Dire que je l'attendais relèverait de l'euphémisme. Après le magistral "Ordinaty Corrupt Human Love" (2018), monumental par sa virtuosité et sa puissance, après "Infinite Granite" (2021), plus mélodique, faussement calme, qui explorait une facette plus introspective du groupe, le quintet de San Francisco revient avec "Lonely People With Power", son dernier album. Dire qu'on se demandait quelle direction allait prendre le groupe est peu de le dire. Allait-il continuer dans cette veine plus mélodieuse, shoegaze, et délaisser le chant métallique de ses débuts, ou bien revenir à quelque chose de plus violent, de plus brute ? Et quid de cette troisième option qui consisterait à en faire une synthèse performative ? Après cinq albums, on pouvait légitimement se poser des questions. Deafheaven à habitué depuis tant d'années à des productions de haut vol, imaginative, riches et denses, et on pouvait se demander à quel moment le niveau baisserait. Et bien qu'on se rassure, ce ne sera pas en 2025 que le groupe aura faibli (si tant est qu'on parte de si haut). C'est dans cette troisième voix que s'est engouffré le groupe, fusion de la fureur des débuts avec les mélodies aérienne de l'avant-dernier album. Les fans seront comblé, la ligne est tenue, le niveau est exceptionnel. La richesse des compositions est simplement incroyable, dépassant leurs dernières productions. Le jeu de guitare de Kerry McCoy et Shiv Mehra s'est enrichi d'une nouvelle gamme de sonorité, sans parler des solos dantesque et des pièces de bravoures présente sur chaque morceau et pour chaque style. Que cela soit ce sont shoegaze qui a fait leur succès au départ, les influences métal, voir un passage par l'ambiant atmosphérique à base de plages de guitare lancinante. Un morceau comme Winona est juste un rouleau compresseur qui emporte tout sur son passage, balayant doutes et certitudes, sur fond de batterie à la cadence de mitraillette. L'album s'achève sur un final onirique tout en puissance contenue, on en reste pantois, soufflé par un album encore plus fournit que ses prédécesseurs, et un groupe qui confirme sa place parmis les meilleurs de sa génération. Le meilleur album de DeafHeaven depuis le dernier, et ainsi de suite depuis 2011.
J'aime le paradoxe entre cette superbe journée de printemps et l'écoute de cet album qui est une créature de l'hiver, mais sans le froid suintant. Encore qu'il suinte, parfois, ce disque. Des échos de musique électronique, il en est question jusqu'à ce que la peau se change en écailles de serpents. Ces claviers qui m'ont marqué d'entré de jeu me semblent faits pour les reptiles. Tout est une d'une tristesse infinie, mais beau aussi. Ne serait ce que ce chant jamais si clair, presque une anomalie tant il paraît occasionnellement chaleureux dans un album ou la mélancolie paraît reine. Ça passe de l'électronique, aux guitares métal puis à la techno de club sans se prendre la tête, de toute façon ce disque est de ce qui se danse dans la pénombre. Dodeliner la tête et les faire tourner lentement les hanches me semble une bonne manière d'apprécier l'écoute, car après avoir soufflé le givre de sa pochette, on y découvre des espaces de sensualité bienvenue. Amateur de club gothique bienvenue, soyez témoin que les anglais (seul capable de produire une musique comme celle-ci, question de climat sans doute), n'ont jamais dévié d'un iota de la voix tracé depuis plus de quinze ans maintenant, et s'ils ne sont jamais sortis des clous, explorant d'une oreille curieuse et vorace, ils sont toujours revenus à la maison. The Horrors a le gout de l'adolescence, des émotions qu'on ressent plus fort, et des corps qui se cherchent.
C'est anglais, c'est pas mal non ? On pense tout de suite à Fontaines D.C pour l'ambiance, mais comparaison n'est pas raison. Si la filiation semble évidente, il serait réducteur de se cantonner à étiqueter le groupe de Brighton comme un énième bourgeonnement de ce mouvement gazeux, aux frontières du post punk et du rock. Il y a quelque chose de grotesque et bouffis dans la musique de ces anglais-là. Non pas en mal, mais dans l'expression même de leur musique. Quelque chose de gonflé qui les éloigne de leurs cousins anglais qui sonnent plus propres qu'eux. La batterie est lourde, métronomique, les cordes sont grasses, dégoulinantes. La basse est lourde, prend aux tripes. La guitare collante. Et pourtant le tout pourrait aisément se danser dans une rave dégénérée ou s'afficherait une collection de freaks comme on en voit plus. Le chant hurle, murmure, susurre, il est entêtant, parfois dérangeant. Il parle et il dérange comme la Cassandre moderne que nous ne voudrions pas croire en dépit du bon sens. Et toujours chez Ditz, un sens du rythme qui fait plaisir. Des refrains qui vont déchaîner la foule, la faire suer, la mettre en transe sous ce matraquage stroboscopique en bonne et du forme et ces paroles répétées à l'envi comme des mantras de prêcheur fou.
