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Beach Fossils - Bunny

 











2023
Bayonet Record
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Dire qu'on l'attendait serais un euphémisme. J'assume de dire que Beach Fossils est probablement l'un des meilleur groupe de pop rock en activité. On y retrouve avec délice cette musique aérienne, mélodieuse, caractéristique des new yorkais. Avec Bunny, c'est une fois de plus le retour en grâce du genre bedroom pop, à savoir cette musique qu'on écoute seul, dans sa chambre, soit en lisant, soit en fixant le plafond l'air absent, perdu dans nos pensées. Le travail sur l'écriture des chansons est sans doute à ce jour le plus intime, personnel et vibrant que le groupe délivre. On y parle de paternité, de lutte contre la maladie ou bien de la joie toute simple de se trouver avec des amis. Ces choses banales dont est faite l’existence et mis en abîme par un groupe au sommet de son art.
Tout semble gloomy sur cet album, ou l'on évolue au sein d'une brume lumineuse, éboulit et chancelant. Car une fois de plus, les compositions du groupe sont juste lumineuse. De cette lumière métaphorique bien sur, qui peut saisir le cœur à l'écoute des onze gemmes qui constituent ce disque.Bunny est un hymne  à la vie, avec ses cotés sombres, ses peines, ses larmes mais aussi ses rires, ses  joies simple de l’existence qui plurent tant à Nietzsche qu'il en fit des ouvrages.
Qu'on se fit peu à l'expression du lapin de la pochette du disque, est il heureux  ou inquiet, surpris même ? Il représente bien l'état d'esprit qui règne sur cet album, pris dans les émotions contradictoires qui nous traverse et nous affecte ne serait ce que dans une seule journée, avec peu ou toute intensité. Il est la bonne expression de ce qui nous arrive, lorsque nous sous trouvons balloté ici et là par nos affects et nos émotions, barreur d'une embarcation qui lutterait  pour ne pas couler.


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Fog Lake - midnight society

 











2023
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Je n'avais pas écouter Fog Lake depuis 2014, depuis  ce Virgo Indigo incroyablement cosy. Ici on se coulera avec d'autant plus de  plaisir dans cette société de minuit, qui passé la première  impression de société secrète d'un mauvais film d'espionnage, prend tout son sens. Est ce  à minuit qu'a été enregistré ce disque, au milieu de la nuit, et surtout, est à minuit que l'on prend des photo aussi étrange que cette pochette, mi brumeuse, mi maison de  poupées hantée, et moi il me semble  distinguer  un œil bien humain juste au dessus là, sauf qu'a cette organe solitaire, je ne sais pas s'il semble saisit de terreur ou bien en proie  à une rage aveugle, est il extatique ? Est  il mortifié ?

La musique du compositeur canadien explore à fond la palette d'émotion du spleen, ce sentiment qui prend  parfois au cœur parce que c'est meilleur ainsi. De cette bedroom pop tendre et langoureuse, on s'y délasse sans hésitation. En hiver ce disque m'aurait foutu un cafard  pas possible,il me rend  là juste mélancolique. Mais promesse est prise de le ré écouter en novembre, la pluie battant sur mes vitres, et alors ... Toujours ce rythme de battement de cœur, ces quelques notes de  pianos triste, cette guitare discrète. J'avais dit à l'époque qu'il s'agissait d'un successeur de Sparklehorse, et je remet le couvert aujourd'hui,sans hésiter. Si c'est votre truc, ça s'écoute bien allonger, ou alors en roulant la nuit, mais gare au cerf blanc.

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How To Disappear Completely - Seraphim II

 











2023
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Stefan Sweig est d'une limpidité que je n'ai jamais rencontré encore dans ma vie littéraire. Sans sacrifier au style ni à la hauteur, il débarrasse sa prose d'absolument tout le superflu, allant droit au but. C'est ce qui en fait un auteur si agréable et fluide à lire. Son talent s'exprime à chaque ligne, jamais vulgaire, jamais pédant, mais toujours juste. "Le Monde D'hier" est son ouvrage testament, le dernier écrit avant son suicide. On y traverse le vieil empire austro hongrois d'avant la première guerre mondiale, l’Autriche d’après la guerre, ruiné en proie  à l'inflation. On y croise, éblouit, Auguste Rodin, Hoffmanstal, Paul Valéry, James Joyce, Richard Strauss ou Rainer Maria Rilke.
Lucide et froid, la dernière partie du livre fait l'histoire de la montée du nazisme en Allemagne vu par Sweig, avant l'exil et la mort. On reste pensif  à la lecture d'une vie si complète et riche. Le lecteur curieux comme moi aura rajouté, en fin de compte, une dizaine d'auteurs et de poètes à sa liste déjà si longue et infini de chose à lire


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Ambalek - Lull

 











