On continue de taper un peu dans les disques de 2011 quand même, parce qu'on ne peut décemment pas affirmer avoir fait le tour d'une année plutôt riche sur le plan musical. Apparat, donc, nous régale d'un disque de quarante huit minutes et dix chansons. Ça oscille entre synth-pop et électronique mais sans jamais tomber dans le schéma type commercial pourri dont on nous abreuve à longueur de journée. Ici, on se situe plutôt sur la ligne de fracture entre un Thom Yorke et le groupe Archive. Chaque chanson est arrangé au millimètre avec un soin particulier, enrichie de texture très dense qui en fait une musique sophistiquée, et qui, pourtant, va droit au but et fait appel à des sentiments très basiques. Car la musique d'Apparat est toute emplie d'un spleen particulier. Ici, on se situe légèrement en retrait de la dépression, l'album distille plutôt une mélancolie à laquelle il ne faut pas essayer d'échapper, mais au contraire y plonger corps et âme sans se poser de questions. Si l'on peut trouver l'album redondant aux premiers abords, c'est pour mieux se laisser surprendre par la richesse de ses mélodies, et si il ne change pas de ton durant son cheminement , c'est pour mieux explorer en profondeur les méandres de la tristesse humaine afin d'en tirer la substance et qu'a la fin, on ressorte de son écoute apaisé et tranquille, comme guéri, mais pour mieux y replonger encore.
Mint Julep est un énième groupe aux mélodies vaporeuses et évanescentes, typiquement chillwave. Ceux qui suivent le blog connaissent tout mon amour pour ce genre musical, qui produit le meilleur comme le pire. Mint Julep a le cul entre deux chaises, ni bon ni mauvais, leur album risque de passer totalement inaperçu dans un paysage musical déjà bien surchargé. Certes, les chansons sont bonnes, et on prend du plaisir à les écouter, on passe un bon moment et on passe à autre chose. Celui ci mérite toutefois tout autant le détour qu'un autre, mais l'album arrivera trop tard, la division Washed Out & Memory Tapes est déjà passée par là, il n'y à plus de combats à livrer, Mint Julep arrivera en soutient discret, au mieux. Si j'en juge par la qualité des compositions, j'espère que le groupe saura s'émanciper de ses influences trop évidente et tracer sa propre voie, encore que j'en doute. L'album est comme son nom l'indique : Le Mint Jutep est un cocktail à base de menthe, de citron, de cannelle et de rhum, qui se boit frais, qui se déguste lentement, mais de là à en boire des litres ...
En 2011, je suis passé à côté de pas mal de bons albums. Ce "In The Grace Of Your Love" en fait parti. Distillant mélodies pop, rock catchy et ballades, emmené par un Luke Jenner en état de grâce. Un excellent album pour un groupe qui s'est fait lourder de sa maison de disque et qui est revenu sur son label d'origine, le non moins excellent DFA Reccord . The Rapture signe ici son meilleur disque et de loin. Hail to the survivors !
Je continue la review des albums écoutés mais non chroniqués de cette année. Difficile de passer à côté de cet album cette année, tout comme celui de son frère. En 2010, la séparation d'Oasis, meilleur groupe de rock anglais des 90's avec Radiohead, avait secoué le petit monde du rock. Le duel des deux frères ennemis Gallagher par journaux interposés avait allègrement alimenté les rumeurs et fais sourire plus d'un aficionados. De ces matchs dont il n'y eu ni vainqueur ni vaincu, ont avait pu entrevoir deux choses : l'un comme l'autre avaient l'intention de continuer à régner sur l'Angleterre avec leurs disque solos.
En 2011, c'est chose faite. Liam sortait un album avec son groupe Beady Eyed, tandis que Noel peaufinait, revanchard, un album solo à son nom avec des musiciens à son service. Débarrassé de l'influence de son frère, Noel allait il pouvoir enfin laisser libre cour à sa créativité ? Tandis que Liam et son groupe parcouraient les grands festivals de l'été, accumulant moues septiques et déceptions, l'ancien songwritter d'Oasis sortait son album quelque mois plus tard, en forme de doigt d'honneur à un Liam dont l’ego sur dimensionné continuait de déblatérer conneries sur conneries dans la presse.
Or donc, Hight Flying Birds allait déchirer en deux la communauté des fans d'Oasis, entraînant moult débats sur les forums, dans les commentaires des blogs et au coin de la machine à café. Le propos de cet article n'est pas de trancher qui des deux est le meilleur, loin de là, Je crois que les frères ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils composent ensemble, et Noel avait laissé entendre récemment qu'il se sentait près pour une re-formation d'Oasis et que la balle était dans le camp de Liam. Adressons une prière silencieuse aux dieux du rock'n'roll ...