Je connais peu Mogwai. Et The Bad Fire est leur onzième album, c'est dire si j'accuse un retard béant. C'est beaucoup pour un groupe dont je sais tout de même qu'il fait autorité dans le Landerneau de ce genre si particulier que j'affectionne tant. Il s'agit bien sûr de ce mélange flou et opaque entre rock progressif et shoegaze, et parfois même un peu de musique électronique s'invite par effraction par la fenêtre. Comme souvent avec Mogwai (et je n'ai pas tout écouté) On est là toujours entre la mélancolie un peu amère, les moments de contemplation, et carrément la tristesse confinant au désespoir. Ces crescendos de guitares qui se terminent en déluges sentent la pluie qui bat le visage et les cœurs blessés par la vie. Peu de paroles, une fois de plus, quelques phrases ici et là, ce n'est pas par le logos que ça se passe. C'est une musique qui parait presque douloureuse à l'audition, tant elle semble en être le fruit. Heureusement, un disque déprimant peut aussi être un bon disque, voir un très bon disque. Pas sûr qu'on le réécoute quand les beaux jours reviendront, mais en attendant, il reste quelques mois de froid et de pluies grise pour le savourer jusqu'à l'excès.
C'est un peu poisseux, mais pas autant que disques bien plus épais qu'on a peut-être déjà écoutés ici et là. Pourtant, c'est tout à fait digne d'intérêt si comme moi, vous aimez les tensions sexuelles non résolues, mais dans la musique, pas dans la vraie vie. Descent Sex s'écoute rapidement comme un shot de tequila. La musique de ces belges se situe toujours à la frontière avec la violence ou la luxure, c'est un numéro d'équilibriste musicale qui du coup ne possède pas le côté cathartique d'une réelle décharge de violence, ou la sensualité d'une sexualité assumée. Il y a dans ce brulot punk de trente minutes une retenue intelligente qui rend la musique très intéressante, mais aussi et surtout très frustrante, mais dans le bon sens du terme. Qu'on ne s'y trompe pas quand même, de la violence, il y en a dans cette musique, pour une part, de même que la sensualité dont je parlais précédemment n'est jamais loin, avec des références explicites au sexe, mais c'est un peu plus que ça tout de même… Je vous laisse écouter les paroles pour vous faire juges. C'est parfais pour s'obliger à se bouger un peu après une nuit ou trop d'alcool a coulé dans les veines.
Seize ans de carrière et sept albums, on ne peut pas dire que le quatuor de Baltimore se la coule douce. Une carrière plutôt linéaire ou l'album bon est la moindre des choses, côtoyant des météores. J'ai beaucoup de respect pour un groupe qui musicalement, même s'il a évolué depuis ses débuts, reste sur la même ligne raide sans dévier. Moi, j'aime bien quand il n'y a pas de guitares aussi, j'aime bien quand ce sont d'autres instruments qui prennent la place et tire la couette à eux. Ici, hormis la batterie, tout est assuré par un duo très bien rodé et très organique, entre la basse et les synthés. Ici, il fait beau, mais froid, et chez moi ça sent la lessive sortie de machine, et je suis fatigué. Non pas de cette fatigue qui vous assomme et vous rend incapable de quoi que ce soit d'élaborer, mais de cette douce torpeur induite par l'absorption d'une tisane, puis d'une écoute silencieuse de cet album, avec cette lumière rasante par les fenêtres, avec cette sensation de cocooning. Aujourd'hui, je ne suis que plaid, chausson et tisane, comme cet album, qu'il est bien, et moi-même, je me sens un peu mieux.
Après aussi, je l'ai bien cherché. J'ai écouté ça le soir, posé tranquillement dans mon fauteuil en regardant la nuit tombé par la fenêtre de mon bureau. On peut bien voir le soleil et le ciel, car j'ai peu de vis-à-vis. Je sais bien qu'il m'a fallu presque un mois pour l'apprivoiser cet album, mais il m'a fallu un an pour apprivoiser Nine Inch Nails quand j'avais dix-sept ans, donc bon. J'ai plus dix-sept ans, j'évite de compter depuis quand, je digère les choses lentement comme dans un aphorisme de Nietzsche. Ce Romance est d'une tristesse qui m'a saisi physiquement. C'est même parfois lugubre, juste ce qu'il faut pour surenchérir à la mélancolie induite à l'écoute de ces trente-six minutes et onze pistes. Vous qui entrez ici abandonner tout espoir. Comme un long trip halluciné sous des stroboscopes multicolores, comme une longue descente qui se termine sur une note douce-amère dont je tairai la substance et ne puis que vous inviter à tremper votre cœur dans cette mélancolie, c'est de la bonne.