2023

Seil Records
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Chaque disque de Seil Records mérite qu'on s’arrête sur lui, qu’on lui prête une oreille curieuse et naïve. Et si l'on aime pas, et bien passons juste notre chemin, au moins aurons nous fait l'effort de la curiosité simple et sans apriori. Car pour qui sait apprécier cette musique là, c'est une mine d'or. Seil Records le sait, eux qui ne font guère que des formats physique en K7 audio (!) , leur public est une niche musicale. Une petite niche.
Mais  pour qui sait chercher, pour qui sait apprécier le hasard de la découverte, ce petit intervalle qu'est la musique ambient n'est ni plus ni moins qu'un des écosystèmes les plus riches qui existe. A l'instar de ces explorateur qui, croyant les les grands fonds  marins morts et stériles, furent stupéfaits d'y trouver la vie, une vie riche et exubérante, singulière et varié, inconnue et bizarre.
C'est avec cette gaité simple, presque enfantine, qu'il faut entreprendre les disque de ce label. La vie moderne ne laisse plus guère le temps d'écouter un disque, à moins d'être tout  à fait passionné comme peu le sont, dont j'estime faire parti. Et il ne s'agit pas  là de juger  ou de critiquer. Nos vies sont ce qu'elles sont, entre nos choix et nos déterminismes, nous marchons sur un fil tendu au dessus de l'abîme. Moi qui prend ce temps nécessaire à l'écoute, je conçoit que d'autres ne l'aient pas, ou qu'ils n'en aient pas envie.
Ambalek dit que ce disque à été enregistré sur une année, et que les morceaux qui le compose sont des intermèdes entre deux moments plus significatif, "Des histoires glanées de la césure de la vie". C'est tout son talent d'avoir mis en musique ces moments de l’existence qui compose la majorité de la vie, ou il ne se passe rien. C'est sa nature contemplative qui se met en musique, et par écho, la mienne.

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Jogging House - Danger

 










 

2023
Bandcamp

S'abstraire du réel est l'un des pouvoir de cette musique. Non pas qu'elle même soit une abstraction, mais elle est bien un chemin, un passage vers quelque chose. On aurait de la peine d'en décrire toutes les ramifications. Après tout, de quoi Danger est il le nom ? Je ne me suis jamais senti en danger à son écoute, bien au contraire. Alors, l'ais je compris, cette musique, ou bien l'ais je loupé ? "A common language, a whisper throught fears". Telle est l'inscription cryptique gravée au fronton de Jogging House pour cet album. Alors peut être s'agit il d'un jeu entre le compositeur et l'auditeur, pour joué sur la contradiction entre le contenant et le contenu, peut être n'est ce qu'une blague de l'auteur, peut être qu'il n'est pas toujours nécessaire de chercher un sens à ce que l'on perçoit, comme nous y enjoint Nietzsche ? Peut être que la vérité se trouve entre les deux, si jamais la vérité est un concept qui à encore du sens.

J'ai pris mon parti d'y voir une illustration de la pochette de l'album. Cette forêt lumineuse me parait une bien meilleur illustration de cette musique que ce nom vaguement menaçant. Armé de quelques synthés analogiques et d'un kalimba, Jogging House délivre près de cinquante minutes de musique éthéré et aérienne. Je n'ai pas eu peur à l'écoute de cet album, ou enregistrements se mêlent aux nappes de synthétiseurs, petit ruisseau, forêt, voix d'enfants.

Peut être s'agit il, dans le fond, du danger, de la peur, de la crainte de  perdre ce sens du merveilleux que procure la musique, ou bien tout ça m'échappe complètement. J'ai aimé ne pas comprendre, il faut savoir ne pas tout comprendre, juste l'apprécier.

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JW Francis - Dream House

 











2023
Sunday Best Recordings
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Chaque années, quelques semaines avant la saint Valentin , JW Francis demande  à ses fans de lui envoyer le nom de leur Valentin.e et la raison pour laquelle il ou elle l'aime. Il sélectionne ceux qui lui paraissent intéressante et en fait une chanson. Après trois ans de travail et près de trois cent messages, douze chansons ont été enregistré certaine en une fois, certaine demandant des semaine de travail.
C'est en tout cas un bien beau mélange. On reste bien sur dans la veine de ce que le new-yorkais nous a habitué. Un savant dosage pop rock, tirant vers l'indie, parfois vers ce genre cotonneux et doux qu'on appelle le bedroom pop. Douze chansons d'amour pas toute heureuse, car le musicien y a insufflé un peu de lui, lui qui ne parle que de lui. N’empêche que l'on chanta rarement si bien l'amour. Facile d'imaginer deux amants éperdus d'amour, se regardant dans les yeux, et à contrario, la tristesse de deux corps s'éloignant inexorablement sur leurs orbites respectives. Parfois c'est pour la vie, parfois, on ne fait que se croiser. Alors JW Francis, de sa voix un peu blasé, avec ce son pas tout à fait propre, chante avec  justesse et tendresse une séparation.
C'est en explorant sa propre  histoire qu'il met le mieux en relief celles des autres, et rarement l'on chanta mieux l'amour, et s'il n’existe qu'une seconde, au moins aura t-il existé.

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Paperbark - Breathable Changes

 











2022
Seil Records
Bandcamp

Je coule. Je coule depuis le fond de mon lit. Je tend les mains vers le plafond dans un geste pathétique pour saisir la surface, le plafond de ma chambre. Nuit, c'est déjà là nuit, un trait orange zèbre le mur blanc et nu. Froid, il fait froid, la chaudière s'allume toute les demi heure pour maintenir une température supportable, mais je suis immobile et ne produit pas de chaleur.
Nue, je suis nue, l’insupportable corset de mes vêtements gît au pied du lit, épars sur le sol en lino. Seul la couette semble une armure.
J'ai tant de mal à dormir ces dernier temps, je reste éveillé, et mon esprit ne connait aucun repos. Mon cerveau est une machine folle lancer au cœur des ténèbres.
Il n'y à plus de rites de passage à l'age adulte, la frontière semble si flou à présent. J'ai grandis, j'ai échangé des peurs contre des angoisses, des angoisses contre de nouvelles peurs. Rien n'a changé, on est toujours cet enfant. L'enfance est une ancre, un boulet qu'il faut trancher, l'enfance n'est que névrose, les mêmes deviendront nécrose ds l’esprit quand, à l'age adulte, du moins quand notre croissance se termine.
Mes yeux fixe le noir, en fœtus sur le matelas, enroulée maternellement dans la couette épaisse et chaude, je recréé chaque nuit le dernier endroit ou je connus la paix véritablement.

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