Hight Flying Birds aurait pu être un album d'Oasis, l'album s'ouvre sur Everybody's On A Run, une ballade pop de cinq minutes trente accompagné d'un cortège de voix et de cordes tandis que Noel fait ses propres backing vocals. Le tout est emporté, très bon, et dès les premières mesures de chants, on est satisfait d'entendre que Noel est un frontman à la hauteur des attentes. Le chant sera d'aussi bonne qualité sur tout l'album, tout au long des dix chansons qui le composent. On reprochera une chose toutefois à cet album : Si il ressemble à du Oasis sans en être, c'est que le chanteur, de son propre aveu, avoue avoir pioché dans un catalogue de chansons destiné à un futur Oasis. Ainsi, on noteras la troublante intro de "If I Had A Gun" qui ressemble a s'y méprendre à celle de "Wonderwall" ou bien encore les premières mesures de "The Death Of You And Me" qui rapelle furieusement celles de "The Importance Of Being Iddle" quasiment notes pour notes. Passé ces petits désagréments, on appréciera mieux Noel en solo. On sent l'homme posé, soulagé et reposé, ceux qui attendaient un bon album de rock seront déçu, à 44 ans, l'homme en a peut être marre, tout simplement, moi, ça ne me dérange pas. Des chansons comme "AKA ... Broken Arrow" ou "Stop The Clock" me feront toujours fredonner béatement. Ce disque n'est peut être pas le meilleur disque du monde, loin de là, mais il reste un disque qui s'écoute et se ré-écoutera plus tard avec plaisir. Pour ceux qui voudraient absolument un nouvel album d'Oasis, prenez les meilleurs chansons de Beady Eyed et de Noel, mélangez les selon votre bon plaisir, et vous aurez votre album, faute de mieux. Sinon, celui ci me suffit amplement.
Je brade tous les albums que je n'ai pas pu chroniquer cette année en piochant dans ma discothèque un peu au hasard mais pas trop, on a parfois des mauvaises surprises. Bref, Arnaud Rebotini, dégaine de camionneur, sourire avenant, et grand amateur de la techno de Détroit, son principal ambassadeur en France aussi. Signe particulier : enregistre et se produit en Live uniquement à l'aide de machines analogiques, sans aucun laptop, juste l'homme et une armée de claviers vintages qui ont fait la gloire de la musique électronique dans les années 80/90 (Roland SH- 101 <-- Si vous en vendez un je suis preneur, Roland Juno 60, Tr 808, 303, 909, Korg PE 2000, ...) Je passerais rapidement sur la carrière, sinon pour dire que le monsieur a commencé par remixer des grands comme Depeche Mode ou The Rapture et bla bla bla : lisez sa bio téléchargeable sur son site si ça vous intéresse c'est ICI . C'est très complet et bien fait, ça vaut le coup.
La musique de Rebotini a un truc : elle est bien burnée, virile et claque bien dans le cerveau. Ce Someone Gave Me Religion sonne comme aucun autre disque. Là où l'influence des laptops est palpable, qui, de nos jours, a su se défaire de leurs influences et recommencer à composer à la main, à l'oreille oserais je ? Ça commence par une intro de treize minutes et on est de suite dans l'ambiance, c'est sombre, c'est un peu glauque, c'est violent. Et c'est parti pour une heure de techno qui retourne le cerveau, un son old school unique qui prend au trip, qui s'écoute aussi bien à fond sur les platines que sur la route ou doucement le soir au casque. A conseiller aux amateurs ou aux néophytes, à mettre dans toutes les mains. Et puis un mec qui trace son chemin comme ça à travers la jungle tout seul sans se détourner de la route qu'il à lui même tracé, ça mérite le respect.
Calexico a le cul entre deux chaises, du côté américain de la frontière, il y a le rock, le blues et la country et de l'autre côté mexicain, les sonorités western et mariachis. Après onze albums et d’innombrables collaboration, le groupe souffle les bougies et jette un regard sur son passé musical. Et il n'y a pas de quoi rougir, la production de la bande de pistoleros est excellente, voici un groupe qui est resté fidèle à sa façon de faire de la musique et qui à su évoluer doucement aux fil des albums, qui à su fidéliser son public et porter bien haut la bannière de l’excellence musicale, avec une sobriété et une modestie admirable.
Roads Atlas se compose de seize chansons qui rassemble le meilleur de Calexico , soit seize perles, autant de souvenir pour les fans de la première heures et un excellent média pour faire découvrir sa musique au plus jeunes ou bien aux malchanceux qui n'avaient pas encore posé une oreille sur leurs galettes.