On est tenté de donner des gages à Jack white parce qu'il est Jack White. C'est important de connaitre ses biais de confirmations quand on en possède. C'est important de connaître tous ses biais et ses affects d'ailleurs, dans la vie, ça aide beaucoup, mais nous parlerons de Spinoza plus tard. C'est que je ne suis pas spécialement l'actualité de l'américain, je ne suis même pas un très grand fan, mais j'ai du respect pour la carrière de l'homme et j'ai du respect pour le musicien. Disons que c'est d'une oreille distraite que j'écoute ce que qui peut bien sortir de la guitare de ce compositeur. En fait, pour préciser, tout de même, disons que ce que je préfère dans Jack White, c'est son groupe "The Raconteurs", dont j'aime les albums vraiment sincèrement. Alors passé les premières minutes de curiosité, je me suis surpris, mais c'était logique en fait, à bouger au son de cet album dont je n'avais pas prévu qu'il fut si brut et rugueux. Et j'aime quand c'est brut et rugueux, j'aime quand les tympans sont malmenés, j'aime l'énergie de cette musique, j'aime sa fausse simplicité, j'aime le travail sur la composition et la production. Ce disque est déjà un des meilleures de ces années. Non parce que le nom de Jack White est dessus, mais justement parce que c'est l'album solo d'un musicien talentueux qui est peut-être au pinacle de son art. Cela sent la sueur, le sable, la chaleur sèche du soleil, et ça va sévèrement tabasser des culs en concert !
Traduction du texte présent sur la page bandcamp du groupe et qui est bien mieux que tout ce que j'ai écrit pour l'instant sur cet album.
On vieillit, on a une famille et on commence à ralentir – c’est comme ça que les choses sont censées se passer, n’est-ce pas ?Pas pour le groupe montréalais Corridor, qui revient avec son quatrième album, Mimi, avec un son et un style plus larges et expansifs que tout ce qui l’a précédé.La suite de Junior, sorti en 2019, est un grand pas en avant pour le groupe, car les membres eux-mêmes ont subi le type de changements personnels qui accompagnent le passage du temps ;même si ces huit chansons reflètent une maturité nouvelle et contemplative, Corridor se diversifie plus que jamais avec une musique riche en détails, ce qui donne un disque qui ressemble à une nouvelle pause pour un groupe qui s’est déjà imposé comme un groupe avant-gardiste. Mimi évoque immédiatement le meilleur du meilleur en matière de rock indépendant – les atmosphères argentées de Deerhunter viennent immédiatement à l’esprit, ainsi que l’effervescence piquante du post-punk classique – mais malgré ces comparaisons faciles, Corridor reste impossible à cerner d’une chanson à l’autre, ce qui rend Mimi d’autant plus excitant à écouter.Le chemin qui mène à ce point, comme le sont souvent les chemins vers la grandeur, n’a pas été sans défi ;si le rock élastique à la guitare de Junior s’est formé rapidement – ou, comme le décrit le guitariste et chanteur Jonathan Robert, « dans la précipitation » – alors le rythme créatif constant de Mimi a marqué un désir de rompre avec l’éthique de travail « épuisante » qui a donné naissance à Junior.
« L’objectif était de travailler différemment, ce qui est l’objectif que nous avons à chaque fois que nous travaillons sur un nouvel album – de construire quelque chose d’une nouvelle manière », explique Robert.« Cette fois, nous avons pris notre temps. »Ainsi, à l’été 2020, les membres de Corridor – Robert, le chanteur/bassiste Dominic Berthiaume, le batteur Julien Bakvis et le multi-instrumentiste Samuel Gougoux – se sont retranchés dans un chalet pour se livrer au genre d’expérimentation créative qui allait mener à la création ultime de Mimi.« Nous y sommes allés pour écrire, et beaucoup d’idées sont venues de cette retraite », explique Berthiaume.« Nous n’avons pas tant abouti à des chansons qu’à des idées, donc le résultat est un collage d’idées.»
Après cette session productive ensemble, Corridor a continué à bricoler les parties brutes des chansons numériquement et à distance au cours des années suivantes, avec le coproducteur Joojoo Ashworth (Dummy, Automatic) prêtant ses propres talents spécifiques dans la cabine théorique.Ce processus était le résultat du fait qu’ils n’avaient pas accès à leur espace de répétition précédent alors que la pandémie de COVID-19 disparaissait de la vue du public, mais aussi le résultat du fait que le quatuor s’est davantage penché sur l’incorporation de textures électroniques que sur les disques précédents.
