terne et gris.
Je jette les mots comme ils me viennent , je ne me relis presque jamais, je ne fais que survoler le texte pour saisir les erreurs que j'aurais pu faire. J'aime l'aspect brute de la pensée comme elle est.
Mais je peut aimer une musique ciselé, travaillé avec soins, avec la patience de l'artisan face à l'objet de sa quête. C'est pour ça que j'aime A l'Aube, de Milanku.
Tout le monde ne vas aimer ce post rock incisif, ou se mêle élément progressif et chant hardcore, mais j'en jurerais, à l'écoute je me sens un peu mieux.
Quand à moi chaque matin, j'ai le privilège d'assister à l'aube naissante, été comme hiver, le seul et unique petit point positif de mon quotidien au travail.

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Liongeist - S/T

 











2023
Liongeist
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Enfin l'eau, venue lécher une terre sèche et craquante sous les chaussure. Enfin le répit, nous ne mourrons pas de soif, pas cette années. L'odeur de la terre humide remonte depuis le petit parcs en bas de chez moi. On appelle cela le pétrichor, l'odeur après l'averse. Cela  peut aussi bien être l'odeur du béton humide, qui recèle aussi en son seins mille senteurs des villes, du poissonnier du marché de la place à celle de la pisse de chien, rincé par un écoulement bienvenu. La pluie lave ma rue et ma mélancolie. Le gris égalise la lumière venu du ciel. A peine y distingue on quelques mouettes et  pigeons qui volent ici et là en quête de nourriture. Dans le petit théâtre de ma rue, le décor se pare de belle fleur blanche en éclosion sur les magnolias, les bourgeon vert explose sous les coup de boutoir de la vie qui renait, et déjà, on peut de nouveau sentir les parfums de la rôtisserie qui vole jusqu’à moi, les cris des écoliers à l'heure de la récréation, les invective des étudiants qui mangent en bas de chez moi entre midi et deux. Comme il est bon de ressentir  à nouveau tout les parfums de l'existence, fussent ils désagréable.

Il y à chez Liongeist comme cette ambiance  un peu grise, entre deux, qui caractérise le printemps. C'est une période propice aux mélancolies les plus dures comme aux étincelles les plus forte. Entièrement instrumental, l'album permet qu'on veuille bien y coller nos propres émotions sur la musique, comme dans les bandes dessinées de Jason (les personnages on de grands yeux blanc inexpressif, et c'est au lecteur d'y coller les émotions qu'il veux que les personnages aient). C'est tout pareil ici. Musicalement, c'est du lourd, on est dans une vibration heavy post rock, avec tout ce que cela  implique. Deux guitares se partage la rythmique et les arpèges, une batterie lente et puissante et une basse tout en lourdeur, au son gras qui prend aux tripes. Les morceaux de bravoure s'y enchaine sans jamais être ennuyeux, le disque est juste, la longueur est bonne, la musique y change l'âme juste ce qu'il faut pour qu'après l'écoute, on reste un instant saisit, immobile, à se demander si on le ré écoute ou bien si l'on ne sortirait pas respirer le pétrichor.

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Ghinzu - Blow

 











2004
[PIAS]
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Encore aujourd'hui, près de vingt ans après, un frisson me parcours l'échine. Mais il faut remonter dans le temps.
Car c'est au début des années 2000 que j'ai commencé  à écouter de la musique curieusement, et  plus seulement à la radio. C'est vers cette période que le rock en général à connue  un regain de  popularité et peut être sa dernière vague d'inventivité, avec en chef de file le succès d'un groupe comme les Strokes. Moi, je n'ai jamais aimer tant les Strokes. Bien sur j'aime quelques chansons, mais comment dire...meh.
Aussi vers cette période, le rock belge et monté avec la vague comme les autres, et donc Ghinzu.
En contextualisant, il faut bien admettre que beaucoup de médias étais en recherche de groupes de rock, télévision, radio, presse écumait alors Myspace et d'autre moins connu pour remplir la grille. A cette époque, Ghinzu avait déjà sorti un album en 1999, l'oubliable Electronic Jacuzzi, et allait déferler sur l'Europe avec son premier single "Do You Read Me", écouter ad nauseam absolument partout.
Passer cette introduction, on comprend pourquoi cette chanson fut choisit pour être un single, elle est de loin la plus classique dans sa conception, et bénéficia d'un radio edit de trois minutes parfait pour les ondes, les passages télé, et le streaming balbutiant. Moi qui ai eu la chance de les voir en concert , je peut témoigner qu'a la seconde ou l'on démarrait cette chanson pour clore  un set, la foule devenait hystérique, et pourtant, je m'en souvient encore, on transpirait, beaucoup, et nos dents crissaient dans nos bouches a force d'aspirer la poussière. Les corps serré se serraient encore, on ne sentait plus rien, il fallait sauter jusqu’à que le cœur nous soit en dehors de la bouche.
Pour celui qui, un peu curieux, écoute l'album en entier, il trouvera qu'a la lumière d'un single, un peu simple quoique militairement efficace, le reste de l'album mérite une écoute attentive, et  même qu'on pourrait se dire qu'on a bien sous estimé les talents de ces belges..
Notons que l'album est  très mélancolique dans sa manière d'aborder la musique, un peu de tristesse perce toujours ici  et là. Je m'en voudrais de faire une description chansons par chansons, car personne ne les lis jamais (personne ne lis ce blog), aussi j'aimerais vous communiquer, essayer du moins, mon enthousiasme pour cet album éclectique ou se mêle rock pour crooner, post rock, ballade au piano, déchainement de guitares et petite  pépite pop dans un ensemble d'une cohérence rare. C'est ici que Ghinzu à atteint son apogée. Un troisième plus tard, ils cesseront d'être, laissant  à la postérité un album de ce qui se fit de mieux durant cette période.
A la fin on reste les bras ballants, secoué, et puis  on rejoint ses  amis, le sourire aux lèvres, et  on va boire des bières pour s'enlever la poussière de la bouche.

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Fireworks - Higher Lonely Power

 











2023
Funeral Plant Collective
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Est ce que l'on continuera d'écrire des chansons d'amours triste jusqu’à la fin du monde ? J'espère bien que oui personnellement. Entre dépit amoureux et rejet de dieu, Fireworks anime le début de l'année 2023 avec un album qui zappe entre petites balles punk, ballades rock et un post rock plus froid, en accord avec les thème abordés dans l'album, qui sont, sans surprise, dieu, l'amour et la mort.
L'album se veut comme les réflexions d'un homme perdu, en pleine introspection, et alterne les périodes d'apathie puis de violence, dans un maelstrom d'émotions contradictoire, comme le ferait quelqu'un en pleine crise. Et c'est une recette qu'on connais bien, mais on ne demande pas à un groupe de ré inventer la roue. Force est de constaté que ça fonctionne. Le groupe comporte six membres, ce qui lui  permet d'agrémenter sa musique d'effets électroniques et de chœurs par exemple, avec pour résultat qu'on ne s'ennuie jamais en écoutant ce deuxième album qu'on qualifiera sans trembler de très bon, au mieux brillant. La mélancolie n'est jamais loin ici, entre un piano fragile d’où survient un mur de guitares explosif, voilà un album pour les perdus, dont je fus. Et bien évidemment, meilleurs vœux à vous, soyez bon.

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