Autant le dire, ont a rarement l'occasion d'écouter un disque qui jongle aussi admirablement entre les genres musicaux, du rock, folk, pop, western, et la voix brillante, lumineuse de Joey Burns qui parachève de transformer chaque compositions en diamants. Comment ne pas succombé sous le charmes de morceaux tel que "Glowing Heart of the World" et sa fin façon Western Spaghetti, véritable bande original d'un film de cow-boys pas encore tournée et ses arpèges de guitare épique ? "Inch By Inch" morceau trop court d'une minute commence et sonne comme le meilleur morceaux de The Brian Jonestown Massacre. "Boletos" est un ovni musical dont je ne me tenterais guère à vouloir deviner la filiation, une chose est sur, ça vient du côté mexicain de la frontière ! "El Morro" n'est pas sans rappeler The Decemberist, et on arrêteras là les comparaisons, Calexico fait du Calexico, et le fait bien selon la formule secrète qui ait la leurs, même dans la composition d'un best-of ("Ghostwriter" !!)
Il y a un petit coté garage dans la musique du groupe de Perpignan et c'est presque ça le problème en ce qui me concerne. La ou le premier album attirait par sa violence et sa radicalité, le mettant à part dans le paysage musical français, le second se contente de reprendre la même recette en moins bien réussit. Si "Baby Bitch" est une intro du tonnerre de dieu, le reste n'est que remplissage,"Howland Skies" tire son épingle du jeux, et c'est justement quand le gropupe cesse de hurler qu'on commence à apprécier un peu. Peine perdu, entre pseudo vocalises à la Tom Waits et pompage flagrant d'autre groupe (Black Lips, Stones, Brian Jonestown Massacre), on ne peut pas lutter contre l'envie de baisser le son et de passer à autre chose. Jack Of Heart ressemble à des centaines d'autres groupes garage, In Yer Mouth ressemble à des dizaines d'albums garage, il est correct, dans le genre, mais sans plus. Dommage, le son crade n'est pas une excuse pour le manque d'inspiration.
Big Black Delta, vu en première partie de M83, sort un premier LP intitulé sobrement LP1. Rien ou presque à dire sur le groupe en lui même, c'est le projet solo du bassiste de Mellowdrone. Musicalement, c'est sans grande surprise, ça ressemble pas mal à du Kavinsky et c'est tout aussi bon voir mieux. A noté la colab avec Alessandro Cortini, le prodige du synthétiseur modulaire pour la chanson The Zebrah. C'est assez touche à tout, présence de longues plages de synthés dynamiquse et de basses saturées. Le tout possède un petit coté épique qui rappelle sans y ressembler le grand frère M83. Enfin bon, pour 8$, on se fout pas de votre gueule, c'est ce que je peut vous dire, bonne écoute, on clique bien sagement sur le player et on se tait, merci. Ha et il y des titres gratos à chopper sur le site, aussi.
Petit rappel, TGWTDT est un best sellers de l'auteur Stieg Larson adapté, pour ce deuxième tome, par David Fincher (Fight Club, Panic Room, Benjamin Button, The social Network...) Pour les besoins de son film, il reprend le duo de compositeur Atticus Ross et Trent Reznor, qui lui avait offert l'oscar de la meilleur bande original pour The Social Network en 2010, et c'était amplement mérité. Si on connait un peu le cinéma de Fincher, on sait bien qu'elle importance il attache à la musique et aux ambiance de ses films, lui qui avait débaucher les Dust Brothers pour Fight Club avec le succès qu'on sait bien.
Pour cette commande, le duo à mis les petits plats dans les grands, puisqu'ils ont composé pas moins de trois heures de musique pour cette bande original, battant surement un nouveau record du monde. Il est légitime de s’interroger sur la pertinence d'une telle longueur quand on sait que le film, lui, ne fait pas trois heures, et que la plupart du temps, ces morceaux ont vocations à être découper, disséquer et intégrer par passages très courts pour illustrer une scène, un passage. C'était sans compter sur Trent Reznor, l'homme qui transforme ce qu'il compose en barre d'or et qui, vaille que vaille, à décider de dépasser le simple cadre d'une bande son et de faire de ce projet un album à part entière, un truc conceptuel de qualité.
Il faut savoir qu'a l'heure ou j'écrit ces lignes, je n'ai pas vu le film mais que mis en appétit par ces premières écoute, je n'ai que plus envie d'allez le faire.