« Pendant longtemps, nous nous sommes identifiés comme un groupe axé sur la guitare, et l’objectif de cet album était d’essayer de nous éloigner de cela », déclare Berthiaume, tout en admettant que le groupe a rencontré ses propres défis en conséquence : « Nous avons dû trouver comment créer de nouvelles chansons sans avoir la chance de jouer ensemble.C’était parfois compliqué.» Berthiaume décrit également Mimi – qui, fait amusant, porte également le nom du chat de Jonathan – comme un album sur le fait de « vieillir » et de « découvrir de nouvelles facettes de la vie ». Mais malgré les allégations de difficultés de croissance transitoires de la part du groupe, Mimi est un album débordant d’énergie et de vie nouvelles, une vitalité qui est due en grande partie au fait que Gougoux a rejoint le groupe à plein temps après avoir participé à des performances live par le passé. « Je viens davantage d’un milieu de musique électronique, donc c’était bien d’impliquer davantage cela dans le groupe », explique-t-il, et Mimi contient une pulsation rythmique distincte qui rappelle la fusion des textures de danse et de rock de l’ère post-punk classique.Sur « Mourir Demain », Robert évoque sa mortalité imminente au son de guitares lumineuses et de synthés ascendants : « Je l’ai écrit quand ma copine et moi étions en train de souscrire une assurance-vie », rit-il.« Notre petite fille grandissant, nous avons aussi pensé à faire notre testament.Je me suis dit : « Oh merde, à partir de maintenant, je commence doucement à planifier ma mort.»
« Jump Cut » est un pur bonheur psychédélique, avec des ziggourats hypnotiques de lignes de guitare s’alignant au loin tandis que les voix de Robert et Berthiaume se faufilent et se faufilent de manière excitante dans le joli chaos créé ;pendant ce temps, l’air nocturne de « Caméra » offre une couverture parfaite aux réflexions sur l’autopromotion et l’exposition à l’ère numérique, tandis que la brume hypnotique de « Mon Argent » aborde les réalités de gagner sa vie en faisant de la musique.« Rien n’est plus abstrait, précaire et aléatoire que le revenu d’un musicien », réfléchit Jonathan en discutant de la thématique de la chanson.« Les responsabilités qui s’accumulent dans ma vie d’adulte m’ont malheureusement empêché de continuer à éviter le sujet.On finit par accorder beaucoup d’importance à quelque chose qu’on ne comprend pas.» Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’une musique qui parle d’impasses, car Mimi embrasse et défend une créativité sans entraves tout en ouvrant la voie à un avenir brillant pour Corridor.« On s’est juste concentrés sur la création d’un disque qui sonne comme on le voulait », s’exclame Gougoux en évoquant les objectifs du groupe.« Il n’y avait aucune limite, nous avons fait des progrès quand il s’agissait de ce qui était possible. »
Il y a un sentiment d'abandon dans cet album. J'avais l'impression, plus l'album avançait, d'être de plus en plus léger. Non pas que la musique le soit, on est bien toujours dans cet entre-espace grunge, punk et noise qui sied si bien au trio canadien, mais il me semblait que je rebondissais sur la lourdeur de cette section rythmique. Comme j'aime cette basse grave et rugueuse, et cette guitare qui virevolte ici et là à grand renfort de riffs tranchant. Pas en reste sur le lyrisme, cette voix éraillé, parfois paraît sur le point de se briser, sonne incroyablement juste à l'oreille. On se répète les paroles facilement, on s'y surprend même. Ça parle de la mort quand même, et pourtant quelle intensité et quelle vitalité dans cette demi-heure. On y ressent toute l'urgence d'une existence brève, mais intense, qui brûle la chandelle par les deux bouts. C'est une embarcation en perdition, une chute libre, mortelle, mais qui offre une sensation de liberté unique. Ça se paye luxe d'être à la fois très dur et très doux, et c'est vraiment un très grand disque.
En lui-même, l'album est plutôt classique. Quelques chansons tirent leurs épingles du jeu, mais l'album semble égaliser le tout. Et puis il est trop long, de bonnes chansons comme "stay free" se retrouvent noyées dans la masse. J'ai l'air blasé, mais oui l'album est bien, comme je le disais, mais il est oubliable, pas un chef-d'œuvre mais un bon travail d'artisan. La moitié des chansons ne devraient pas figurer, en fait, dans l'album, la seconde moitié est incroyable et mérite largement l'écoute. Voilà dit ainsi, c'est plus clair.