A savoir aussi, c'est que TGWTDT est un film froid et sombre, d'après le pitch et l'ambiance qui se dégage de ses bandes annonces glanées ici et là. C'est aussi ce que m'ont dis les gens qui sont allez le voir. Il ne fallait donc pas s'attendre à une BO particulièrement guillerette, et sur ce point, le cahier des charges à été respecté. De l'aveu même de Trent Reznor, cet album est la meilleurs chose qu'il ai jamais composé, à la première écoute, on est prêt à le croire sur paroles. Si le disque démarre sur la tonitruante reprise de Led Zeppelin"immigrant song" , c'est pour mieux l’expédier et laisser place à la ou se trouve le vrai génie du duo, à savoir les instrumentaux. Et ils sont légion, pas moins de trente sept plages variant de une minute trente à huit minutes trente. Chaque piste est une plongée dans un univers glauque et bizarre, inquiétant ! Les fans hardcore de Trent penseront à surement avoir à faire à un Ghost vol 2, dans un sens ils ont raisons. Depuis des années qu'il utilise ses instruments, nous avons appris à reconnaître le son des claviers de TR, certain sons sont devenu très familier, et le chanteur de Nine Inch Nail n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est derrière un piano, et il le sait, aussi retrouve t on des traces plus ou moins discrète de cet instrument dans chaque chansons qui compose l'album. Jamais trop fort, jamais trop bas, chaque piste semble une prolongation de la précédente, changeant discrètement d'ambiance, passant de mélancolique a triste, puis à la peur flirtant avec la panique. Chaque spectre de l'éventail du malaise est exploré , l’ambiance est posée, elle sera pesante, lourde, mais juste assez pour nous permettre de nous débattre. Un chef d'oeuvre.
Grace soit rendue au site Spotinews, sans qui je ne serais jamais tombé sur cette pépite. C'est je crois, la première fois que je présente un album de musique classique dans les colonnes de ce blog. Si j'éprouve une admiration sincère et une certaine passion pour le classique, surtout les compositeurs allemands, je suis toujours un peu déçu de constater la pauvreté des sorties de disques classiques. Ce n'est pas à proprement parler un disque classique, ni même un opéra ou que sais-je encore. Le disque du compositeur islandais fait 27 petites minutes, possède sept pistes courtes, autant de magnifiques ballades. Un piano triste omniprésent, un quatuor à corde et vous voilà plongé en plein film. Ce recueil de chansons enregistrées dans un living room est accompagné de sept vidéos live chez le compositeur, chacune comprenant une brève note explicative, vous pouvez regarder les dites vidéos sur http://livingroomsongs.olafurarnalds.com/. Attention, ce disque risque d’entraîner des accès de mélancolie, de morosité et de tristesse chez l'auditeur, mais c'est le prix à payer pour pouvoir savourer cette musique un peu particulière qui semble sortie d'un film. Asseyez vous devant une fenêtre, un café ou un chocolat dans une main et regardez la neige tomber.
C'est encore de ces albums qu'on écoute totalement par hasard. Cellophane Folks, c'est avant tout une jolie pochette qui ma tapé dans l'oeil parmis des dizaine d'autre. C'est aussi du Rock, très inspiré par The Strokes (des débuts) et Two Door Cinema Club aussi. C'est signé sur Blow Your Mind Reccord (BYM). Ça vient du Chili mais ça sonne comme un groupe anglais sans la moindre trace d'accent. Sinon, c'est cool, c'est ma bande son de ce week end, c'est mon petit plaisir coupable en sautant partout dans ma chambre en agitant les bras, brassant du vent en rythme sur ces neuf chansons de ce premier album qui je l'espère, aura le succès qu'il mérite. Les pressés peuvent aussi zapper directement jusqu’à la piste huit pour se faire une idée du talent de nos amis sud américain. Et l'album est en téléchargement GRATUIT, si c'est pas beau ça ?
Tandis que je me suis à peine remis de la claque que fut Brothers, voila que débarque le nouvel album des Black Keys, El Camino...
Je ne vais pas vous faire l'affront de vous présenter The Black Keys, un de ces groupes qui ne comptent que deux membres et débordant de bonnes idées. Un blues rock impeccable qui semblait atteindre des sommets avec le précédent album, faisant d'El Camino un des disques les plus attendus de 2011. Le groupe nous avait déjà mis l'eau à la bouche avec deux singles énergiques, Lonely Boy (et son clip inattendu) et Run Right Back. Il est donc temps de savoir ce que vaut l'album, co-produit par Danger Mouse, qui, en soit, est déjà un gage de qualité.
El Camino est un disque relativement court. 11 chanson pour 38 minutes d'énergie brute, la plus longue dépassant à peine les 4 minutes (la formidable Little Black Submarine, qui semble tout droit sortie d'un album des feu White Stripes). Le groupe a décidé de ne pas nous laisser respirer. Le blues est toujours là, ça groove à tout va. On finit par se dire que l'album est la suite logique de Brothers version condensée, tendant à nous faire croire qu'on aurait pu les voir dans un bar miteux de l'Ohio, avant de reprendre la route dans l'un des nombreux monospaces qui composent la pochette de l'album.
Mais non, simples français, on se contentera d'acheter l'album et de fermer les yeux, en attendant de les voir en concert sur la tournée à venir (de fortes chances de les croiser dans les festivals de l'été). En attendant, il ne reste plus qu'à apprendre par coeur la chorégraphie du clip de Lonely Boy.
Pas d'informations sur le groupe, un obscur combo russe. Un album d'environ huit minutes vraiment vraiment trop cours mais pourtant, chaque pistes (qui dure toutes moins de deux minutes) mériteraient d'en faire le triple pour développer toute les possibilités offerte par ces mélodies accrocheuses vintages. Un ovni musical total, une démarche obscure, il n'en fallait pas plus pour que j’apprécie.
C'est en errant au hasard dans les actualités deezer à la recherche d'un album à chroniquer que je suis tombé sur cet album, Slave Ambient, troisième album (mais quatrième production, il faut compter un EP) du groupe The War On Drugs. Pourquoi ai-je cliqué, je n'en ai aucune idée. Peut être les mots "war" et "drugs" ont ils excité mon inconscient.Le fait est qu'il m'aura fallu près d'un mois pour apprivoiser cet album. Au début réticent envers cette musique dont je n'ai pas l'habitude, je l'écoute aujourd'hui avec plaisir.
La musique de cet album pourrait être qualifié de folk, indie, pop, planant, et j'en passe. On a même parlé de "driving music". Personnellement, si l'on devait absolument attacher cet album à quelque chose en rapport avec conduire, ce serait à une video en accéléré de la circulation nocturne d'une mégalopole, mais en aucun cas à un road trip. Attachons nous ici à décrire et non à classer.
La musique fait l'effet d'une bulle. Elle enveloppe et coupe du monde; si bien qu'on ne sait plus si c'est lui qui va plus vite ou nous qui avançons au ralenti.L'effet est produit par un scintillement sonore de clavier et de guitare et une voix planante et légèrement nasillarde qui rappelle Bob Dylan (influence que le groupe revendique, voir les chansons Brother et I was there). Alors que ce maelstrom luminophonique nous fait décoller, la batterie et la basse, tantôt lente, tantôt un peu plus lourde, nous ancrent irrémédiablement au sol. L'être est partagé entre son attachement à la terre et le désir de s'élever. Absolue dualité qui nous enferme dans cette fameuse bulle, face à nous, face à nos contradictions, hors du monde. Pascal s'en serait tiré une balle dans la tête.
En somme un album compliqué mais que je suis fier d'avoir réussi à apprécier.
Est-ce possible qu'autant de bons artistes puissent passer totalement inaperçus ? Je veux dire , depuis que j'ai décidé de me pencher sur les albums faits à la maison avec peu de moyens, j'en suis déjà à près d'une centaine d'albums à écouter et j'en ai déjà écouté une douzaine... Comment pouvons nous préferer les deux bouffons en slip de LMFAO à la vrai bonne musique, comment préférer un Guetta à un Rebotini ou un Justice, non mais c'est une vraie question ! Le mouvement Chillwave est né il y à quelques années, sans doute au départ par des fans de Boards of Canada et de leur son vintage unique. Le Low-Fi (devenu Lo-Fi) existe lui depuis toujours car il y a toujours eu des musiciens, partout dans le monde, pour faire de la musique, la récente visibilité de ce genre musical qui s'assume maintenant pleinement permet même à certains de connaitre le succès, on pensera à des gens comme Com Truise ou Neon Indian, qui pour ce dernier, n'a jamais abandonné sa façon de travailler malgré le succès (mérité) qu'il obtient depuis quelques années. Avant qu'on me houspille, je considère chaque album fait chez soit avec peu de moyens comme un disque Lo-Fi, même si ce dernier possède un son clean et propre de tout larsens. Le Lo-Fi, c'est cool, parce que les musiciens de l'ombre mettent tout le coeur à l'ouvrage, un tel disque s'écrit avec son âme, parce que chaque artiste fait la musique qu'il à envie d'entendre, parce que beaucoup font de très bons albums en espérant accrocher le maximum de gens. La mort dans l'âme, je me dis que je vais surement, au cours de ma vie, passer à coté d’excellents albums dont je n'entendrais jamais parler. J'aimerais que ceux qui le méritent soient reconnus pour leurs travaux, parce que les maisons de disques sortent merdes sur merdes pour tenter de sauver un marché qui leur a totalement échappé ces dernière années. La prochaine maison de disque est virtuelle, qu'on se le dise. Dans ce grand truc un peu foutraque, on tombe parfois sur des albums fragiles, sensibles, humbles, presque timides, comme trop honteux pour jouer dans la cour des grands.