Gageons qu'à l'écoute d'Ilion, on entrevoie enfin le début de la fin. Non pas du groupe ni de leur musique, bien sûr, c'est excellent, nous en reparlerons, mais plutôt pour l'auditeur troublé que j'ai été. Comme le disque arrive au pic d'une période quasi dépressive suite à une rupture sentimentale, il m'accompagna plusieurs semaines, au travail, sur la route ou en ballade, comme un compagnon, un ami juché sur l'épaule. Ce qui séduit d'abords, c'est la longueur. J'ai envie d'écouter de longs albums, de plus d'une heure, j'ai envie que ça ne s'arrête pas, ça tombait donc à pic sur la période. Et puis, quelle virtuosité quand on y repense, cette basse folle sur "Nimh" par exemple, j'en suis encore tout chose. Je n'ai pas eu d'animosité, no de colère, c'est une chose dont je m'enorgueillis, je n'avais pas eu l'impression d'agir en adulte depuis longtemps. Je n'ai peut-être rien compris, mais j'ai fini par déceler de la lumière dans cette musique. Peut-être que j'ai tout imaginé, après tout, une heure, quand on se balade au pif dans les rues de la ville dans laquelle vous habitez, ça vous met dans une sorte d'état de transe. Ce n'est pas non plus un trip, mais un entre deux, auquel la musique de Slift se prête particulièrement, ce mélange très cohérent de rock, de kraut, de doom, de psychédélisme, ça fait son petit effet. Peut-être que mon état émotionnel me rendait plus réceptif à la musique du groupe, peut-être que que j'ai tout imaginé, peut-être que j'ai fait un report sur ce disque, mais est ce que j'ai vraiment envie de le savoir ? Rien à foutre.
Le disque de mon hiver. J'entends que ce résumé succinct est très insuffisant, mais la pratique de la musique est aussi une question de contexte. Le ciel est bleu comme jamais, et il gèle, le soir tombe vite, et la lumière rasante du soleil imprime dès cinq heures un filtre rougissant sur les bâtiments. J'aime regarder la cathédrale, le sommet de sa flèche reste dans la lumière plus longtemps que le reste de la ville, c'est un spectacle qui ne me lasse jamais. J'aime déambuler dans ces rues étroites, un cheval ne pourrait pas y passer, ou difficilement. Il y a pléthores d'endroits agréables ou marcher, et comme l'a dit l'autre, l'inspiration et la réflexion viennent plus facilement en marchant. En plus il y a Phoebe Bridgers et George Clarke, sur le même disque, vraiment ?
Il y à quelque chose de plus aériens dans la musique des australiens sur cet album. Nonobstant que le précédent album sentait l"essence et la rouille, le désert et la magie noire, il en avait l'aspect, le gout, l'odeur donc, le bruit. Cet album ci, le je ne sais combien-ème, prend le contrepied d'un Pétro Dragonic qui se voulait rugueux et tranchant, avec un mélange de pop et d'électronic qui confine à la dance. De la dance musique presque, avec "Set" d'abord, sonorité très 80's, rythme rapide, chant saccadé, on y dance aisément, et puis "Gilgamesh" plus sombre, presque techno, une vibration des années 90, un titre sous acide qui s'accélère au rythme des battements de cœurs des danseurs exténués. C'est en parfaite transparence que le groupe annonce la tonalité, posant entouré de nombreux claviers électroniques dont on sais qu'ils ne sont pas là pour faire figuration. Et ça continue avec "Swan song" encore plus rapide, boum boum boum 120 bpm et le cœur au bord des lèvres. Mais KGLW tire son épingle du jeu avec cette façon si particulière de composer une chanson. Le chant y est reconnaissable, et malgré un début somme toute classique, l'album devient vite une boite de nuit sur ses quatre derniers titres, ça va sévèrement transpirer en concert, je veux dire, plus qu'a l'accoutumé. L'album est un régal, on y est content de retrouver ces six là dans un registre auquel ils ne nous avaient pas habituer, démontrant une fois de plus combien ces australiens là, prolifique comme jamais, explorent chaque continent d'un genre en y puisant une inspiration infinie. Reste à espérer qu'ils ne brulent pas la chandelle par les deux bouts.
C'est une fois de plus chez Merge. Non sans hasard. Will butler, j'ai jamais écouté aucun de ses albums solo avant celui ci, mais ça m'a donné envie de le faire. Je dois quand même faire honneur à son travail dans Arcad Fire à la basse, mon instrument préféré, trop souvent reléguer à l'arrière plan fade et sans éclat dans trop de groupe, il a su donner une vrai importance à sa manière de jouer, une vrai personnalité à son instrument, avant d'être Will butler tout seul, Will Butler existait déjà pour moi. C'est peut être pour cela que cet instrument prend tant de place dans l'album. Elle est omniprésente. Dans beaucoup de morceaux, elle se fait très entrainante, aux accents funk qui rappelle le travail d'un groupe comme Jungle. Mais pas que heureusement, la force de l'album réside dans son éclectisme éclatant, on suppose même que ça à du lorgner un peu du coté de Tom Waits ou Talking Heads à certain moment, quand au reste, il est inclassable et c'est très bien. Et les plus dure d'entre nous auront reconnue un Chopin hanté par la dépression sur "The Window", qui clôture cet album dur à l'écoute et au classement mais qui ne manquera pas de marquer l'auditeur un peu curieux et aventureux. C'est aussi une belle aventure de copains, arrivée en renforts pour prêter main forte au musicien qui composait seul chez lui, sur son temps libre, pour un live band comprenant sa femme, sa meilleure amie (de sa femme), le pote d'un pote, etc etc. J'ai trouvé cela délicieux.