A l'instar de Little Kid, un album qui à bercé mon après midi d'une douce mélancolie. C'est un disque pour les jours gris et pluvieux, au coin du feu, tu écoutes la pluie battre sur les carreaux en traînant sur internet, puis au final tu te laisses surprendre à chaque fin de chanson, celle d'après sera t-elle aussi bonne que la précédente ? Elle l'est.
Signe particulier : Possède un groupe de musique Indie/Folk qui fait passer l’insupportable Bon Iver pour un groupe régional de troisième zone bon pour les foires à la saucisse.
Concrètement, c'est du Folk/Indie/Lo-fi, c'est fait avec amour, on entend parfois le micro saturé, pourtant, ça atteint le niveau des meilleures productions du genre. Musicien autodidacte, Jonas fait preuve d'une maturité impressionnante en termes de composition et signe un très bel album de la première à la dernière piste, bien qu'on puisse regretter un tout petit ralentissement du rythme en milieu d'album. La première et meilleure (selon moi) chanson de l'album, Fear Take Flight, est un vrai morceau de pur bonheur de sept minutes , la quintessence des effets de style du genre.
Les mauvaises langues diront qu'il suffit de mettre un coup de pied dans une poubelle pour dégoter dix groupe étiqueter lo-fi, chillwave ou shoegaze. Les mauvaises langues ont raison sur un point, l'abondance de groupe merdique nuis énormément au bon artistes qui produise avec peu de moyen une musique de qualité qui aurait toute sa place dans les rayons des disquaires, indépendants ou non. C'est pourquoi j'ai décider, et ceux jusqu’à la fin du mois de décembre de faire le tri dans le bon et le moins bon sur le site de partage de musique Bandcamp, ce site étant la meilleur chose qui soit arriver à la musique ces dernières années.
The Never Years, un groupe un peu obscur qui fait un peu parler de lui sur le net, dont la musique est résolument lo-fi, chillwave et shoegaze, c'est dit. Tout au long des dix chansons (plus un remix) de l'album, on se laisse faire par cette musique fragile, faites par des petites mains dans, j'imagine, une chambre, un garage, une cuisine ou que sais je encore. Oui, c'est pas le truc révolutionnaire de l'année, oui ça ressemble peut être à un truc qu'on à déjà entendu, oui c'est très typé, et alors ? Arrêtons de nous faire des noeuds au cerveau et laissons nous emporter par la musique, tout simplement, sans se justifier. Et puis les clips sont superbes, en prime.
J'arrive après la guerre, je le conçois parfaitement mon général. Pourtant mon général, il m'en a fallu des semaines pour appréhender ce disque. Inutile de revenir sur le passé, tout le monde, connaît Justice, à moins que vous ne soyez un moine bouddhiste, et dans ce cas là, vous avez sûrement d'autres chinois à fouetter. N’empêche, en 2007, je téléchargeais illégalement "Cross", premier album du duo parisien, attiré par sa belle pochette noir et jaune. Comment vous décrire le frisson qui ma littéralement parcouru le dos dès les premières notes de "Genesis" ? Comment mon général ? Justice fait parti de ces groupes qui sont propulsés au sommet de la gloire en un album, hissés avec force sur un piédestal aux cotés des Daft Punk . Toute une génération de kids qui en 2007 ont vibré au son de D.A.N.C.E portée par la voix de l'anglaise Uffie . En 2007, c'était l'année de Justice, point barre. Le renouveau de la French Touch pour les uns, les nouveaux maîtres incontestés de l'électro made-in-France, bref, on en a bouffé grave.
Après quatre ans d'absence, la Ferrari de l'écurie Ed Banger de Pedro Winter revient avec un album controversé. Et on imagine qu'il est controversé tant le duo plaçait la barre dans la stratosphère avec Cross.
Alors ça commence avec "Horsepower" qui pour moi est clairement dans la lignée du précédent, ainsi, l'introduction de l'album est la suite continue de celui d'avant, un pont entre deux époques. Grosse basse, beat basique hyper efficace et quatuor à corde sur mélodie flippante à la Stress . La suite est déjà entendue, "Civilization" et son clip mystérieux qui met en scène un troupeau de bisons dans un monde inversé qui s'écroule sur lui même. Découvert dans la pub Addidas , ce premier single a bien surpris au départ, déroutant plus d'un fan, scindant en deux une communauté unie. D'un côté, ceux comme moi qui saluaient l'effort de renouveau du son du groupe. Et de l'autre, les fans hard-core qui pleuraient dans leur lit en mouillant leur vinyle de Waters of Nazareth (premier présage). Souvenir de longues minutes à triturer le son dans tous les sens pour savoir si le son sur le break était bien pompé sur celui des Who ... Et puis ensuite, si les deux premières chansons entretenaient un lien ténu avec Cross, c'est pour mieux le couper dès la troisième tracks "Ohio" , plus rien ne sera comme avant. Cette chanson assez anecdotique en soi est l'une que j'ai le plus de mal à écouter, je trouve sa structure simpliste, son break plutôt facile et disgracieux, je passe. L'intro Canon(primo) me réconcilie avec l'album, me rappelant furieusement certains rythmes issus de la musique du moyen âge, genre bal à la cour du roi de France, c'est ce que j'attendais de Justice, un truc qui détonne complètement, j'aime ces vingt-sept secondes toutes simples. "Canon", suite logique, se pose en premier pas dans le véritable nouvel univers musical de l'album, c'est là que se confirme l'utilisation de guitares, même discrètes, de beats moins électroniques, plus chauds, plus organiques, plus humains. Chanson qui trouve son paroxysme dans cette montée vocale du plus bel effet. "On'n'On" s'écoute, pour son petit break de flûte, pour sa montée en puissance, pour la richesse de ses instruments et de son orchestration. "Brianvision" me rappelle peut être à tord le travail effectué avec Mr.Oizo sur la B.O du film Rubber . L'utilisation des guitares prend tout son sens ici et le tout transpire furieusement le bon rock des 70's vintage et lyrique à souhait. Cette chanson possède un côté triste et fatidique, sans que j'arrive à expliquer pourquoi... Avec "Parade" ça risque de ne pas tabasser en live. Ça ressemble furieusement à du Queen, ça donne envie d'être perdu au milieu de vingt milles personnes à taper en rythme dans ses mains et à chanter. On pourrait croire à la fin de l'album, tant elle évoque le happy end d'un film, mais non. Silence. "Newland" ? WTF ? On s'éloigne encore un peu plus de l'électro et on branche les guitares, la disto, et c'est parti pour quatre minutes qui vont faire mal en concert avec son refrain imparable. Fatal. Je suis essoufflé rien que d'imaginer devoir danser là dessus, après tant d'hymnes au dance floor, on pourrait croire que l'album va se calmer mais il n'en est rien. "Helix", c'est le retour en grâce d'un mélange assez bâtard en rock avec pas moins de trois guitares différentes, c'est funk, c'est disco, c'est électro, c'est tout d'un coup, ça tabasse, je suis au bord de l’asphyxie.
Le meilleur pour la fin mon général, parce que sachez qu'Audio Video Disco possède une force d'impact titanesque. AVD consume l’oxygène dans la salle, AVD donne envie de crier, courir, sauter, danser avec ses potes et si je l'écoute sur la route, je risque de finir dans le fossé à force de taper dans mes mains au lieu de conduire. La dernière partie de la chanson sera propice à une orgie de Headbanging frénétique, la bave aux lèvres et le coeur serré que tout se finisse si vite. Je m'écroule, les secours m'embarquent et me mettent sous assistance respiratoire tandis que mon corps monte à plus de quarante degrés.
Concrètement, cet album de justice est un très bon album qui demande du temps pour se faire adopter. Je n'attendais pas un Cross II et j'aurais été déçu dans le cas contraire. Le petit dernier dévoile au fil des écoutes une richesse musicale que son grand frère ne possède pas et demande de s'y arrêter, voire à insister pour s'apprécier pleinement. clairement, pour moi, c'est un album qui va faire mal en live pourvu qu'il soit correctement mixé avec les anciennes, et j'ai toute confiance dans le groupe pour ce faire. Audio Video Disco, j'achète.
C'est typiquement ce qui est mode aujourd'hui. La musique de Rustie, jeune producteur écossais, est dans la lignée de ce revival 80's qui frappe la musique électronique actuellement et qui n'épargne personne. Et pourtant, le succès est immédiat. La nouvelle petite coqueluche du label Warp Reccord signe un album instrumental très réussis plébiscité partout autour du monde dans le petit monde de électro. Pourtant, si l'album de Rustie est dans l'air du temps, ce Glass Swords se démarque par la qualité de ses compositions et la richesse de l'univers musical qu'il englobe. Ainsi, ce fan de dubstep, de rave , de Hip-hop et de bass music et volontiers de musique 8 bits, au fil des 13 tracks , nous ballade entre passé, présent ou futur au fil des sonorités rétro ou bien futuriste. Un album excellent qui risque bien de devenir un classique d'ici quelques années.