J'avais envie d'écouter quelque chose d'un peu pêchu, d'un peu sec mais en nuance. Faut dire que je ne connaissait pas du tout, mais alors pas du tout les suédois de Kvelertak. Il serait intéressant de faire la sociologie de ces pays du nord de l'Europe et qu'on m’explique quel climat, quel inclinaison culturelle fait qu'ils produisent tant et tant de groupe de métal, cette musique qui peux être parfois froide mais assurément chaude surtout ? Qu'est ce qui justifie que la balance penche vers le cercle polaire, et pourquoi les peuples latins en font moins (mais pas moins bien s'entend). Je demande, si quelqu'un sait. Je n'ai pas essayé de traduire les paroles, je m'en excuse, j'essaye de le faire le plus souvent possible, mais parfois j'aime tant la musique que j'ai peur d'être déçu. Et parfois j'ai pas envie. Endling est de ces plaisir simple au départ, une machine hyper efficace qui tape extrêmement juste dans son genre. On y retrouve quoi, sinon ce hard rock un peu sexy, un peu de hardcore, un peu de sludge, un peu de doom. La valse des étiquettes pourrait être longue mais arrivé à la fin nous aurions oublié le début. Alors disons qu'il y a là un héritier émérite de Ghost, j'ai pas d'autre référence plus évidente pour vous signalez à quoi ça peut ressembler. Et pas avare encore, ces vikings, avec pas moins de cinquante minutes pour dix piste, c'est l'assurance de pas s'emmerder. Et puis quel pied, quand les chœurs viennent soutenir le chant dans la plus belle tradition héroïque. L'album est plein de surprise, il se permet de passer d'une intro digne du black métal à un passage contenant un banjo, ou quelque chose d'approchant, ce me semble, parce que merde pourquoi pas, on vous emmerde, on a pas de compte à vous rendre, tient mange, mange et étouffe toi dans ton indignation.
Je me souviens d'une époque ou la presse spécialisé ne brillait pas par le contenu sexiste de ces articles. Combien d'articles pouvaient ont lire alors sur ces groupes de "filles qui jouent comme des mecs" et je ne sait trop quelle autre connerie du genre. Sachons balayé devant notre porte aussi, il m'est arrivé de faire ces comparaisons, plus jeunes, quand je ne m'étais pas ouvert à ces questions. Dream Wife est un super groupe qui doit surement dépoter en live, je n'ai pas eu la chance de les voir encore, mais j'espère les croiser en France, au hasard d'un festival qui sait ? Cette musique qui oscille entre punk rock et garage ne souffre pas la comparaison, elle est entrainante, mobilisatrice et elle fait transpirer. Ça parle de la vie, avec un peu d'amour, beaucoup d'humour, et aussi de sexe, de sexisme, d'amitié, de faux semblant, d'hypocrisie, du quotidien qui rend fou, de liberté. C'est un disque extrêmement rafraichissant à l'écoute, bien qu'il soit un des plus chaud de l'année.
Pop punk ou bien power pop ? La limite est parfois mince, et on ré écouteras les performance du boss pour s'en convaincre. Rien à voir là, on est en face d'une collection de chansons d'amour triste. Et encore, peut être pas clairement que d'amour, mais disons qu'il serait comme un spectre planant sur l'écriture de ce disque. Après, c'est seulement une impression, mais vous qui vous vous apprêtez à écouter ce disque, abandonnés tout espoir, comme lisait l'autre. Les personnages de Spanish Love Song sont au prise avec la vie, ils ont perdues pied, ils sombrent doucement, dans l’abîme. C'est confronté à la mort que l'esprit parait le plus aigus et le plus cinglant. C'est face à la perte de sens que l'esprit part à la dérive. C'est face à un un désespoir sans forme que l'esprit se rebiffe et nous pousse à faire des choses que l'on ne se serait pas cru capable de faire, voir même d'y penser. No Joy n'est pas un titre racoleur. Il est parfait dans sa simplicité. Toute la musique, et les paroles du groupe californien sont exempt de joie, cette émotion qui était si chère à ce petit prussien de Friedrich Nietzsche. No Joy, tout simplement, et ne la chercher pas, elle n'est ni caché sous divers degré d'écoute, ni même métaphorique, et si l'on la mentionne, c'est bien pour dire qu'elle n'est pas là. La musique n'est pas tant triste quand à elle, elle est power pop, dans toute sa quintessence, le rythme du duo de guitares acoustique / électrique est soutenue par une section rythmique basse / batterie au top, et le chant est parfaitement calibré pour cette musique. Chaque piste est une petite histoire triste, ont y évoque la vie, la mort, et tout ce qui se situe entre les deux. Pas de doute, c'est l'automne.