Rien n'est absolu.
A est A.
J'écris seul, je test des trucs.
Tout ce que je dis ne concerne que moi, il n'est question que de moi.
Ce que la musique fait au corps avant tout le reste. Cultiver notre joie.
Fragile Animals - Church St (2026)
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https://fragileanimals.bandcamp.com/track/church-st-2
The best of shoegaze, dreampop, shoegazing (indie with shoegaze influence)
and dreamy (indie with drea...
Weekly Releases: 05.15.2026
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[Track of The Day] Metric - Time Is A Bomb
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Découvert au tournant des années 2010 et perdu de vue tout juste après (*'Synthetica'
*en 2012), Metric n'a pas attendu que je me ré-intéresse à eux pour ...
THE HAUNTED YOUTH – Boys Cry Too (2026)
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Déjà remarqués avec l’excellent Dawn Of The Freak, les Belges de The
Haunted Youth confirment toute l’étendue de leur talent avec les variations
dreampop e...
VIGILANTE – Behind the mask [EP]
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*VIGILANTE – Behind the mask [EP]*
*Autoproduction*
Nantes encore. Nantes toujours. La ville ne cesse de sortir des groupes qui
comptent, et *Vigilan...
Matteo Stella ~ Radeche Fonne
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Matteo Stella’s Radeche Fonne resists the pastoral temptation that often
shadows music rooted in place. While deeply embedded in the geography and
traditio...
Justice League of America n°94-99 (1971-1972)
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Suite du survol des *Justice League of America* n°86-92 pour se demander si
le même scénariste (*Mike Friedrich*) avait une sorte d'unité de vision sur
c...
Lufeh "Overwhelmed"
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Country: USA/Brazil Genre(s): Progressive Rock/Metal Format: digital
Release date: May 29, 2026 Tracklist 01. He Commands The Sun and The Stars
– 4:2202. B...
American Football – American Football (LP4)
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Sept ans après leur troisième album, le légendaire groupe emo américain
American Football récidive avec leur quatrième album.
L’article American Football...
The Bevis Frond 2026
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Allez zouhh, on va pas se laisser abattre par les matins grincheux, un pavé
bien trempé pour remettre les poils de la bête à l'heure. La pluie revient,...
"This Is Our Life" by Nina Winder-Lind
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We were not previously familiar with *Nina Winder-Lind* or The New Eaves,
the band of which she is a member. But we are quite taken with her new
singl...
The Shits : Diet of Worms
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Quid de The Shits ? Sont-ils du pur Brainbombs, comme chacun sait ? Ou bien
du pur The Stooges, comme chacun sait ?
Rien à voir. The Shits, de toute évi...
Tomora - Come Closer
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Après l’ascétisme de Dagmar Zuniga, voici l’hédonisme version Aurora et
Chemical Brothers. L’étonnante fusion des univers musicaux de la jeune
norvégienne...
Fun Fun Funeral - Shake Up The Humdrum (album)
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Comme une machine qui s'emballe, la pop électro et bariolée de Fun Fun
Funeral roule et tourbillonne, craque, bippe et boppe, transportant sur son
dos de...
Belle & Sebastian - Grand Rex (Paris) - 27/02/26
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1996 : le groupe de Glasgow Belle & Sebastian enregistre un premier album
que la presse d'alors qualifia de séminal, *Tigermilk.* Suivi et c'est
assez r...
Robert Duvall 1931-2026
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Qu'est ce qu'un soi-disant second rôle ?
Dans son cas, un acteur qui rendit l'écran passionnant par sa présence, son
jeu, son phrasé.
Depuis *Apocalypse n...
Changement de site
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Bon, ça fait un petit moment que le site n’est plus actif. Inoui, le
webmaster, s’en est allé vers de nouvelles contrées et franchement, je lui
tire mon ...
ROSEAUX - III (Fanon Records/Idol/BigWax)
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ROSEAUX - III (Fanon Records/Idol/BigWax)
Mais quel plaisir de retrouver le sobre et rafraichissant *Roseaux*, de
recroiser ses sonorités acoustiques si...
The Blog Is Done
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I've made the decision to stop updating the blog. It's served a purpose for
a long time, but I've decided it's no longer needed. Thanks to all of you
that ...
Fin ou début?
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Bonjour à tous,
Vous pouvez désormais me retrouver sur Le Blog De Chris à cette adresse:
https://leblogdechrismb.blogspot.com/
où il ne sera plus exclu...