Ré écouter cet album à la lumière froide d'une dépression légère, pour peu qu'on ai déjà connu la dépression féroce qui vous clou au lit et/ou à une chaise, regardant le temps défiler par la fenêtre, les yeux vagues et vitreux. C'est peut être le pinacle de leur discographie sans faute, pour le moment, exception faite peut être du dernier album "Infinite Granite (2021)" qui inaugure une nouvelle ère dans l’évolution de la musique des californiens. Ordinary Corrupt Human Love illustre déjà le talent, le génie du groupe pour le titre très fortement évocateur. Car si l'amour se place parmi les idéalisme, et qu'il contient multitude de nuance, autant que d'être humain (c'est quoi être ?) l'ordinaire lui, est ancré bien solidement dans la matérialité. Ne pas confondre matérialité et l'insulte qui peut être faites parfois, il s'agit bien de notions philosophiques ici. On fraie avec Marx et son matérialisme dialectique, qui dit en sommes que c'est tout d'abords tes conditions matérielle d’existence qui façonnent les idées, et non le contraire. Ainsi l'ordinaire se place contre l'amour, protéiforme, intangible, évanescent et vaporeux, contrairement à la dure réalité de mon compte en banque, ou plutôt de son inexistence arrivé au vingt de chaque mois. Le monde est violent, le quotidien est violent, et la plupart des violences ne sont pas physique, elles ne sont que l'arbre qui cache la forêt, et contre ça, Deafheaven cherche l'amour, peut être comme remède, au du moins comme à coté, comme quelque chose hors du champ de fleurs, comme quelque chose de merveilleux dans lequel on peut se réfugier parfois. Pure idéalisme ? C'est plus compliqué. L'album entier semble presque un appel à la nature, omniprésente dans les paroles, qui tiennent plus de la poésie que de la chanson. D'ailleurs il est significatif de voir que le groupe amorce déjà son virage vers plus de douceurs et de musicalité, non qu'il n'y en eu pas dans les précédents, mais là il y en juste plus, c'est un fait. Et plus de lumière aussi, dans cette musique, qu'avant. De l'amour et de la lumière pour lutter contre la noirceur du monde sensible, pas sur que cela suffise, mais ont seraient bien stupide de ne pas en prendre non plus notre part, en attendant mieux. Non pas comme un baume sur nos blessure, comme un cachet de paracétamol sur un mal de tête lancinant, mais bien comme une voie à suivre ? Pur idéalisme de la part de Deafheaven ? On ne serait le dire avec certitude. Tout est si compliqué, et l'existence si complexe, est absolument un mélange des deux. Artiste porteur de lumière, il s'agit peut être juste d'un fanal dans la nuit, rien de plus, une flamme de bougie entraperçut au loin, posé sur le rebord d'une fenêtre. L’œil humain peut apercevoir la flamme d'une bougie à cinquante kilomètre, dans la nuit la plus sombre, c'est peut être juste la preuve de notre appétence naturelle à la recherche d'un peu de bonheur, et ci ce n'est celui ci, d'un peu de réconfort, de chaleur, d'une caresse, d'un sourire bref échangé avec une inconnue dans la rue, qui sait.
Cela parle du deuil et des endroits qui nous semblent hantées par nos souvenirs. Les fantômes seraient ils de simples projections de notre esprit en proie aux affres du chagrin ? Je ne vois pas comment mieux l'expliquer. Même la pochette montre cette maison pleine de souvenir, dont le chanteur dira qu'elle semblait suspendu dans le temps après le décès de sa mère. Une disparition, tout comme d'autres moments d'émotions intense, est toujours propice à un curieux travail de mémoire solitaire. comme si le refuge dans nos souvenirs nous semblait alors préférable plutôt que d'affronter le présent nu. Comme si cette soudaine anamnèse, déclencher par cet épisode intense, cherchait à nous conforter, tout en arrivant seulement, et souvent, à juste un peu plus de mélancolie. Il y a force d'émotion dans la musique de ce trio anglais dont la musique me semble être un des petits enfants de Gary Numan, oui, j'ai mes références je fais ce que je peut. Il y à une tension, une urgence dans cette album, dans cette musique, presque palpable. Les albums cathartique sont parmi mes favoris, non pas que je me réjouisse du malheur des autres, mais leurs émotions sont plus vrais, éclatante et simple, elles saisissent le cœur doucement et sans violence (c'est ici le cas du moins) pour nous montrer tout ce que les compositeurs ont cherché à nous raconté. C'est une vie qui s'étale sous nos oreille, ici, et ça mérite qu'on l'écoute, surtout quand c'est fait avec un tel brio.
Delirious chatter… clinks of warm cans of beer… Cocteau Twins played at
full blast. Lively memories of parties and people live on through This
House, the new album from Pale Blue Eyes. The house in question is there
on the front cover, the childhood home of the trio’s vocalist and
guitarist, Matt Board. Defined by closure and moving on, This House is
shaken to its rafters as the band navigate the grief of recent parental
loss. Alongside uplifting melodies that dance like no-one’s watching,
the album is rich in life-affirming human connections, where
music-making becomes a means of recovery.
“When Mum died, five years after Dad, there was this charge hanging in
the air, connecting each person in the room,” says Matt. “Time stopped. I
felt like I momentarily entered an alternative dimension between life
and death. Days and weeks later I’d see my family in every corner of the
house – all the reminders, ghosts and memories. Then, gradually, it
felt like time for a new start, moving on from the house and my amazing
parents.”
While the band’s debut LP Souvenirs captured memories and melancholy
from around the death of Matt’s father, This House is its next-door
neighbour. The new album was
finished in the immediate aftermath of the death of Matt’s mum. As soon
as the record was completed, PBE were packing up the contents from their
self-built Penquit Mill home studio, financed through endless casual
work and a bank loan. The location was a dream – in the middle of
nowhere, just south of Dartmoor, midway between Plymouth and Totnes.
The studio was where they spent hours recording and self-producing both
records, while supporting Matt’s mum through the decline of a long-term
illness. Matt and his bandmate and wife Lucy Board
(drums/synth/production) have now returned north, to her native
Sheffield, with funk-mad bassist Aubrey Simpson living between Devon and
London.
“It’s a more sombre and more ecstatic album, with an urgent desire to
remember and enjoy every moment,” says Matt of the record’s
life-defining “end of era” moments. “We’ve dealt with loss throughout
both albums,” says Matt, “but this time there has been rebuilding –
appreciating and relishing the things and people still here.”
Pertinently, album tracks ‘Sister’ and ‘More’ celebrate the complexities
of relationships between family and friends.
“We wanted to turn a shitty situation into something positive,” says
Lucy, “ so we put all our energy into making music that was fun to play
live and perhaps open up a way out.” Matt concurs: “The album captures
moments of elation and joy alongside the grave mood that eventually
engulfed our home. During those tough times we played all over the UK
and overseas, buoyed by the thrill of people listening to what we’d been
working on… knowing two days later we’d be in a hospice saying our
final goodbyes to Mum. The ultimate headfuckery.”
PBE say the new album is a “slightly more worldly-wise sibling” to 2022
debut LP Souvenirs. The latter was roundly acclaimed. “Joyous...
propulsive… exhilarating”, said Uncut. Magic of France were impressed:
“Ultrapuissante... orgasmique... profondeur infinie.” Line Of Best Fit
said, “‘Like all great debuts it’s both a culmination of their
beginnings as well as a pointer to the wide open road ahead.”
Mixed and mastered by Moonlandingz’s Dean Honer (Róisín Murphy, The
Human League, I Monster), with jam sessions its driving force, This
House bounces through analogue tape delays and effects pedals to capture
life’s oscillating journey. Celebratory ‘Simmering,’ and ‘Hang Out’
offer peaks, highlighting the importance of pressing the ‘off’ switch.
“It’s about enjoying simple moments,” says Matt, “the sun on your face,
hanging with friends in the pub, looking at the night sky...”
Any threat of troughs are lifted by motorik rhythms from their Moog
Little Phatty and Prophet 12 – thanks to Lucy’s fascination for South
Yorkshire synth innovation. The dissertation for her music degree was
titled “An Investigation into Sheffield's Alternative Music Scene
Between 1973 and 1978, with Particular Reference to Cabaret Voltaire.”
With This House, Lucy’s hometown sounds blend with Aubrey’s evangelical
interest in Motown and various funk titans. These diverse touchstones
comes through in the PBE album’s blend of pop hooks and psych-rock
sophistication. ‘Heating’s On’ is a driving anthem, glistening with ’80s
guitar and a trumpet part care of Lucy. ‘Sister’ mixes goth-rock guitar
with DIY choral grandeur, a tasty mix of The Cult and Joe Meek.
‘Millions Times Over’ takes feelings of hopelessness and then creates a
lovely bittersweet feel via shimmering synths and wistful vocals. The
album concludes with the widescreen expanse of ‘Underwater’, a moving,
meditative set-piece.
“Mum always said she loved hearing the sounds of the recording process
as people would come and go from the studio,” Matt remembers.
Making music as a means to go on, Pale Blue Eyes’ two albums bookend
other significant moments, such as soundtracking the Atmos
arts-and-housing project in Totnes (featuring a sound-and-light
installation by Brian Eno). There was also the time PBE’s beloved old
Citroën blew up between gigs, reinforcing a valuable lesson. “You have
to embrace the Berlingo!” says Lucy, rolling out the band’s new motto.
“Change is inevitable,” Matt adds. “You have to embrace it all, the good and bad, and the horribly ugly.”
Rien n'est absolu.
A est A.
J'écris seul, je test des trucs.
Tout ce que je dis ne concerne que moi, il n'est question que de moi.
Ce que la musique fait au corps avant tout le reste. Cultiver notre joie.
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https://leblogdechrismb.blogspot.com/
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